Les drogues, vous pensez connaître ? Il est toujours utile de remettre ses opinions en question, de les confronter à celles des autres, surtout sur un sujet comme celui-là, qui donne lieu à des débats passionnés et contradictoires. Voilà pourquoi nous vous proposons ces questions / réponses qui ne vont pas tant de soi que cela…
Une drogue modifie la manière de percevoir les choses, de ressentir des émotions, de penser et de se comporter. Les dangers liés à l’usage varient selon les substances, les individus, les façons de consommer, les quantités… De plus, ce sont des produits dont on peut devenir dépendant, c’est-à-dire qu’au bout d’un moment, certains usagers n’arrivent plus à s’en passer, malgré les complications (physiques, psychologiques, relationnelles, scolaires…). Ces effets secondaires ne concernent pas que les drogues interdites (stupéfiants), mais aussi les drogues licites (ou réglementées comme l’alcool, le tabac, les médicaments).
A chacun ses raisons ! Certains par curiosité ou pour s’amuser, d’autres pour fuir leurs problèmes, d’autres encore pour se sentir "bien" ou moins mal (dépasser sa timidité par exemple). Certains cèdent aux pressions pour s’intégrer à un groupe, d’autres se tournent vers les drogues par rébellion ou pour attirer l’attention. En tout état de cause, tout le monde est concerné : hommes et femmes ; jeunes et vieux ; riches et pauvres ; actifs et sans emploi… Il est important de réfléchir à ce qui nous pousse à consommer, car nos "motivations" déterminent en grande partie notre rapport aux drogues et les risques que l’on a d’en devenir dépendant. Par exemple, ils seront plus importants si l’on consomme pour aller mieux que si on en prend uniquement pour faire la fête.
Contrairement à une idée qui circule beaucoup, l’usage de drogues à l’adolescence n’a rien de courant : tous les jeunes n’en consomment pas, loin de là ! Les substances que l’on expérimente les premières, et qui sont également les plus consommées à tous les âges, sont l’alcool et le tabac. Le cannabis ne vient qu’en troisième position. Pour toutes les autres drogues, les consommations restent peu fréquentes.
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Drogues, les chiffres clés
Il n’existe certes pas de signes physiques de manque (appelés symptômes de sevrage pour l’héroïne ou l’alcool), mais il peut parfois être difficile, voire insupportable, d’arrêter de consommer du cannabis : déprime, anxiété, irritabilité (énervement, stress), difficultés à dormir… Bien sûr, comme avec les autres drogues, l’intensité de la dépendance est liée aux habitudes de consommation, aux quantités utilisées, à la personnalité de l’usager, à ses conditions de vie. Un fumeur régulier a besoin de temps pour s’adapter à une vie sans cannabis, surtout quand elle laisse réapparaître un mal-être ; il est alors parfois nécessaire de se faire aider.
Les différences de réglementation entre alcool, tabac et cannabis tiennent davantage à des questions culturelles et économiques que de toxicité, sinon les deux premiers auraient certainement été interdits.
L’alcool est, en France, une vieille tradition. Il existe en Europe au moins depuis l’Antiquité. La religion chrétienne l’a largement intégré dans son fonctionnement (vin de messe par exemple). De même pour le tabac, qui a été utilisé comme médicament en France dès le XVIè siècle et cultivé dans notre pays au siècle suivant. Quant au cannabis, d’origine asiatique, il n’a été introduit en Europe qu’au XIXè siècle. Il ne fait donc pas partie du paysage culturel occidental ; il a d’ailleurs été assez rapidement interdit par les Conventions internationales (à partir de 1961).
Cependant, le tabac et l’alcool ne sont pas complètement libres, mais réglementés, c’est-à-dire que l’usage, la vente, la production et la publicité sont prévus et limités par la loi (par exemple l’interdiction de vente aux mineurs).
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FAQ La loi et les drogues
Aucune consommation de drogue n’est sans risque, même la première fois, voire surtout la première fois. Le manque d’expérience peut provoquer des ressentis négatifs face à des effets inconnus (jusqu’au "bad trip"), une consommation excessive, voire des accidents (coma éthylique, prise de risque à cause d’hallucinations, décès par surdose…). Il est en tout cas important de s’entourer de précautions, par exemple en commençant par des doses moindres que les habitués.
Consommer ne débouche pas immédiatement sur de gros problèmes, mais ce n’est jamais normal ni banal. Cela peut, à un moment ou à un autre, déraper : consommations excessives et prises de risques inconsidérés donc, mais aussi envie d’essayer de nouveau (parce qu’on a aimé, qu’on n’a plus d’appréhension ou de barrière…), avec le risque que l’habitude, puis la dépendance, s’installent.
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