Rechercher sur le site :
Vous êtes ici : Accueil > S’informer > Dico des drogues > Héroïne

Vos questions nos réponses
Drogues Info Service 0800231313, Ecoute Alcool 0811913030, Ecoute Cannabis 0811912020

Zoom - Zoom + Imprimer Envoyer par mail Enregistrer au format PDF

     Héroïne     




Héroïne L’héroïne est un opiacé synthétisé à partir de la morphine extraite du pavot. Elle se présente généralement sous forme de poudre blanche, rose, brune ou beige. L’héroïne blanche est très fine et légère. L’héroïne brune, aussi appelée brown sugar, se présente sous forme d’une substance granuleuse brune ou grise. Une troisième sorte d’héroïne peut être collante comme du goudron liquide ou dure comme du charbon. Sa couleur peut varier du brun foncé au noir.

Appellations : héro, came, meca, rabla, poudre, blanche, smack, brown sugar, black tar

Statut légal

L’héroïne est une drogue classée parmi les stupéfiants.

L’usage est interdit : l’article L3421-1 du Code de la Santé Publique prévoit des amendes (3750€) et des peines de prison (jusqu’ à 1 an).

L’incitation à l’usage et au trafic et la présentation du produit sous un jour favorable sont interdites : l’article L3421-4 du Code de la Santé Publique prévoit des amendes (jusqu’à 75000€) et des peines de prison (jusqu’à 5 ans).

Les actes de trafic sont interdits : les articles 222-34 à 222-43 du Code Pénal prévoient des amendes (jusqu’à 7 500 000 €) s’accompagnant de peines de prison (jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle).

Modes de consommation

L’héroïne est en général injectée par voie intraveineuse, on parle alors de « fix » ou de « shoot ». Elle est placée dans une cuillère, mélangée avec de l’eau et avec un diluant acide dans le cas de l’héroïne brune. La préparation est aspirée dans une seringue après avoir placé un filtre (appelé coton) devant l’embout pour filtrer ce qui n’a pas été dilué.

L’héroïne est parfois injectée en association avec de la cocaïne. On parle alors de speedball.

Elle peut être inhalée, ce qu’on appelle « chasser le dragon ». Ce mode d’usage consiste à déposer de l’héroïne sur un papier aluminium et à la chauffer à la flamme d’un briquet. L’évaporation produite est inspirée à l’aide d’une paille afin d’absorber une grande quantité de produit en une seule inhalation.

Elle peut être aussi sniffée, on sépare alors la poudre en lignes pour l’aspirer dans chaque narine, là encore le plus souvent à l’aide d’une paille.

Enfin, l’héroïne peut être fumée mélangée à du tabac dans une pipe à eau, une pipe classique, voire sous forme de cigarette.

Effets recherchés

L’intensité des effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité consommée et le mode de consommation.

L’injection intraveineuse et l’inhalation de la fumée procurent une sensation immédiate (appelée « rush »), lorsqu’elle est fumée ou sniffée, les effets sont moins intenses et moins rapides.

L’héroïne est un puissant antidouleur, elle agit autant sur la douleur physique que sur la douleur psychique et provoque ainsi une sensation de détente, de mieux-être et d’apaisement combinée à une impression de chaleur.

A forte dose, elle entraîne un état de somnolence, l’usager « pique du nez ».

En général, la durée des effets est de l’ordre de 4 à 6 heures (héroïne brune) voire de 8 à 12 heures (héroïne blanche).

Effets secondaires

Dès la première consommation :
  • nausées, vomissements ;
  • constipation,
  • démangeaisons,
  • assèchement des muqueuses, notamment de la bouche et du nez ;
  • ralentissement du rythme cardiaque

Dès l’établissement d’une consommation régulière :

  • perturbation du cycle menstruel (absence de règles ou règles pénibles et douloureuses),
  • perturbation du cycle du sommeil.

Dépendance

L’héroïne engendre une forte dépendance qui se manifeste par un syndrome de manque à l’arrêt.

La tolérance est rapide : après quelques jours, voire quelques semaines, l’usager ressent la nécessité d’augmenter les doses, d’abord en quantité, puis en fréquence pour retrouver les mêmes effets.

Les symptômes du manque varient selon l’intensité et la durée des périodes de consommation. On retrouve le plus fréquemment :

  • larmoiements, écoulement nasal, bâillements
  • nausées et éventuellement vomissements, diarrhées,
  • crampes musculaires, douleurs profondes des membres, douleurs lombaires et abdominales
  • sueurs, frissons, sensations de chaud et de froid,
  • pupilles très dilatées,
  • sentiment de malaise et d’angoisse,
  • insomnie.

Le syndrome de manque à l’héroïne peut être très intense et douloureux, durer plus d’une semaine mais il ne représente pas de risque mortel.

Risques et complications

Les risques de la consommation d’héroïne sont essentiellement générés par :
  • le mode de vie,
  • les produits de coupage,
  • les modes de consommation,
  • la surdose.

La dépendance, la tolérance et le coût élevé de l’héroïne entraînent des risques importants de marginalisation sociale. L’usage d’héroïne crée des problèmes buccodentaires (augmentation du risque de caries, déchaussement des dents) mais qui sont largement aggravées par le mode de vie, en particulier la malnutrition et l’absence de suivi médical.

La surdose est une urgence médicale mettant en cause le pronostic vital.

Il y a surdose lorsque la quantité injectée ou sniffée dépasse la limite tolérée par l’organisme ; cette limite varie considérablement d’un usager à l’autre selon les habitudes de consommation. Elle survient le plus souvent en cas de proportion inhabituellement élevée de principe actif ou d’injection pratiquée après une période de sevrage prolongé (cure de sevrage ou sortie de prison), d’une association avec de l’alcool ou des tranquillisants ; plus rarement d’une réaction aux produits toxiques utilisés pour le coupage ou des conséquences de l’ingestion de grandes quantités d’héroïne par des trafiquants.

Attention : sniffer l’héroïne peut atténuer l’effet de certains produits de coupe toxiques mais ne protège pas des overdoses.

A lire : Overdose : que nous apprend la mort d’un jeune acteur de 31 ans ? (actualité, juillet 2013)

Risques particuliers liés à l’injection d’héroïne

L’injection d’héroïne peut entraîner des complications infectieuses qui peuvent engager le pronostic vital et nécessitent toujours de consulter un médecin ou de faire appel aux services d’urgence :

  • infection de la peau et des tissus, cause d’abcès ou d’oedèmes des mains et des pieds ;
  • réaction allergique face à une substance étrangère introduite dans l’organisme (ce que les usagers appellent « faire une poussière ») qui entraîne une fièvre de plus de 40°, des tremblements convulsifs, une tétanie et des angoisses aiguës ;
  • infection du sang liée à la présence de bactéries (septicémie) pouvant conduire à l’endocardite (inflammation de l’enveloppe interne du coeur),
  • infections pulmonaires.

Par ailleurs, l’injection représente un risque de transmission du VIH et des hépatites B et C.

Les risques liés à l’usage d’héroïne pendant la grossesse sont détaillés dans le dossier drogues et grossesse.

Réduction des risques

Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation quand on se sent mal ou qu’on éprouve de l’appréhension.
  • Ne pas consommer seul, choisir la compagnie de personnes que l’on connaît, dans un contexte rassurant
  • Faire attention aux doses (surtout les premières fois et après une interruption prolongée de la consommation).
  • Ne pas mélanger plusieurs produits ensemble
  • Limiter la fréquence de la consommation
  • Eviter de conduire un véhicule ou d’entreprendre une activité « à risques »
  • L’injection est à éviter en raison des risques supplémentaires liés à ce mode d’usage, il est de ce point de vue moins dangereux de fumer ou de sniffer.
  • Ne partagez jamais les seringues. Utilisez un kit de réduction des risques : le Stéribox est vendu en pharmacie au prix d’un euro. Il contient : 2 seringues à insuline 1 ml, 2 tampons d’alcool, 2 flacons d’eau stérile, 1 préservatif, 2 Stéricup (cuillère).

Dépistage

L’héroïne est dépistable :
  • de 24 à 48 heures dans les urines,
  • jusqu’à 24 heures dans le sang,
  • dans la salive.

La conduite après usage de stupéfiant (dont l’héroïne fait partie) est un délit passible d’une peine maximum de deux ans de prison et de 4500 euros d’amende.

Suivez-nous :





Dernière mise à jour le 15 mai 2014.
 

Dico des drogues

Rechercher une drogue :

En savoir plus

 
 

A la une

 ABC  DEF  GHI  JKL
 MNO  PQRS  TUV  WXYZ
 

Ressources

Overdose : que nous apprend la mort d’un jeune acteur de 31 ans ? (juillet 2013)

Alerte DGS héroïne (janvier 2013)

Quand l’héroïne devient un membre à part entier dans le couple (forum "Arrêter la drogue")

Ma copine rechute à l’héroïne (forum "Avoir un proche qui se drogue")

La substitution (Des pistes pour arrêter)

Les effets de l’héroïne sur un neurotransmetteur (Le Cerveau à tous les niveaux, Canada)

Héroïne : teneur et adultérants (produits de coupage) - évolutions récentes (Rapport SINTES, OFDT, mai 2011)

16 réponses sur l’héroïne (pdf, Inpes)

Liste des automates de seringues
PDF - 487.8 ko

 

Ressources

Drogues et dépendances

Cet ouvrage regroupe : des informations (...)


 
Qui sommes nous ? | Informations légales | Lexique | Plan du site | Nous contacter | Identification | Inscription | Charte du site | Flux RSS RSS
7