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Je suis un parent





Chaque parent s’interroge sur les drogues, sur la manière et le moment pour en parler avec ses enfants. La crainte d’être maladroit, de laisser transparaître ses propres angoisses ou, plus simplement, le manque d’informations simples sur lesquelles s’appuyer font que parfois l’on s’abstient ou que, en tout cas, on ne sait pas comment s’y prendre. Notre expérience de nombreux entretiens téléphoniques avec des parents inquiets ou démunis montre que l’échange, même conflictuel, est toujours porteur de mieux être pour l’enfant ou l’adolescent.

Le rôle des parents est d’ouvrir le dialogue, le notre est d’apporter les éléments d’information et d’orientation susceptibles de le faciliter à travers des réponses claires aux questions que se posent fréquemment tous les parents.

Cependant, pour toute situation particulière, il est toujours utile de solliciter directement l’aide d’un professionnel :
  • en appelant notre numéro vert, au 0 800 23 13 13, vous pourrez parler à un chargé d’accueil téléphonique qui saura vous conseiller et vous orienter. L’appel est gratuit depuis un téléphone fixe ;
  • en vous rendant chez votre médecin traitant ;
  • en vous adressant à une structure de soins spécialisée, agréée par l’état, qui vous accueillera gratuitement et en toute confidentialité : vous trouverez les adresses proches de chez vous dans notre répertoire.

Quand et comment parler des drogues à ses enfants ?

Il n’y a pas d’âge idéal auquel il conviendrait plus particulièrement de parler des drogues. A tout moment, comme vous le feriez pour d’autres questions, il importe d’être disponible pour répondre aux interrogations que peuvent avoir vos enfants sur ce sujet.
Gardez à l’esprit que parler des drogues n’est pas une incitation à la consommation et qu’il n’est nullement besoin d’être un spécialiste pour aborder le sujet. L’essentiel se trouve dans la qualité de votre dialogue, dans l’écoute et la confiance que vous avez entre vous. Ainsi, si votre enfant vous questionne, apportez-lui des informations factuelles mais aussi tenez vous prêt à élargir le débat. Parler des drogues avec un enfant ou un adolescent c’est également parler des plaisirs, des risques, des expériences nouvelles, de sa place, de son avenir, des copains, de la santé en général, etc. Vous l’aiderez si vous lui permettez d’avoir un regard critique sur ce qui l’entoure : aussi bien sur ce que vous pensez que sur ce qu’il pense lui-même. Vous l’aiderez également si vous lui apprenez à faire des choix et à avoir confiance en lui.
En l’absence de demande, il est toujours possible de saisir l’opportunité d’une émission de télévision ou de radio, d’un article de presse sur le sujet pour discuter. Ne profitez pas du silence de votre enfant pour éviter vous-même un sujet avec lequel vous ne seriez pas à l’aise. A un moment où l’autre votre enfant rencontrera la drogue, ne serait-ce que parce que des copains ou des professeurs peuvent lui en parler. Ne vaut-il pas mieux que vous ayez vous aussi eu votre mot à dire sur le sujet plutôt que d’avoir laissé le soin à d’autres personnes de lui en parler ?
La réticence que manifestent certains adolescents à parler de ce genre de sujet avec leurs parents ne doit pas vous inquiéter outre mesure. Un adolescent est souvent soucieux de son intimité et cherche naturellement à protéger certains domaines de sa vie privée du regard de ses parents. Cela ne signifie pas forcément qu’il se drogue ou qu’il a un problème. Cela ne doit pas vous décourager d’essayer d’en parler de temps en temps. Il y a toujours des moments plus opportuns que d’autres pour le faire.

Pourquoi un adolescent consomme-t-il des drogues ?

La recherche de plaisir et de sensations, la curiosité attisée par l’attrait de l’interdit, les mauvaises fréquentations sont souvent évoquées mais elles ne sont jamais l’unique explication d’une consommation. Vous pouvez par exemple avoir l’impression que ce sont ses amis qui l’entraînent et qu’il se sent obligé de consommer pour faire partie de leur groupe mais il a aussi ses propres raisons pour consommer de l’alcool ou des drogues. Ses amis, comme vous, sont très importants pour son équilibre et dans la construction de son identité aussi, plutôt que de l’en priver, vous pouvez l’encourager à se faire sa propre opinion, à la défendre et à affirmer ses choix même face à ses amis.

Je me demande si mon enfant se drogue ?

Dans ce cas, le plus simple est de lui poser la question, même si la réponse peut être difficile à entendre, et d’entamer un dialogue à propos d’une éventuelle consommation. Bien sûr, ce premier échange peut rester insatisfaisant, sans effets immédiatement perceptibles. L’incertitude, également, peut persister mais il n’est pas nécessaire d’avoir des preuves pour parler. Il est légitime et nécessaire que des parents cherchent à savoir si leur enfant consomme une drogue, de la même manière qu’ils s’inquiètent de sa santé ou de sa sécurité à propos des sports à risques, de la circulation routière ou de la sexualité. L’usage de drogue est un sujet aussi important qu’un autre et, comme pour tous les sujets importants, un adolescent peut éprouver des réticences à en parler avec ses parents. Il faut donc accepter que le sujet soit simplement évoqué et pouvoir lui indiquer, si cela semble nécessaire, des lieux ou des personnes avec qui il pourra en parler plus librement.

J’ai découvert que mon enfant se drogue, que dois-je faire ?

Avant tout, mieux vaut éviter de faire comme si vous ne saviez rien. Mais ne vous précipitez pas non plus : il est préférable de ne pas agir sous le choc et de ne pas préjuger d’une consommation, il convient aussi de s’informer sur les drogues. Dire ce que l’on sait et parler de ses craintes sont les moyens les plus simples pour aborder cette situation, vous soulignerez ainsi qu’un usage de drogue n’est jamais banal en évitant de dramatiser la situation. Dans le dialogue à propos de la drogue, il est normal que les parents puissent dire leur inquiétude même si elle n’est pas partagée. Leur rôle est aussi d’expliquer pourquoi ils s’inquiètent afin de savoir si leur enfant a besoin d’aide. Fumer un joint ne rend pas toxicomane, de même que boire un verre de vin ne rend pas alcoolique ; en revanche, fumer ou boire comporte des risques dont il faut pouvoir parler.

Aujourd’hui le cannabis demain des drogues dures ?

Le cannabis est une drogue et sa consommation comporte des risques. Cependant, l’idée selon laquelle le cannabis est le premier pas d’une escalade vers des drogues réputées plus dangereuses comme la cocaïne ou l’héroïne est un cliché sans aucun fondement. En réalité, seule une faible minorité des consommateurs de cannabis essaiera d’autres drogues. Ce n’est pas le cannabis et ses effets qui exposent l’usager au risque de consommer d’autres drogues mais les difficultés personnelles qu’il peut rencontrer, le mal-être qu’il peut ressentir et face auxquels le recours à des drogues, quelles qu’elles soient, apparaît comme une solution.

Par contre, le fait que votre enfant commence à consommer tôt des drogues (cannabis, alcool, tabac), c’est-à-dire dès l’âge de 13-15 ans, augmente les risques qu’il devienne dépendant à ces drogues plus tard. Plus une consommation de drogue intervient tôt, plus elle a un impact sur le cerveau et les organes qui sont, à ces âges, encore en voie de formation. L’un de vos objectifs éducatifs doit être d’essayer de retarder l’usage de psychotropes, et surtout leur usage régulier. De même, n’incitez pas vos enfants à boire de l’alcool en famille, ou alors attendez qu’ils aient 16-18 ans et apprenez leur le « bien boire ». Ne facilitez pas non plus leur accès à la cigarette en leur fournissant vous-même du tabac. Ce n’est notamment pas parce que vous buvez de l’alcool ou fumez du tabac que vous ne pouvez pas leur interdire de faire la même chose ou du moins repousser l’échéance avant qu’ils ne fassent pareil. Ils sont jeunes, vous êtes adultes, là est toute la différence.

Quand le dialogue est impossible, qu’il ou elle refuse d’en parler

Le dialogue est souvent préconisé pour aider quelqu’un qui prend des drogues mais plusieurs éléments peuvent le rendre difficile. Dans la relation entre parents et adolescents, le dialogue peut être difficile d’une façon générale. L’adolescent cherche à préserver son intimité, alors que ses parents ont tendance à être inquiets et donc à poser beaucoup de questions. Ces questions et les limites sont vécues comme des contraintes et plus la pression est forte plus le jeune peut vouloir y échapper. Quel que soit le cadre de la relation, un dialogue peut également être rendu difficile parce que l’usager lui-même ne reconnaît pas avoir de problèmes avec sa consommation. Les parents peuvent néanmoins dire leurs inquiétudes, exprimer leurs interrogations et leurs observations pour souligner que ce qui lui paraît normal peut paraître inquiétant pour d’autres et proposer de s’informer ensemble sur les conséquences de sa consommation. Dialoguer n’aboutit pas forcément ni immédiatement à l’arrêt de toute consommation. Se parler est l’occasion d’établir ou de rétablir un échange et une confiance réciproques, de remettre en question certaines habitudes, de provoquer une réflexion, de partager une certaine complicité. Les propos échangés semblent parfois se perdre. Ils peuvent aussi montrer leur utilité plus tard et permettre de reprendre l’échange là où il s’était arrêté. Enfin, le dialogue est un moyen nécessaire, mais pas une fin en soi. On peut se sentir mieux après avoir parlé, tout en ayant conscience que le problème persiste. Il peut parfois être important de trouver une aide extérieure en rencontrant quelqu’un qui pourra apporter des informations, faire des observations, proposer un dialogue qui n’est pas toujours facile au sein même de la famille.

Il ne veut pas arrêter, que faire ?

Face à l’insistance d’un proche ou d’un parent le jeune usager peut se sentir incapable de se conformer à leur volonté. Il faut parfois se contenter de proposer des informations (sur les risques de l’alcool ou des drogues, les numéros de téléphone et adresses utiles), d’être à l’écoute, de témoigner de l’attention, de s’adresser à des professionnels pour réfléchir avec eux à une attitude adaptée. Les parents ne peuvent pas décider seuls de l’arrêt de l’usage de leur enfant. Dans certains cas, l’usager s’organise pour réduire sa consommation et en limiter les risques. Il vit le fait d’y parvenir comme un pas en avant, alors que son entourage ne voit qu’une seule chose, c’est qu’il continue. Toutes les discussions sur ce sujet risquent alors d’être en décalage. Il faut souvent du temps entre le moment où une personne commence à percevoir la nocivité de son usage et le moment où elle se sent prête à y renoncer. Quand l’usage s’accompagne de difficultés importantes (troubles du comportement ou problèmes scolaires graves) les parents doivent chercher une aide, qu’ils soient ou non accompagnés par l’usager dans cette démarche. Pour l’entourage comme pour les usagers, dans tous les cas, il existe des lieux d’accueil et d’écoute pour être soutenu et conseillé lorsqu’on souffre d’une telle situation.

A qui puis-je m’adresser ?

De nombreux relais existent : les médecins généralistes, les structures spécialisées agréées par l’Etat, les services d’aide à distance (par téléphone ou sur Internet), etc. Nous ne le répéterons jamais assez, solliciter de l’aide, prendre l’avis d’un professionnel permet toujours de prendre du recul et d’envisager les difficultés que l’on rencontre avec davantage de sérénité. Nous vous encourageons donc à découvrir les opportunités existantes (lien). Nous vous invitons également à nous poser vos questions et à consulter les réponses publiées sur ce site. Vous pouvez enfin contribuer aux discussions en cours dans les différents forums actuellement ouverts.


Dernière mise à jour le 22 mars 2010.
 

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