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Je suis un proche





A Drogues Info Service les proches nous contactent souvent pour nous demander de l’aide. Ce que nous constatons c’est qu’un proche est souvent en première ligne. Il est le premier à pouvoir comprendre qu’il y a un usage de drogue. Le premier à se demander si quelque chose ne va pas. Le premier à essayer de tirer la sonnette d’alarme. Le premier, aussi, à souffrir de la situation et à s’inquiéter pour l’avenir.

Nous essayons dans cette rubrique de restituer un peu de notre expérience. Notre but est de donner aux proches des éléments pour comprendre et se situer même si chaque situation est aussi unique. Nous abordons tout d’abord des choses très générales à connaître. Ensuite nous progressons vers des questions de plus en plus spécifiques et ce sont souvent des questions que des proches nous ont posées au fil du temps.

Dans tous les cas sachez que Drogues Info Service est là pour en parler avec vous, vous écouter, vous conseiller et éventuellement vous orienter :
  • vous pouvez appeler notre numéro vert, au 0 800 23 13 13 (de 8h à 2h tous les jours). L’appel est anonyme et confidentiel. C’est gratuit depuis un téléphone fixe ;
  • vous pouvez poser une question dans notre rubrique questions/réponses.



GENERALITES

Qu’est-ce qu’une drogue ?

Pour simplifier, une drogue est une substance qui modifie les perceptions et la pensée.

L’utilisation d’une drogue ne conduit pas nécessairement à des problèmes. C’est en général facilement compréhensible avec l’exemple de l’alcool. La plupart des gens en boivent sans pour autant tomber malade. Il en va de même avec le cannabis. Beaucoup d’usagers de cette drogue ne rencontrent pas de problèmes en la consommant. Même l’héroïne, drogue pourtant très forte, peut parfois être utilisée de nombreuses années sans dommages.

En revanche, toute prise de drogue comporte une part de danger. Les drogues peuvent ainsi entraîner des dommages physiques et des dommages psychologiques parfois graves. On peut mourir, directement ou indirectement, d’un usage de drogue. L’usage de drogue peut entraîner des dommages sociaux importants. Par exemple une personne dépendante peut tourner le dos à sa famille et à ses amis, elle peut perdre son travail ou encore en venir à commettre des actes de délinquance pour obtenir de l’argent et s’approvisionner. De même, l’usage de certaines drogues favorise la violence ou tout simplement la « prise de risque ».

L’utilisation d’une drogue ne rend pas forcément dépendant. Beaucoup d’usages de drogues ne sont que des expérimentations uniques ou des usages occasionnels. L’instauration d’une dépendance est en réalité tributaire d’une conjonction de facteurs. Ainsi, il y a des drogues qui rendent plus facilement ou plus profondément dépendant que d’autres. La manière d’utiliser une drogue a aussi son importance. Certains environnements favorisent les situations de dépendance, d’autres non. Enfin les individus eux-mêmes ne sont pas égaux devant la dépendance. Si être dépendant n’est pas forcément un problème en soi (certaines personnes dépendantes arrivent à mener une vie normale), c’est cependant souvent un important facteur d’aggravation des problèmes dus à l’usage de drogue.

En définitive, les conséquences de l’usage d’une drogue dépendent donc aussi de la personnalité de l’usager, de la manière dont elle est utilisée et de facteurs environnementaux. Ces derniers peuvent aggraver les conséquences d’un usage. Mais ils peuvent être aussi une source de protection ! L’entourage d’un usager est l’une des composantes de cet environnement positif ou négatif.

Pourquoi se drogue-t-on ?

On se drogue en tout premier lieu pour s’amuser et se détendre. C’est la première chose que l’on recherche volontairement dans l’usage d’une drogue. Lorsqu’une personne prend une drogue, elle s’attend en effet à ressentir au moins des sensations plaisantes et à en tirer un bénéfice. Ainsi beaucoup d’adultes n’hésitent pas à boire de l’alcool pour se détendre et se sentir bien avec les autres. Certains jeunes peuvent de même consommer de la drogue lorsqu’ils vont dans des soirées dans le même but de s’amuser et d’éprouver du plaisir. Ces usages récréatifs de drogues ou d’alcool sont en général ponctuels, programmés et contrôlés.

On prend aussi de la drogue pour faire des expériences différentes. C’est la recherche de sensations et la prise de risque qui motivent alors l’usage de drogue. C’est une spécialité d’un certain nombre d’adolescents. Mais certains adultes peuvent aussi s’y adonner jusqu’à un âge avancé. Un adolescent peut décider de prendre une drogue juste parce qu’elle représente une nouvelle sensation pour lui. Il peut aussi décider de prendre une drogue qu’il connaît de telle manière qu’il éprouve des sensations plus fortes. Son but est alors d’aller au-delà de ce qu’il ressent habituellement avec elle. Dans la grande majorité des cas ces expérimentations ne sont qu’une phase de la vie. Elles se terminent sans dommages et sans qu’une quelconque dépendance ne s’installe. Cependant elles représentent des prises de risque importantes, surtout lorsque c’est la maximisation des sensations qui est recherchée.

Certaines personnes prennent de la drogue pour faire face à des problèmes. L’objectif est plutôt de se sortir de la réalité. La drogue est utilisée comme une camisole chimique, un anesthésiant des pensées et des sentiments. Dans ce cas de figure, les usagers disent souvent qu’ils utilisent la drogue pour « oublier » ou pour « décompresser ». L’anxiété, les problèmes relationnels, les traumatismes du passé et la violence vécue par la personne sont souvent à l’origine de ces usages. Ces situations d’usage peuvent durer longtemps. Elles sont propices à ce qu’une dépendance s’installe et que la situation de l’usager se dégrade. Mais elles peuvent aussi n’être qu’une phase difficile de la vie dont la personne finit par se sortir.

On peut également prendre de la drogue dans un souci de reconnaissance sociale. Il s’agit alors d’appartenir à un groupe. Dans ce cas de figure on se drogue par conformisme, « pour faire comme les autres », parce que c’est un signe d’appartenance au groupe. Le souci de reconnaissance peut également jouer négativement : on se drogue alors par rébellion, pour rechercher la désapprobation de certains, en premier lieu les parents, parfois la société dans son ensemble. Cela peut être une manière de dire « je ne suis pas comme toi ». Cela peut aussi être une manière d’attirer l’attention sur soi. Ces phénomènes de recherche de reconnaissance concernent surtout les jeunes qui cherchent à se forger une identité. En effet, à l’adolescence le groupe rassure et prendre de la distance par rapport aux parents est important. Les usages motivés par ce souci de reconnaissance ne sont souvent qu’une phase, qui peut cependant durer jusqu’à quelques années. Ils ont la plupart du temps une tendance naturelle à s’arrêter d’eux-mêmes.

On peut prendre de la drogue parce que c’est socialement acceptable ou socialement valorisé de le faire. Il y a les traditions ancrées dans la société. Il y a les comportements valorisés par les sphères médiatiques, publicitaires, politiques, sociales, sportives, etc. Par exemple on peut parfois entendre qu’il faut « être cool », ou encore « être performant à tout prix », qu’il faut « consommer pour exister », qu’il faut « vivre par soi-même » ou encore « vivre des sensations ». Autant de discours qui, s’ils n’ont pas explicitement l’intention de favoriser un usage de drogue, sont néanmoins susceptibles de forger nos représentations dans un sens favorable à un tel usage. La société est bien sûre également porteuse de messages contraires, tendant à défavoriser l’usage de drogue.

Quelles sont les différentes sortes de drogues ?

Il existe plusieurs manières de classer les drogues mais celle qui a le plus d’impact sur la vie quotidienne de chacun est la classification légale.

Lorsque l’usage d’une drogue est autorisé, la loi règlemente les situations où on NE DOIT PAS la consommer. L’alcool et le tabac sont des exemples de drogues légales pour lesquelles il existe des restrictions de consommation.
Pour que l’usage d’une drogue soit interdit il faut que cette drogue soit classée (par décret) comme « stupéfiant ». Il existe donc une liste des substances classées comme stupéfiants (.pdf, site AFSSAPS). Le cannabis, l’héroïne, la cocaïne sont des exemples de stupéfiants. A l’inverse de la situation précédente, la loi règlemente alors les situations où on peut quand même consommer un stupéfiant donné. Ces autorisations sont rares et concernent les usages thérapeutiques, scientifiques ou industriels de certaines substances.

Toutes les drogues ont leur dangerosité. Il est important de noter que leur autorisation ou interdiction n’est pas strictement fondée sur leur dangerosité pour la santé. D’autres facteurs sont entrés en ligne de compte. Une drogue légale peut par conséquent tout à fait être plus dangereuse qu’une drogue illégale. Pour plus d’informations sur la règlementation, vous pouvez consulter aussi sur ce site la loi et les drogues.

Les drogues sont également classées selon le type d’effet qu’elles procurent. Voici, schématiquement, les principales catégories d’effet dans lesquelles on peut classer les drogues :
• « dépresseurs du système nerveux » : agissent sur le cerveau dans le sens d’un ralentissement de certaines fonctions ou sensations. Un ralentissement de la fonction respiratoire et l’endormissement sont souvent des effets secondaires de ces drogues ;
• « stimulants » : accroissent les sensations et certaines fonctions organiques. L’accélération du rythme cardiaque ou encore la sensation d’éveil se retrouvent souvent. Leur action « stimulante » est souvent suivie d’un contrecoup avec par exemple des sensations inverses de fatigue et d’irritabilité ;
• « hallucinogènes » : modifient les perceptions visuelles, auditives et corporelles habituelles. Ces modifications sont, dans leur contenu, très dépendantes du contexte et de la personne qui utilise de telles drogues ;
• « stimulants-hallucinogènes » : stimulent les sensations et certaines fonctions organiques tout en produisant des distorsions des perceptions, mais de manière moins marquée qu’avec un hallucinogène ;
• les drogues difficiles à classer (on parle par défaut de « perturbateurs ») : elles peuvent avoir un peu des effets de plusieurs des catégories ci-dessus sans avoir rien de bien spécifique.

Le type d’effet d’une drogue n’est pas relié à sa dangerosité. Dans chaque catégorie il y a des drogues plus ou moins « dangereuses ».

La dangerosité des drogues est une autre manière encore de classer les drogues. Mais il se pose alors le problème des critères de dangerosité retenus. Parmi ceux-ci il peut y avoir notamment la dépendance (physique et/ou psychologique), la toxicité (pour la santé ou pour le cerveau) ou encore la « nocivité sociale » (délinquance, coût des soins, coût pour la société…). Le potentiel de dangerosité d’une drogue n’est pas forcément le même d’un critère à l’autre.

On retrouvera toutes ces classifications dans le document suivant : les différentes classifications des substances psycho-actives (sur le site des réseaux de santé ADDICA et CARéDIAB).

Comme nous l’avons déjà souligné dans la question « qu’est-ce qu’une drogue ? », les effets et risques d’une drogue dépendent aussi de la personne qui la prend et du contexte. Ces classifications ne sont donc qu’une manière d’organiser le monde. Elles sont une généralisation d’une réalité beaucoup plus complexe. En tant que proche elles peuvent vous servir à vous repérer et à vous donner des éléments généraux de compréhension. Elles ne doivent pas servir à classer l’usager lui-même.

Est-ce facile de trouver de la drogue ?

C’est le plus souvent par l’intermédiaire d’un copain, d’un groupe d’amis, d’un membre de la famille ou au moins d’une connaissance que l’on consomme une drogue (licite ou illicite) pour la première fois. En général cette personne est déjà consommatrice ou elle est tentée par l’expérience. Elle en parle, dédramatise la chose et propose d’en prendre ensemble.
Il est assez rare qu’une personne commence seule ou de son propre chef une consommation de drogue. Un minimum de reconnaissance ou de partage avec l’entourage direct est nécessaire. Sinon l’expérience de la drogue ne se fait pas ou ne dure pas.

Ceux qui fournissent en premier lieu une drogue illicite à un usager n’ont par conséquent rien du dealer professionnel tel qu’on pourrait se l’imaginer. Ce sont souvent des amateurs qui s’approvisionnent eux aussi auprès de petits intermédiaires. Ce n’est que si son usage dure et que son besoin augmente qu’un usager prendra en main son approvisionnement. Il s’adressera alors plus facilement à un dealer grossiste.

Les drogues licites que sont l’alcool et le tabac font l’objet de restrictions d’accès, notamment par une réglementation de leur distribution ou par la fiscalité. Il en va de même avec les médicaments psychotropes, qui peuvent être détournés de leur usage. Globalement ces drogues licites sont cependant assez voire très facilement accessibles. Si vous voulez en savoir plus, ailleurs sur ce site nous vous parlons de la réglementation des drogues licites.

Il existe enfin d’autres substances, notamment des plantes ou des produits industriels, qui peuvent être utilisées par l’être humain pour se droguer. Certaines de ces substances sont facilement accessibles mais pour autant leur usage reste limité. La facilité d’accès n’est en fait pas le premier critère d’utilisation d’une drogue.

En résumé oui, il est assez facile de trouver de la drogue. Cela se fait souvent par l’intermédiaire et avec certaines personnes de l’entourage. Dès lors, plus que la disponibilité réelle d’une drogue, c’est la dimension sociale entourant son usage, les représentations qui y sont associées et les attentes que l’on en a qui en déterminent l’usage.

QUESTIONS DE PROCHES POUR COMPRENDRE

Comment savoir s’il est dépendant ?

Si votre proche boit ou se drogue fréquemment, il est normal que vous vous demandiez s’il est dépendant. Parfois vous pouvez même être confronté à des phrases comme "j’arrête quand je veux" alors que finalement votre proche se drogue tous les jours. C’est aussi peut-être vous-même qui attendez d’être sûr qu’il ou elle est dépendant pour vous dire qu’il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

Cependant cette problématique de savoir s’il est dépendant ou non est un peu un piège. Cela ne vous aidera pas vraiment à savoir comment faire pour l’aider.

Ce qui vous sera bien plus important et utile c’est de lui parler, au jour le jour, lorsqu’il ou elle est un peu "clair(e)" de ce que vous avez vu : qu’il ou elle boit/se drogue de manière répétée, que cela a eu telle ou telle conséquence concrète sur son comportement et sur ses relations avec les autres (dont vous), etc. Il ne s’agit pas d’établir la dépendance mais d’énoncer le problème tel qu’il est, sans accusation ni jugement mais avec pertinence et lucidité. En étant attentif à ce qui lui arrive, en évitant les jugements explicites ou implicites mais en étant bien présent au jour le jour, vous lui faites sentir votre inquiétude, vous maintenez un lien important. Vous vous donnez alors toutes les chances d’aider votre proche à réaliser ce qui lui arrive et à ne plus se voiler la face.

Sans attendre cette prise de conscience, qui peut être longue à venir et qui n’est que la moitié du chemin, votre médecin de famille ou un professionnel d’un centre spécialisé peuvent être vos interlocuteurs de proximité pour évacuer le trop plein de la situation et vous permettre de savoir où les choses en sont et ce qu’il est possible d’essayer de faire. Ce sont, à côté de notre ligne téléphonique, les interlocuteurs auprès desquels vous pouvez poser vos questions (normalement) en toute confiance. Ce sont d’ailleurs les professionnels des centres de soins spécialisés qui disposent des outils permettant de répondre finalement à votre question initiale de savoir s’il est dépendant.

Vous trouverez les adresses des centres de soins spécialisés dans la section "s’orienter".

Il essaye d’arrêter mais n’y parvient pas, que faire ?

Votre proche a essayé d’arrêter mais sans succès. Vous êtes déçu et vous vous demandez ce qu’il faut faire.

C’est vrai qu’arrêter la drogue (ou l’alcool), y compris avec la meilleure volonté du monde, peut parfois être extrêmement difficile, douloureux et long. Lorsqu’il arrête, un usager va d’abord se sentir mal avant de se sentir mieux. Le mal-être issu de l’arrêt peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois. Il faut donc en général faire preuve de beaucoup de courage et d’efforts pour réussir à arrêter.

Ce qui est très important à ce moment-là c’est votre soutien, votre compréhension et votre patience. Dans les premiers temps de l’arrêt, lorsqu’il est particulièrement fragile, vous pouvez par exemple essayer de le protéger de tout stress et de toute situation susceptible de lui donner envie de replonger. Vous ne devez cependant pas non plus adopter l’attitude qui consisterait à l’infantiliser et à continuer à le traiter comme s’il était toujours "malade" ! Cela peut être très décourageant pour un usager qui fait un sevrage de sentir qu’on le traite comme s’il consommait toujours, ou au contraire comme s’il était complètement guéri du jour au lendemain.

Si votre proche n’a pas réussi à arrêter après une ou plusieurs tentatives, vous ne devez pas vous laissez gagner par le découragement. L’arrêt définitif s’obtient le plus souvent après plusieurs tentatives donc après plusieurs échecs, et la rechute peut être un moment d’apprentissage pour soi-même, notamment sur ses propres faiblesses face à la drogue.
En lui posant les bonnes questions, vous pouvez aider votre proche à identifier les circonstances (moments, lieux, personnes…) qui l’ont conduit à rechuter car cela ne vient jamais uniquement de soi. En lui permettant de tirer de cette expérience les enseignements qui lui permettront d’être mieux armé pour sa prochaine tentative, vous encouragez aussi votre proche à réessayer d’arrêter au plus vite. Au moment de sa rechute, votre proche doute beaucoup de lui-même et c’est surtout vous qui pouvez alors montrer que vous avez confiance dans l’avenir et dans ses capacités à y arriver.


Dernière mise à jour le 4 juin 2013.
 

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