La kétamine est à l’origine un médicament, dérivé de la phencyclidine, utilisé comme anesthésique général en médecine humaine et animale. Elle se présente sous forme de poudre cristalline blanche, de liquide (ampoules, flacons) ou de comprimé ou gélule (rare en France).
Appellations : spécial K, K, ket, kéta, Kit Kat, Vitamine K, Kétalar
L’usage est interdit et passible d’une peine maximum d’un an de prison et 3750 euros d’amende ou de mesures alternatives aux poursuites pénales (injonction thérapeutique, stage de sensibilisation, etc.).
La production, l’achat et la vente ou la cession sont interdits et passibles de lourdes peines de prison et d’amendes.
Elle peut également être ingérée, bue, ou injectée en intraveineuse ou en intramusculaire, mais ces pratiques restent marginales.
Les premiers effets ressentis sont généralement un apaisement, lié à l’effet anesthésique, et une euphorie.
La kétamine modifie et/ou intensifie les perceptions sensorielles : elle provoque des troubles de la vision et des sensations hallucinatoires qui peuvent varier considérablement d’une fois à l’autre et selon la dose absorbée.
A faible dose, les effets prennent la forme d’une sensation de flottement, d’impression que les mouvements se ralentissent dans un état de rêve éveillé coloré et cotonneux.
A forte dose, les effets peuvent prendre la forme d’impressions délirantes (visions déformées des personnes et des objets, sentiment que le temps s’arrête, perte de la sensation physique de son corps) ou d’hallucinations, notamment celle de sortir de son propre corps. Dans ce dernier cas, les effets décrits par les usagers s’apparentent aux expériences de mort imminente rapportées par certaines personnes atteintes de coma.
Durée des effets : L’apparition et la durée des effets dépendent du mode de consommation. En sniff la kétamine agit en 5 à 10 minutes et ses effets durent entre 1 et 2 heures. Ingérée, elle met 20 à 30 minutes pour agir pour une durée d’environ 4 heures. Par injection intraveineuse les effets surviennent au bout de quelques secondes et durent une dizaine de minutes. Par injection intramusculaire ils mettent entre 2 à 4 minutes pour se faire sentir et durent environ 1 heure.
D’autres troubles peuvent également apparaître :
De la même manière, l’usage chronique et prolongé de kétamine entraîne une tolérance, c’est-à-dire que l’usager a besoin d’augmenter les doses ou la fréquence d’usage pour obtenir l’effet désiré.
L’usager de kétamine est plus vulnérable aux accidents (chutes, brûlures accidentelles, etc.) du fait des caractéristiques anesthésiantes de cette drogue qui entraînent une insensibilité à la douleur, une baisse des perceptions sensorielles et une incapacité à se déplacer normalement.
Risques de surdosage : La surdose de kétamine est rare (trois cas identifiés en Europe et aux Etats-Unis sur la période 1987-2000) mais c’est une urgence médicale mettant en cause le pronostic vital.
Il y a surdose lorsque la quantité injectée ou sniffée dépasse la limite tolérée par l’organisme ; cette limite varie considérablement d’un usager à l’autre selon les habitudes de consommation.
Elle peut entraîner une dépression respiratoire et des pertes de connaissance mais elle peut aussi provoquer un coma ou une défaillance cardiaque voire un accident vasculaire cérébral.
En cas de « bad trip », proposer à l’usager un lieu calme et propice à la détente, lui rappeler qu’il se trouve sous les effets de la drogue et qu’ils vont se dissiper.
L’injection est à éviter en raison des risques supplémentaires liés à ce mode d’usage (infections de la peau, du sang ou réaction allergique face à une substance étrangère introduite dans l’organisme), il est de ce point de vue moins dangereux de sniffer. En outre, l’usage en sniff et par petites doses peut permettre de mieux contrôler les effets et de s’arrêter une fois ceux-ci obtenus ; toutefois ce mode d’usage n’empêche pas l’apparition d’effets secondaires et notamment de "bad trip".
L’injection représente un risque de transmission du VIH et des hépatites B et C, le sniff expose à un risque de contamination à l’hépatite C : il est donc impératif d’avoir son propre matériel, de refuser de le partager et d’utiliser des seringues ou des pailles à usage unique.
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