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Mes enfants se droguent

Par fanny

Bonsoir,
ce soir j'ai un ras le bol, un coup de déprime terrible. J'ai 3 enfants dont 2 qui se droguent : l'ainée avec des médicaments et le 2ème avec de l'héroîne. j'ai fait tous les médecins possibles, j'ai essayé de communiquer : sans succès (qu'on arrête de dire qu'il faut causer, c'est du pipeau) ça fait presque 20 ans que ça dure entre l'ainée et le second, et malgré tous les sacrifices : je ne cesse de payer pour eux (dettes, loyer, etc...) rien n'y fait, ils sont violents, me mentent et me prennent pour une idiote. Pourtant je suis qq d'équilibrée et dans mon travail très appréciée pour ma force de caractère. Mon fils est revenu habiter chez moi pour se soigner : ça fait 2 ans qu'il est sous méthadone, il a fait une formation et travaille en intérim. je reconnais qu'il s'est battu, mais il a aussi écarté tout le monde autour de nous : mon compagnon est parti, son petit frère aussi et a préféré aller habiter chez son père. j'ai décidé il y a 2 mois de déménager et de l'installer dans un studio car son caractère devenait impossible. ca fait le 3ème mois et déjà il a des dettes de drogues (donc il a replongé) il me dit que c'était que 2 fois parce qu'il paniquait à l'idée d'affronter la vie, mais hier il m'a appelé pour aller payer ses dettes. j'ai dit non je ne pouvais pas et depuis plus de nouvelles. j'ai peur bien sur et là c'est moi qui panique car je sais ce que font les dealers quand on ne paye pas. J'ai 55 ans j'ai élevé mes enfants seule, j'ai affronté l'addiction des 2 premiers avec la violence j'ai tjs assumé, mais là je craque, je ne peux plus avancer et personne pour m'aider ni parler, j'ai envie de crier et je voudrais que tout s'arrête, je ne vis que pour le bonheur de mes enfants et je me rends compte que c'est désespéré. s'il y a une mère présente, svp donnez moi des conseils merci

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54 réponses


confiance - 29/09/2011 à 09h32

bonjour tristesse,

Je suis moi aussi maman d'un fils qui noie ses faiblesses dans l'alcool et dans la drogue... Je commence le combat pour la drogue aujourd'hui, ou plutôt contre. J'ai pris contact avec un centre, avec l'accord de mon fils, qui dit vouloir s'en sortir, qui pleure tout le temps, en disant qu'il est un bon à rien, et qui souffre beaucoup.

Je suis terriblement triste en lisant votre message, en ressentant votre peine, et votre solitude.

Mais, même si c'est extrêmement douloureux pour nous, aussi bien dans notre coeur, que dans esprit, c'est un calvaire pour eux. Un calvaire qu'ils semblent avoir choisi, mais qu'ils n'ont pas choisi. La société d'aujourd'hui est un éternel danger pour nos enfants. Bien peu s'en sortent indemnes. Il faut que nous autres mamans, nous restions confiantes pour eux. Il le faut car nous sommes le seul tuteur qu'il leur reste. Leur seule racine, car bien souvent les papas sont démissionnaires, leur seule soutien, la seule présence qu'ils acceptent, et dont ils ont besoin.

J'essaie de voir ces jeunes, mon fils en faisant partie, comme des petits enfants qui ont dévalé un escalier en prenant des risques, et qui ne savent plus remonter. La pente est si raide. Bien sûr, on peut leur dire, tu n'avais qu'à pas...... oui, mais après....?

Il faut que vous gardiez courage, que vous continuiez à vous battre comme vous le faites depuis tant d'années...
Ne pensez pas à demain, faites le au jour le jour; à chaque jour suffit sa peine. Demain est un autre jour.

Continuez à leur donnez votre amour, ça finira par porter ses fruits. Il y a toujours un rayon de soleil dans une journée, si petit soit il.... Il faut le chercher, il faut le voir, il faut s'en nourrir... pour pouvoir le redistribuer à ceux que l'on aime.

Vous êtes o combien seule, oui,.... Et pourtant nous sommes o combien nombreuses.....

Gardez courage, et transmettez leur mon soutien, que bien sûr je vous envoie à vous, maman tristesse.

bluenaranja - 29/09/2011 à 11h05

Bonjour tristesse et confiance,

Autant je peux parler de drogues, de toxicomanie, de toutes la cohorte des maux qui l'accompagne, autant il m'est très difficile de vous conseiller, car là-dessus, je n'y connais pas grand chose.

Moi, mes parents m'ont cassée, jetée, et si j'ai réussi à me reconstruire bout à bout, ce n'est vraiment pas grâce à eux !
J'ai eu la chance de tomber sur un psy formidable qui m'a énormément aidée. Sur un bon directeur de protection de l'enfance et sur une bonne famille d'accueil.
Et malgré tous mes efforts, et ces gens qui m'aidaient, je continuais à me droguer.
Il a fallu que je devienne mère à mon tour pour enfin "renaitre à moi-même". Et c'est là que tous mes efforts, mes rechutes même, tout ce que ces gens avaient semé au cour de ces années d'orage, c'est là que tout a pu servir et m'aider à ne pas retomber.

Vous avez raison, confiance, en disant qu'il faut garder espoir et confiance, pour les docteurs, ma réussite relevait du miracle, et pourtant ça fait quatorze ans que je n'ai pas touché de drogues dures.

Mais tristesse, je comprends qu'après toutes ces luttes, vous soyez fatiguée... Et deux enfants dans la drogue, comme c'est lourd...

Je vous souhaite des temps meilleurs à toutes deux

bluenaranja

bluenaranja - 29/09/2011 à 11h12

Bonjour tristesse,

J'ai l'impression que vous passez à travers ce que le modérateur nomme un burn out, quand on a tout donné, et qu'il ne reste rien.
Il faut aussi penser à vous, prendre du recul, des vacances même. Est que vous avez un psy avec qui vous pouvez discuter de tout ça ? Quelqu'un justement qui ait une vision extérieure, et qui puisse vous aider à gérer tout ça.
Vous savez, aimer nos enfants, des fois, ça veut aussi dire les laisser se débrouiller.
Tout donner, c'est donner trop. Il faut aussi penser à vous. Vraiment.

Bon courage

bluenaranja

fanny - 29/09/2011 à 20h09

Bonsoir, vous avez vu juste, j'ai lutté tant que j'ai pu mais mon corps ne suit plus. J'épprouve une extrême fatigue et bien que je sois rongée par l'inquiétude depuis quelques jours je ne suis pas allée voir ni appelé mon fils car je sais qu'il va encore se plaindre, encore et encore en criant.
et je ne peux plus rien faire de plus pour lui.
Il m'en veut très certainement d'avoir déménagé et de l'avoir "mis" dans un appt indépendant bien que n'ayant pas bcp de moyens. J'espère seulement qu'il va s'en sortir ou du moins vivre au mieux avec son addiction. L'amour de sa mère se suffit pas, alors........ encore merci de m'avoir répondu, j'aurai bien des choses à dire mais là jevais me reposer encore 3 jours avant de reprendre le travail lundi et continuer le combat.

elorapal - 29/09/2011 à 23h37

Bonjour

je pense, comme Bluenaranja, que tu dois t'accorder le droit de penser à toi, et aussi le droit de craquer. Personne n'est surhumain. Nous ne pouvons pas porter la toxicomanie de nos enfants à bout de bras, c'est une charge bien trop lourde. Vois-tu, moi je me fais beaucoup aider: entretiens avec un psychologue spécialisé, contacts avec une association familiale, RV avec ma généraliste ...
J'ai cherché, et trouvé les formes de soutien qui pour l'instant me conviennent le mieux. Sans ces aides, je sombrerais, grâce à elles, je régénère ma force au fur et à mesure, je me recharge en quelque sorte. Si tu en es à la phase "je craque" (perso, j'en ai traversé plusieurs!!!) autorise-toi aussi à craquer, mais entoure-toi du minimum de soins nécessaire, peut-être en commençant par ton médecin si tu as confiance en lui.

Je crois que la parole est importante si elle sert vraiment la communication.
Moi, je n'ai jamais perdu espoir en la parole, en la communication. Mais la communication, ce n'est pas si inné que ça, alors c'est souvent utile d'apprendre à communiquer - ... différemment parfois. En tout cas, c'est comme ça que je le ressens.

Voilà, le seul conseil que je me permettrais de te donner, c'est de te faire aider et de { {{prendre bien soin de toi}} }.
Tu dis une phrase qui, bien sûr, résonne fort dans mon coeur de mère: "je ne vis que pour le bonheur de mes enfants". Et je me dis: "vraiment? { {{que}} } pour le bonheur de mon enfant?
Non: je vis aussi pour moi, heureusement. C'est terrible quand mon enfant est malheureux, mais j'ai {{ {quand même} }} droit à mes moments de bonheur, de sérénité, d'espoir, car je vis moi aussi. Et puis, si je fais dépendre mon bonheur du sien, quelle charge pour lui!
Voilà, ce sont justes quelques pensées, et je sais trop combien elles sont à certains moments, dérisoires, abstraites, inutiles. Mais, quand même je crois qu'il est bon de les avoir quelque part en soi...

En tout cas, courage à toi comme j'essaie d'en garder. Amitiés.

fanny - 30/09/2011 à 14h06

Bonjour elorapal, merci pour ton message de soutien. c'est bien de pouvoir venir sur ce forum car il y a une dizaine d'années ça n'existait pas. oui c'est vrai je ne vis que pour leur bonheur et si je sais qu'ils ne vont pas bien je ne peux pas être heureuse. oui je sais qu'il faut se faire aider, j'ai vu une psy pendant qq tps qui m'a bcp soutenue mais elle revenait trop cher et je ne pouvais plus y aller, là comme mon fils avait un travail et que je lui avais trouvé un petit appt je pensais qu'il prendrait conscience qu'il devait se débrouiller : mais c'était compter sans son état : il panique et est tjs dans la galère, j'ai dû payer son dernier loyer, ses frais de voiture et aussi lui porter à manger (malgré son salaire d'intérimaire) il me raconte des bêtises sur ses dépenses. donc voilà, je ne peux pas retourner voir ma psy je suis tjs dans le rouge à la banque. Je ne sais pas comment vont se passer les prochains mois mais je ne les sent pas merveilleux car ça ne fait que 3 mois qu'il vit seul et déjà tant de problèmes. Ma fille ainée a coupé les ponts depuis longtemps et ne veut plus de contact avec moi, mon cadet de 17 ans est allé vivre chez son père et maintenant qu'il est ado, il vit sa "vie" je n'ai plus que celui du milieu qui demande tant et tant. Voilà merci à tous de m'avoir répondu bon courage à vous tous et toutes

Modérateur_949 - 30/09/2011 à 16h47

Bonjour Tristesse22,

Je suis le modérateur de ces forums. Je vais aller dans le sens de ce que vous a dit Elorapal en vous invitant à prendre soin de vous avant tout.

Comme elle j'aimerais vous aider à prendre conscience que ne vivre {"que pour le bonheur de ses enfants"}, même si c'est une noble idée, est d'un poids trop lourd à porter pour eux ! Cela signifie que vous ne faites pas de distinction entre votre vie et la leur et - je vais être un peu dur - que vous n'arrivez pas à évoluer vous-même, à cesser d'être une maman poule pour devenir une mère et redevenir une femme à part entière.
A un certain moment de leur vie, nos enfants ont besoin, pour grandir et affronter la vie, de sentir qu'ils ont l'espace pour le faire, qu'ils peuvent faire des choix pour eux-mêmes sans que cela n'implique l'équilibre de leurs parents. S'ils n'ont pas cet espace - et cela peut être le cas lorsqu'un parent lie tout son "bien-être" à ce que font ses enfants - alors ils ne peuvent plus grandir et choisir ce qui est bien pour eux parce que c'est toujours recouvert par le parent qui a {besoin} d'eux.
Entendons-nous bien : il n'y a pas de "faute" de votre part et vous n'êtes pas responsable de l'usage de drogue de votre fils ! Cependant il est manifeste qu'en rendant inséparable de vous le destin de votre fils il est probable que vous contribuiez à l'empêcher d'affronter sa souffrance et de se prendre en main. En effet, actuellement, quoiqu'il fasse de "positif" (travailler, arrêter la drogue, etc.) il le fait quelque part pour vous aussi et non pour lui seul. Lorsqu'on est adulte c'est une position intenable et l'un des échappatoires peut en être, justement, de consommer de la drogue.

Votre fils a besoin de sentir que vous allez bien loin de lui. Pour y arriver vous avez besoin de faire un travail avec un psychologue et je vous engage à utiliser vos maigres ressources en priorité à cela. En payant le loyer ou les dettes de votre fils, en prenant sa place dans bien des domaines où c'est lui qui devrait "assurer" et "assumer", vous ne lui rendez aucun service. Au contraire vous l'empêchez d'affronter ses propres démons, d'aller au bout de ses difficultés et par là même d'acquérir l'autonomie qui lui serait nécessaire pour pouvoir se prendre en main.

Alors, comme vous l'a dit avec justesse Elorapal, prenez soin de vous avant tout. Ce n'est qu'après avoir retrouvé un semblant de forces et de joie de vivre votre propre vie, que vous serez alors capable d'aider utilement votre fils.

Allez, bon courage !

Le modérateur.

fanny - 01/10/2011 à 11h46

Bonjour Modérateur,
tout ce que vous dites me touche très sincèrement et je vous remercie de porter attention à mes messages.
bien sûr qu'il faut que je pense à moi, bien sûr qu'il faut que mes enfants se rendent indépendants, bien sûr qu'ils doivent vivre leurs joies, leurs angoisses, je comprends tout ça et dans l'absolu je dirai que vous avez raison, seulement, je l'ai fait il y a qq années et mon fils je l'ai mis dehors ne pouvant plus supporter ses excès devant son petit frère (il avait trouvé un sac plein Ecstasy en allant chercher une K7 dans la chambre du grand) et bien ça a été la descente aux enfers pendant les 4 années qui nous ont séparés, je l'ai repris pour qu'il se soigne, et remis dehors encore une fois (re descente aux enfers) cette fois je l'ai repris il y a presque 3 ans pour qu'il se soigne vraiment et il a fait bcp d'efforts. J'ai perdu bcp, je me suis isolée, j'ai travaillé et cette fois, j'ai pris la décision de lui trouver un studio (en me promettant de ne plus jamais le reprendre chez moi) mais voyez il commence à dépérir et à replonger!!!! je ne demande pas mieux que le laisser vivre de son côté, mais s'il fait le geste final (ma grosse hantise) pourrai-je ne pas me le reprocher. Les centres disent qu'il ne faut pas les abandonner, qu'ils ont besoin de leur famille, alors ??? la famille c'est moi, il n'y a personne d'autre!!! quoi qu'il en soit, je vous remercie tous pour vos messages de soutien et je vous souhaite un grand courage à tous.

fanny - 01/10/2011 à 11h53

Merci pour votre message, confiance, je vous ai répondu la dernière fois, mais j'ai dû faire une mauvaise manipulation et il n'est pas passé. Je suis touchée que vous preniez le tps de me répondre étant vous même dans la souffrance. Il y a qq années, je ne pensais pas bcp de bien de drogue info service parce que c'était peine perdue d'obtenir des réponses en tant que parent, mais je dois avouer que depuis le service a évolué et ce site nous permet de communiquer et de ne pas nous sentir seules, nous les mamans, et toutes les personnes qui sont confrontées à ce fléau qu'est la drogue. Encore merci confiance, à très bientôt sur ce forum pour me donner des nouvelles de votre fils

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