Bonjour Anubis 26,
Je suis le modérateur de ce forum. Je vous remercie d’avoir posté votre message ici et vous avez raison, cela soulage d’en parler.
Vous dites plusieurs choses dans votre message. D’un côté que vous êtes en train de rechuter et que cela ne vous fait pas tant plaisir que cela. D’un autre côté que vous êtes très attiré par le joint maintenant que vous pouvez vous payer de nouveau du cannabis, parce qu’il vient vous réconforter par rapport à votre vie que vous dites "pitoyable".
Le joint peut être un refuge, c’est vrai. Le cannabis cela détend et c’est euphorisant. Mais aussi, au-delà du prix que cela coûte, ce n’est "qu’un" refuge qui joue sur les sensations éprouvées sur le moment et ce n’est en aucun cas quelque chose qui améliore fondamentalement la situation. En d’autres termes cela ne résout pas les problèmes, cela ne fait que soulager. Je pense que vous le savez bien.
Le problème supplémentaire c’est que sur le long terme le cannabis peut aussi contribuer à enfoncer et aggraver les problèmes. Sous cannabis on peut ne plus se sentir capable de rien faire, on peut se dire longtemps "je vais faire cela" ou "je devrais faire cela" sans jamais le faire vraiment. Et le temps passe, on s’enferme sur soi-même et sur son cercle d’amis fumeurs, et la vie défile, et on se déçoit soi-même et on se sent de plus en plus impuissant… alors il est encore plus tentant de fumer, etc. C’est un cercle vicieux.
Pourtant je tiens à vous dire d’abord que vous avez réussi à être plus fort que le cannabis. Vous n’en n’avez pas pris pendant un mois et c’est déjà la preuve que vous êtes "techniquement" capable d’arrêter. Le problème n’est donc pas fondamentalement dans votre capacité à arrêter ou non.
Ce que vous constatez cependant lorsque vous arrêtez c’est que votre vie est difficile. Lorsqu’on arrête le cannabis on peut effectivement se prendre une bonne claque car on met fin à une camisole chimique qui amortissait tous les problèmes qu’on pouvait avoir. Ils remontent alors à la surface et c’est dur. Mais aussi, sans même parler de "problèmes", c’est de se retrouver tout d’un coup le nez devant sa propre "non-vie" (rien de bien construit, des échecs, des ruptures, un sentiment de relative solitude, etc.)qui est très difficile à accepter. Cela rend extrêmement tentant de reprendre le joint ! Et ça c’est difficile à gérer.
C’est ce qui rend nécessaire, pour réussir à arrêter définitivement, d’avoir une bonne vision de pourquoi on ne veut plus en fumer et de ce que l’on veut pour soi-même. Être au clair avec ses objectifs, ne pas arrêter par "contrainte" mais par
choix, accepter aussi que cet arrêt soit difficile (vous verrez qu’avez le temps ces difficultés s’estompent), va vous permettre de traverser ce qui est difficile pour vous dans l’arrêt du cannabis.
Honnêtement vous pouvez faire le choix de continuer à fumer et d’amortir ainsi "ce qui ne va pas". Mais le "ce qui ne va pas" ne va pas s’arranger pour autant et dans quelques mois ou années vous en serez toujours au même point, encore plus amer peut-être des occasions que vous aurez manquées.
Vous avez tout à fait le droit de ne pas vous sentir assez fort, assez motivé, pour arrêter le cannabis et affronter votre vie et ce qu’elle est. Mais c’est alors précisément une très bonne raison pour vous faire aider. Les aides sont précisément là pour cela, pour soutenir l’individu qui doit affronter ses difficultés. Je ne peux que vous recommander de chercher dans un premier temps une "consultation cannabis". Ces consultations gratuites vous offrent un nombre limité d’entretiens pour au moins "faire le point" (sans obligation d’arrêter) et vous aider à faire des choix, à savoir si vous avez besoin d’une aide plus consistante ou non…
Et comme vous dites cela fait au moins du bien "d’en parler" !
Pour les trouver rendez-vous sur notre page
"L’aide aux jeunes" au bas de laquelle vous trouverez une boîte de dialogue où vous n’aurez qu’à sélectionner votre département pour trouver les consultations proches de chez vous.
Comme vous l’avez peut-être remarqué, dans l’Adosphère nous avons voulu philosopher un peu (cf le "coin philo"). "Être libre" c’est pouvoir faire des choix. Et faire des choix positifs pour soi c’est être adulte et c’est libérateur. Personne ne peut faire les bons choix à votre place mais décider de vous prendre en charge et de prendre soin de vous serait certainement le choix qui vous mènerait à moyen terme vers une vie beaucoup plus satisfaisante que celle que vous semblez mener aujourd’hui.
Alors on vous souhaite bon courage ? En tout cas Drogues Info Service et sa ligne téléphonique (le 0 800 23 13 13 de 8h à 2h) restent à votre disposition pour "en parler" !
Cordialement,
Le modérateur.