L’expérimentation de cocaïne est en légère baisse par rapport à 2008 chez les jeunes de 17 ans et concerne plus souvent les garçons. Il en va de même pour l’héroïne et l’ecstasy.
Concernant les personnes âgées de 18 à 64 ans, la consommation de cocaïne et d’héroïne au cours de l’année est en hausse entre 2005 et 2010. En revanche elle est stable pour l’Ecstasy.
En légère baisse par rapport à 2008, l’expérimentation de cocaïne parmi les jeunes de 17 ans passe de 3,3 % à 3,0 %, et concerne plus souvent les garçons que les filles (3,3 % contre 2,7%). Parmi les personnes âgées de 18 à 64 ans, 3,8 % ont expérimenté la cocaïne en 2010. La consommation au cours de l’année concerne 0,9 % des personnes âgées de 18-64 ans, soit 340 000 individus (sur 38 millions) et est hausse entre 2005 et 2010 (0,6 % vs 0,9 %).
⇓ 0,9 % des jeunes de 17 ans ont expérimenté l’héroïne vs ⇑ 1,2 % des adultes
La proportion d’expérimentateurs d’héroïne, après une hausse entre 2005 et 2008, est également en diminution à 17 ans. Elle concerne, en 2011, 0,9 % de ces jeunes (1,0 % des garçons et 0,8% des filles). En 2010, 1,2 % des 18-64 ans ont expérimenté l’héroïne et 0,2 % (soit 90 000 personnes) en ont consommé dans l’année. L’augmentation de cet indicateur entre 2005 et 2010 est significative chez les hommes.
⇓ 1,9 % des jeunes de 17 ans et 2,7 % des adultes ont expérimenté l’ecstasy
L’expérimentation d’ecstasy poursuit le mouvement de baisse amorcée en 2002 et concerne 1,9% des jeunes de 17 ans (2,2 % des garçons et 1,6 % des filles) [1]. En 2010, 2,7 % des 18 à 64 ans ont expérimenté l’ecstasy et la consommation dans l’année concerne 0,3 % des 18-64 ans, soit 130 000 personnes [3], situation stable dans la période 2005-2010.
Les « usagers problématiques de drogues » sont définis par l’OEDT comme des usagers de drogues par voie intraveineuse ou usagers réguliers d’opiacés, cocaïne ou amphétamines durant l’année passée pour les 15-64 ans.
Parmi ces 230 000 usagers, valeur centrale d’une large fourchette d’estimation, on estime que 145 000 ont utilisé au moins une fois la voie intraveineuse et que 81 000 l’utilisent actuellement.
Le profil de ces personnes est souvent marqué par la précarité, une forte morbidité psychiatrique et un usage de multiples substances. Parmi les usagers des CAARUD, 21 % ne disposent d’aucun revenu, vivant de mendicité, prostitution ou de petit deal et 54 % d’un revenu social uniquement.
Les substances les plus consommées un mois donné par ces usagers sont les opiacés (héroïne 31%, mais aussi traitements de substitution dans un cadre thérapeutique ou non), la cocaïne (41 %, que 6 sur 10 consomment aussi ou uniquement sous forme de crack) et les somnifères et les anxiolytiques détournés ou non de leur usage (29 %). Enfin, un tiers d’entre eux consomme de l’alcool en quantité très importante (plus de 10 verres par occasion).
⇑ 145 000 personnes bénéficiant de traitement de substitution aux opiacés (Buprémorphine Haut Dosage er méthadone).
Le chiffre des consommateurs de drogues illicites (hors cannabis mais y compris médicaments détournés) vus dans les centres spécialisés au cours d’une année est difficile à estimer avec précision, ces personnes étant susceptibles de fréquenter plusieurs centres la même année.
En dehors des centres spécialisés, des usagers de drogues sont également pris en charge à l’hôpital et en médecine de ville. En 2010, les statistiques hospitalières hors psychiatrie ont enregistré 3 200
séjours pour sevrage de personnes dépendantes à une drogue autre que l’alcool et près de 6 400 séjours de personnes prises en charge en raison de leur usage de drogues illicites (hors cannabis) ou de médicaments détournés de leur usage thérapeutique. La statistique hospitalière ne permet cependant pas de connaître le nombre d’usagers de drogues qui sont suivis en ambulatoire à l’hôpital dans le cadre de consultations en addictologie. Dans les établissements psychiatriques,on recensait en 2010 près de 230 000 journées d’hospitalisation pour des personnes ayant comme diagnostic principal un problème avec les drogues illicites autres que le cannabis (code F11, F13 à F16, F18 et F19 de la 10e classification internationale des maladies).
Les médecins de ville voient également un grand nombre d’usagers de ces substances illicites, notamment les personnes dépendantes aux opiacés qui suivent un traitement de substitution : méthadone ou buprénorphine haut dosage (BHD). En 2009, la moitié des médecins généralistes déclarait avoir vu au moins un patient dépendant aux opiacés par mois. Le nombre de ces patients était en moyenne de 3,6 par praticien.
Environ 145 000 personnes ont bénéficié de remboursements de médicaments de substitution aux opiacés au cours du premier semestre 2010. La BHD (Subutex® et/ou génériques Arrow® et Mylan®) est toujours largement majoritaire : 75 % de bénéficiaires contre 25 % pour la méthadone [22]. Si la plupart des patients utilisent la BHD dans un but thérapeutique, une minorité la détourne pour la consommer ou la revendre comme une drogue.
⇓ 39 décès par Sida d’usagers injecteurs.
Ces décès par usage de substances illicites ou de médicaments opiacés sont le plus souvent liés à l’association de plusieurs produits.
Après avoir fortement chuté à la fin des années 1990, les décès par surdose ont, depuis 2003, de nouveau tendance à augmenter. Le nombre de ces décès est aujourd’hui encore très probablement sous estimé.
Il a été enregistré 39 décès par Sida en 2009 de personnes consommatrices de drogues par voie intraveineuse. Ces décès sont en diminution constante depuis le milieu des années 1990.
Les hommes interpellés pour usage d’héroïne, cocaïne ou crack ont
un risque global de décès 5 fois plus élevé que les autres hommes de même âge.
Pour les femmes, le risque de décès est multiplié par 9. Cette surmortalité s’explique par les risques de surdoses et d’infection par le virus du Sida et, dans une moindre mesure, par une exposition accrue aux accidents de la route, aux suicides et aux pathologies de l’appareil circulatoire, respiratoire ou digestif.
Ces données sur les prévalences déclarées du VIH et du VHC parmi les usagers de drogues injecteurs sont issues d’une enquête nationale menée auprès des usagers vus dans les CSAPA (valeurs hautes des fourchettes) et d’une enquête nationale auprès des usagers vus dans les CAARUD (valeurs basses). Pour le VIH, les deux valeurs sont égales. Ces données déclaratives sont susceptibles de sous estimer ces prévalences, notamment celle du VHC. Néanmoins celle-ci est en baisse continue depuis plusieurs années.
Les antécédents de problèmes psychiatriques se rencontrent souvent chez les personnes prises en charge pour leur consommation d’héroïne ou de cocaïne en 2010 : près de 40 % d’entre elles ont déjà été hospitalisées pour un problème psychiatrique. Ces personnes se trouvent dans une situation socio-économique encore plus défavorable que les autres.
⇑ 4 679 interpellations pour usage de cocaïne ou de crack.
⇓ 203 interpellations pour usage d’ecstasy.
Le nombre d’interpellations pour usage d’héroïne a été divisé par 4 entre 1995 et 2003 pour augmenter par la suite. En 2010, leur nombre progresse de 2 % par rapport à l’année précédente.
Les services répressifs ont également interpellé 3 382 usagers-revendeurs et trafiquants d’héroïne, en hausse de 14 % par rapport à 2009.
En hausse de 6 % par rapport à 2009, les interpellations pour usage de cocaïne et de crack ont quadruplé depuis 1995. Les interpellations pour usage-revente et trafic de cocaïne et de crack atteignent 2 786 en 2010.
Les interpellations relatives à l’usage d’ecstasy diminuent depuis 2005. En 2010, 203 usagers et 63 usagers-revendeurs ou trafiquants d’ecstasy ont été interpellés
⇑ 11 000 kg de cocaïne saisis.
⇑ 1,9 million de comprimés d’ecstasy saisis.
Globalement, les saisies d’héroïne et de cocaïne sont en augmentation par rapport au début des années 2000. Néanmoins, en 2011, les saisies d’héroïne (données non définitives) diminuent par rapport à 2010
(1 087 kg). Ce niveau est le plus faible depuis 2005.
Les saisies de cocaïne (données 2011 non définitives) sont en très nette augmentation, notamment du fait de prises exceptionnelles ; ces saisies ont plus que doublé par rapport à 2010 (4 125 kg) et atteignent
un niveau sans précédent.
Les saisies d’ecstasy (données 2011 non définitives) sont en très forte hausse : elles ont plus que triplé par rapport à 2010 (663 595 comprimés interceptés). Ce niveau est comparable à ceux atteints entre
2000 et 2004. La France est la plupart du temps un pays de transit : une part importante des quantités saisies est destinée aux pays européens voisins.
⇒ 40 € le gramme d’héroïne.
⇒ 6 € le comprimé d’ecstasy.
En 2010, le prix moyen du gramme de cocaïne se situe autour d’une valeur de 60 € ; il est stable depuis cinq ans après avoir été divisé par deux par rapport au début des années 1990.
Le phénomène est identique pour l’héroïne brune dont le prix moyen est passé de 70 à 40 € en dix ans mais s’est stabilisé depuis 2006.
Le prix du comprimé d’ecstasy (passé de 15 € en 2000 à 6 € en 2006) se stabilise aujourd’hui autour de 6 €.
La MDMA se vend maintenant aussi sous forme de poudre pour environ 56 € le gramme. Les variations de part et d’autre de ces moyennes sont très importantes.
Les taux de pureté des échantillons de cocaïne saisis dans la rue se situent entre 40 % et 50 %.
Les échantillons d’héroïne brune saisis par la police présentent des taux de pureté moyens de 13 %.
Les « designer drugs », « research chemicals ou « legal highs » possèdent des structures moléculaires proches des substances interdites dont elles imitent les effets (ecstasy, amphétamine, cocaïne ou cannabis) et sont disponibles à la vente sur Internet. Elles sont pour la plupart non inscrites sur la liste des substances stupéfiantes.
Dans le cadre d’une étude sur l’offre de drogues de synthèse sur Internet réalisée en novembre 2011, il a été recensé 63 nouvelles substances disponibles, sur environ 32 sites francophones de vente en ligne. À cette même date, 43 nouvelles substances ont été identifiées comme ayant effectivement circulé au moins une fois sur le territoire français.
Les usagers sont le plus souvent des polyconsommateurs expérimentés.
Par ailleurs, 0,7 % des jeunes de 17 ans interrogés en 2011 ont déclaré avoir fait l’acquisition d’un produit psychoactif sur Internet ; ces achats sont essentiellement en lien avec le cannabis, les champignons et les plantes.
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Quelques références bibliographiques :
- Drogues, chiffres clés, 4e édition, janvier 2012, OFDT
- Les niveaux d’usage des drogues en France en 2010 : exploitation des données du Baromètre santé, Tendances n°76, juin 2011, OFDT
- Cocaïne : données essentielles, mars 2012, OFDT
- ESCAPAD 2005 et 2008 : Enquête sur la santé et les consommations lors de la journée d’appel et de
préparation à la défense (OFDT / Direction centrale du
service national)
- Baromètre santé 2005 (INPES, exploitation OFDT)
- Rapports d’activité des centres spécialisés de soins aux toxicomanes en ambulatoire (Direction générale de
la santé / OFDT)
- OSIRIS : Outil statistique d’information et de recherche sur les infractions sur les stupéfiants (Office central
pour la répression du trafic illicite des stupéfiants)
- Ena-CAARUD 2006 (OFDT)
