Bonjour,
Je suis le modérateur de ce forum. Pour le moment vous n’avez pas reçu de réponse d’autres Internautes alors je me permets de vous faire quelques remarques.
Il est globalement déconseillé d’arrêter l’alcool en dehors de tout avis et de toute surveillance médicale. Il est très déconseillé aussi d’avoir recours à un "auto-traitement". L’arrêt de l’alcool lorsqu’on est dépendant peut en effet générer des problèmes de santé et/ou psychologiques qui peuvent être graves. Je vous conseille donc au moins d’avoir l’appui de votre médecin traitant.
Je comprends tout à fait que vous vouliez arrêter seul. Vous n’êtes pas le seul dans cette situation et c’est ce qu’on veut faire en général lorsqu’on essaye d’arrêter pour la première fois. D’ailleurs peut-être y arriverez-vous si vous n’êtes pas trop dépendant. Mais le plus dur à gérer ensuite sera de ne pas rechuter. En effet, après avoir été "alcoolique" l’abstinence d’alcool doit être totale, au moins pendant les premières années. Vous ne pourrez plus vous permettre "un verre ou deux" par-ci par-là au gré des fêtes et autres événements familiaux. Il va vous falloir du courage pour l’assumer, et notamment au yeux des autres (vous n’êtes pas obligé d’en donner la cause réelle).
Si vous voulez réussir votre sevrage vous devez donc vous préparer mentalement à affronter ces situations difficiles où il peut sembler naturel de consommer de l’alcool et où on risque fort de vous en proposer. Il va vous falloir apprendre à dire "non". Repérez notamment tout ce qui, chez vous, déclenche l’envie de boire (lieux, personnes, moments de la journée) et évitez ce qui peut l’être. Pour ce qui ne peut pas être évité (par exemple "rentrer du travail stressé"), pensez à mettre en place des activités de diversion et à être au clair sur le fait que l’alcool ne sera plus pour vous dans ces moments-là.
Pensez également à vous récompenser si vous réussissez à arrêter. Faites le point régulièrement sur les bonnes raisons que vous avez d’arrêter et essayez, à certains moments, de revenir sur ces bonnes raisons et de profiter des bénéfices que cela vous apporte. Vous aurez plus de chances si vous ne vivez pas l’arrêt de l’alcool "que" comme une contrainte mais aussi comme quelque chose dont vous tirez bénéfice.
A tout moment vous pouvez traverser des moments de "crise" se caractérisant par une forte envie de reprendre de l’alcool. Dans ces moments-là raccrochez-vous aux autres et occupez-vous l’esprit à autre chose. Notamment, si vous sentez que vous allez craquer, nous vous invitons à nous appeler (Ecoute Alcool au 0 811 91 30 30) pour "en parler". Souvent ces moments de "craving" (c’est le terme anglais que l’on utiliser pour parler des ces fortes envies d’en reprendre) ne durent pas mais ils peuvent être réellement très intenses. Ils sont aussi provoqués par certaines difficultés de la vie : fatigue, contrariétés, stress… Parfois il peut être utile de repérer les facteurs conduisant à ces épisodes de "craving" et d’essayer d’agir dessus (se reposer/prendre des congés lorsqu’on est fatigué, etc.).
Parfois également il y a une descente progressive vers la rechute, qui vient "à force de lutter contre l’envie de boire", c’est-à-dire par frustration. Si vous avez le sentiment d’être usé par vos résistances à boire, je vous conseille fortement d’en parler, de ne pas garder cela pour vous et de l’exprimer à vos proches ou à un psychologue ou, encore une fois, à un service comme le nôtre.
Mais globalement je crois que le meilleur conseil que je puisse vous donner est tout de même de prendre contact avec un centre de soins spécialisé dans les dépendances et travaillant en ambulatoire, c’est-à-dire sur rendez-vous. Vous trouverez ces centres dans notre rubrique "S’orienter", que je mets en lien ci-dessous pour vous.
Cela est particulièrement important car, comme vous le pressentez peut-être avec les conseils que je vous ai donné, réussir à arrêter se construit au jour le jour et nécessitera, à certains moments, de pouvoir être soutenu, écouté, conseillé. Votre compagne, si elle en a la force et si votre lien est fort, peut faire une grande partie de ce "boulot" par sa simple présence et par les dialogues que vous aurez avec elle. Mais bénéficier d’un soutien psychologique avisé n’est pas, dans ces situations, du luxe.
En espérant avoir répondu à quelques unes de vos questions je vous souhaite un bon courage. Nous restons, à Drogues Info Service / Ecoute Alcool, à votre disposition pour "en parler".
Cordialement,
le modérateur.
Voir en ligne : La rubrique "S’orienter"