Bonjour efw2833,
Je suis le modérateur de ces forums et je vous remercie d’avoir laissé ce message sur nos forums. Il est bien tard pour essayer de vous répondre et je remercie Sylvie d’avoir pris la peine de le faire en temps et en heure. La situation a peut-être évolué depuis tout ce temps. Voici cependant ce que je peux vous dire, à la lecture de votre message.
Avez-vous remarqué que la seule fois où votre père a réellement essayé d’arrêter c’est lorsque votre mère a réellement menacé de partir, sans doute prête à mettre son projet à exécution ? Remarquez-vous également que votre père est particulièrement tyrannique et exclusif avec elle : il veut l’avoir "à disposition" et elle lui sert de justification pour ne pas se remettre en cause ?
Si votre mère a enduré cela jusqu’à présent "pour vous", par espoir qu’il change, n’est-il pas temps de l’aider à passer ce cap, à la libérer de son obligation de tenir la maison et la famille ? Votre mère et vous-même vous avez également le droit à votre équilibre et de vous préserver. Si votre père change ou ne change pas ce n’est pas de votre responsabilité mais de la sienne. Du moins il faut que vous puissiez le comprendre pour renoncer à vouloir le sauver et à sauver la cellule familiale "idéale" que les uns et les autres poursuivez peut-être.
Vous pouvez tout à fait continuer à aimer votre père et haïr son alcoolisme mais cela n’implique pas forcément de rester à ses côtés et d’essayer de le persuader de changer. En effet le déni alcoolique peut être quelque chose de terrible, surtout lorsque l’entourage essaye justement de le changer. La personne alcoolique n’ignore pas au fond d’elle-même son problème mais elle le nie à la face du monde et d’elle-même parce qu’il est souvent trop insupportable de l’affronter. Et souvent, malheureusement, plus l’entourage insiste, plus cela met l’accent sur sa propre impuissance. Quand cela se complique d’une dépendance physique comme c’est peut-être le cas ici au vu des quantités qu’il prend, arrêter ne doit même pas être envisagé seul et effectivement il ne peut/ne doit pas arrêter seul.
Je peux me tromper mais je crois que vous avez tout intérêt à aider votre mère à faire sa vie, à retrouver un équilibre, plutôt que de vous attacher à résoudre un problème dont apparemment votre père ne veut pas entendre parler pour l’instant. Si votre père, pour changer, a besoin du soutien de ses proches et de leur solidarité, cela ne peut se faire un jour que si les proches en question vont bien (autant que faire se peut). Vous préserver, aider votre mère à s’affranchir de la tutelle qu’elle subit et à trouver un meilleur équilibre de vie, devraient être vos premiers objectifs. Il ne s’agit pas de laisser tomber votre père mais de remettre son problème d’alcool entre ses seules mains, étant entendu que s’il vous le demande, vous serez prêt à l’aider (mais il faut attendre qu’il formule cette demande).
Votre mère et vous-même pouvez vous faire aider par les Centres de Soins, d’Accompagnement, de Prévention en Addictologie (CSAPA). Ces centres sont gratuits et reçoivent les familles y compris sans connaître la personne concernée. Je vous mets ci-dessous le lien vers notre rubrique "S’orienter" où vous pourrez trouver leurs coordonnées. Une association comme "Al Anon" (
http://al-anon-alateen.fr/) ou une association d’anciens buveurs (consultez par exemple le document pdf suivant :
http://www.sfalcoologie.asso.fr/dow&hellip ;) peut également aider l’entourage des personnes alcooliques. Je ne peux que vous recommander d’avoir recours à ces aides pour vous permettre, votre mère, votre fratrie et vous-même de mieux vous positionner vis-à-vis de la situation de votre père.
J’espère en tout cas que depuis que vous avez laissé ce message les évolutions auront été au moins un peu positives. Nous restons à votre écoute sur notre ligne Ecoute Alcool (0 811 91 30 30) ou ici dans notre espace de dialogue.
Bon courage,
Le modérateur.
Voir en ligne : Notre rubrique "S’orienter"