L’ecstasy est un composé chimique comprenant une molécule de la famille des amphétamines, le MDMA (méthylènedioxyméthamphétamine).
A l’état brut l’ecstasy ressemble à des cristaux de couleur blanche mais il se présente habituellement sous la forme de comprimés de couleur incrustés d’un petit motif ou frappés d’un logo et qui sont généralement ronds mais d’autres formes existent (carré, triangle…).
Il peut également se présenter sous forme de poudre, de gélule ou de capsule de gélatine.
Aujourd’hui, le terme ecstasy est devenu une sorte d’appellation générique qui tend à désigner la plupart des comprimés vendus illégalement. Attention toutefois, ils ne contiennent pas toujours la substance active recherchée (MDMA), mais souvent plusieurs substances actives notamment différents médicaments détournés de leur usage.
Il ne faut pas confondre ecstasy et « liquid ecstasy », nom parfois donné au G.H.B.
Appellations : Ecsta, E (prononcé à l’anglo-saxonne « i »), Ex, X et XTC.
L’ecstasy est une drogue classée parmi les stupéfiants.
L’usage est interdit et passible d’une peine maximum d’un an de prison et 3750 euros d’amende ou de mesures alternatives aux poursuites pénales (injonction de soins, stage de sensibilisation, etc.).
La culture ou la production, l’achat et la vente ou la cession sont interdits et passibles de lourdes peines de prison et d’amendes.
Sous forme de gélule ou de comprimé, l’ecstasy s’avale. Les usagers emploient souvent l’expression « gober ».
Sous forme de poudre, l’ecstasy se sniffe.
L’injection est possible mais rare, dans 9 cas sur 10 l’ecstasy est ingéré.
L’intensité des effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité consommée et la concentration des comprimés d’ecstasy en MDMA.
L’ecstasy est, en premier lieu, un stimulant qui produit un effet énergisant et diminue les sensations de fatigue.
Il suscite un sentiment de calme, d’empathie donnant l’impression aux usagers de pouvoir communiquer facilement avec autrui, surtout selon un mode non verbal (de nombreux usagers ressentent une exacerbation des sensations tactiles). A cela s’ajoute un bien-être corporel, c’est ce que l’on appelle l’effet entactogène.
Durée des effets :
Les effets sont rapidement ressentis, environ une demi-heure après la prise et durent entre 3 et 8 heures.
Certains effets secondaires sont systématiques :
- augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle accompagnée de palpitations,
- bouffées de chaleur et forte transpiration.
D’autres effets peuvent aussi survenir :
- bouche sèche,
- tensions ou douleurs musculaires, en particulier dans la mâchoire ;
- maux de tête,
- dilatation des pupilles, vision brouillée, tendance à loucher ;
- rétention urinaire ou, au contraire, besoin d’uriner ;
- nausées et vomissements ;
- vertiges, perte d’équilibre.
L’usage régulier d’ecstasy nécessite d’augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets stimulants (tolérance).
Il peut aussi provoquer, à l’arrêt de la consommation, un état d’épuisement et de dépression accompagné d’anxiété qui peut durer de quelques jours à quelques semaines et être difficile à vivre voire représenter un véritable obstacle vers l’arrêt. Dans ce cas, une aide extérieure peut être nécessaire pour y parvenir.
Quelle que soit la fréquence de consommation, même lors d’une première prise :
- L’ecstasy peut provoquer une forte élévation de la température du corps (hyperthermie) accompagnée de déshydratation. L’hyperthermie, la déshydratation liées à une activité intense peuvent provoquer une insuffisance rénale et même, dans de rares cas, être mortelles.
- Le MDMA peut être toxique pour le foie et déclencher une hépatite aiguë, immédiatement après la consommation ou dans les quinze jours qui suivent.
- Activité continue, non cordonnée et anormale des ventricules du coeur pouvant entraîner l’arrêt cardiaque (fibrillation ventriculaire).
- Troubles du comportement pouvant survenir pendant, immédiatement après ou, plus rarement, plusieurs jours après la consommation sous la forme de crise de panique ou de paranoïa, de phases de dépression et d’anxiété renforcées par une fatigue intense.
Usage régulier et à long terme :
- Troubles de la mémoire et de la concentration
- Troubles du sommeil (insomnie)
Des études réalisées sur l’animal ont démontré la dégénérescence, pouvant être irréversible, de cellules neuronales ; les éventuels effets sur l’homme n’ont jamais été démontrés et sont l’objet de polémiques entre chercheurs.
Attention ! L’interaction de l’ecstasy et du Ritonavir® (médicament prescrit dans le traitement de l’infection à VIH) peut multiplier la concentration des deux substances par deux ou trois et exposer l’usager à un surdosage pouvant entraîner un malaise et même un coma.
Risques de surdosage :
Nausées et vomissements associés à des vertiges et d’importants maux de tête sont les signes d’un surdosage qui peut entraîner des troubles cardiaques, un coma voire le décès.
Les risques liés à l’usage d’ecstasy pendant la grossesse sont détaillés dans le dossier drogues et grossesse.
Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation quand on se sent mal ou qu’on éprouve de l’appréhension.
- Ne pas consommer seul, choisir la compagnie de personnes que l’on connaît, dans un contexte rassurant
- Faire attention aux doses (surtout les premières fois) par exemple en ne prenant qu’une moitié de comprimé, en tout cas en ne prenant pas plusieurs comprimés à la suite.
- Ne pas mélanger plusieurs produits ensemble, en ce qui concerne l’ecstasy éviter en particulier l’alcool et les médicaments (antidépresseurs, benzodiazépines).
- Limiter la fréquence de la consommation
- Eviter de conduire un véhicule ou d’entreprendre une activité « à risques » sous effet de l’ecstasy
- Pour éviter l’hyperthermie et la déshydratation il est conseillé de boire régulièrement de l’eau en quantité raisonnable, de porter des vêtements amples qui permettent une bonne ventilation du corps.
- Prévoir la possibilité de se reposer les jours suivants une prise d’ecstasy.
L’ecstasy est dépistable :
- de 2 à 4 jours dans les urines,
- de 2 à 4 jours dans le sang,
- de 24 à 48 heures dans la salive (donnée indicative, sous réserve de confirmation).
La conduite après usage de stupéfiant (dont l’ecstasy fait partie) est un délit passible d’une peine maximum de deux ans de prison et de 4500 euros d’amende.
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