Question posée le 1er février 2010 par AZALAZ . Réponse donnée le 2 février 2010.
Bonjour,
Tout d'abord, voici les réponses aux deux premières questions :
- la durée moyenne de détection de l'héroïne est de 2 jours dans les urines et de quelques heures dans le sang.
- pour faire une postcure, il faut être sevré, donc ne plus prendre d'héroïne du tout. On peut cependant continuer à prendre les traitements de substitution. La postcure est un lieu où l'on travaille la stabilisation du patient par rapport à son sevrage, et par rapport à ses projets de réinsertion dans la vie sociale.
Ensuite, il est vrai que l'entourage est en général très désemparé devant les difficultés du sevrage. Le temps de maturation d'un jeune toxicomane est souvent perturbé et ralenti. Comme vous le dites, c'est comme s'il était resté "bloqué" à l'adolescence.
Le temps que prendra la réussite du sevrage échappe à l'entourage. Et cela échappe même au patient et aux soignants. C'est variable et imprévisible. Les rechutes sont fréquentes, elles font en quelque sorte partie du traitement. En conséquence, l'entourage engagé dans le soutien d'un proche, doit faire preuve de beaucoup de patience. Il vous faut accepter que vous ne pouvez pas "tout" pour votre fils. Il a entrepris les démarches pour s'en sortir, c'est le point le plus positif. L'important est de maintenir le dialogue, même quand vous doutez. L'important est aussi de faire confiance dans ses capacités de changer, et dans le soutien que peuvent lui apporter les professionnels qui le suivent.
Pour le patient, la sortie de la dépendance est un combat. Au départ, la prise du produit lui a apporté du plaisir, a soulagé des souffrances intérieures qu'il n'arrivait peut-être pas à surmonter. Ensuite, la dépendance s'installe car la personne souhaite retrouver cet état de plaisir, qui devient idéalisé. Même quand les désagréments l'emportent, la quête de ce plaisir reste très prégnante. Et la personne a peur d'affronter le quotidien, sans avoir son produit qui la "protège" des épreuves, même les plus banales.
Arrêter de prendre un produit, c'est aussi faire le deuil de ce qu'on connaît, de ce l'on a été. C'est prendre des risques psychiques, et c'est cela le plus difficile. Les troubles psychiatriques dont souffre votre fils compliquent aussi la dynamique du sevrage. Il pourrait être utile que vous-mêmes, en tant que parents, ayez un lieu de parole, individuel ou collectif, pour ne pas être seuls face aux problèmes de votre fils.
Si vous souhaitez parler de tous ces aspects de façon plus approfondie, vous pouvez nous appeler à Drogues Info Service (0800 23 13 13, appel anonyme et confidentiel, gratuit depuis un poste fixe), tous les jours de 8h à 2h.
Cordialement.