Bonjour, Je vois mon fils de 18 ans sombrer très très rapidement dans la drogue. Déscolarisation en cours, aucun intérêt pour rien. Il n'accorde plus aucun crédit aux discussions, tout le monde a tort et ne comprend rien. Selon lui il sait ce qu'il fait, il est dans le vrai et tous les autres sont des "cons" (moi sa mère, sa famille, l'équipe pédagogique du lycée, les amis qui suivent leurs études etc.). Je pense que seule une structure qui le prendrait en charge en le coupant de tout pourrait lui sauver la vie. Existe-t-il des structures d'isolement, de prise en charge ? En sachant que bien sûr je n'ai pas de moyens financiers pour payer une structure. Nous avons consulté 3 psychologues = 0 ! Nuls ils ont assisté à sa descente sans bouger le petit doigts. Il a commencé par du canabis puis extasie et maintenant je retrouve des sachets de poudre sur lesquels est écrit "speed". Il a aussi consommé d'autres substances que je ne connais pas (comme un caillou couleur ambre). Je suis pour ma part dépassée, je n'ai plus aucun moyen d'action. Merciii
Mise en ligne le 07/01/2026
Bonjour,
Nous sommes sensibles à votre désarroi. La situation avec votre fils semble être complexe, et malgré les professionnels à qui vous avez fait appel, elle semble s'enliser.
Son désintérêt peut correspondre à un symptôme de l'addiction. En effet, les drogues procurent des sensations intenses avec lesquelles la vie réelle peine parfois à rivaliser. Peut-être cherche-t-il un moyen d'échapper à son quotidien, à ce qu'il ressent. Par ailleurs, dans les moments de "redescente", quelques heures ou jours après la consommation, un profond mal-être peut apparaître, et donner encore plus envie de reconsommer pour pallier cette détresse.
Nous comprenons votre besoin de l'extirper de ses habitudes. Néanmoins, le type de structure, telle que vous la présentez, n'existe pas. Tout simplement parce que les soins en addictologie necessitent l'adhésion de la personne pour être efficients. Tout ce qui est mis en place sans l'investissement de la personne est voué à l'échec. Il n'est pas possible, d'un point de vue légal comme d'un point de vue pragmatique, de l'isoler pour l'obliger à arrêter ses consommations et se reprendre en main. Il existe toutfefois d'autres formes de strutures d'aide pemettant à la personne de se couper de son environnement et de ses habitudes de consommations, ce sont des centres thérapeutiques résidentiels (appelés aussi post cure). L'accès à ce type d'aide est possible lorsque la personne est préalablement sevrée, et la démarche de sevrage là encore ne peut fonctionner que si la personne souhaite ne plus consommer de drogues.
En attendant qu'il prenne conscience des limites des drogues, et qu'il demande de l'aide, la priorité est de garder le lien avec votre fils. Même si c'est dur et qu'il se montre fuyant, lui montrer que vous rester présente pour lui est essentiel.
Vous évoquez des suivis avec plusieurs psychologues. Il pourrait être intéressant de comprendre les raisons de cet échec: si votre fils était contraint de les voir ou si c'était à son initiative, si le feeling passait ou non, si l'approche thérapeutique était adaptée aux besoins de votre fils... De nombreux paramètres rentrent en compte. Le premier étant la motivation de la personne suivie à participer activement aux séances. Les psychologues, comme tout professionnel, n'ont pas la capacité (ni le rôle) de faire les choses à la place des personnes qu'ils accompagnent. Et nous percevons à quel point cela est éprouvant pour vous, de vous sentir si démunie et seule face à tout ça.
Nous ne savons pas si vous êtes accompagnée. Si ce n'est pas le cas, nous vous proposons de vous rapprocher d'un espace dédié aux parents d'un jeune en difficultés avec les produits. Cet espace pourrait vous apporter du soutien, et vous permettre d'être aidée à aider votre fils. Nous ajoutons les coordonnées de ces lieux à proximité de votre lieu de résidence. Il s'agit de Consultations Jeunes Consommateurs, qui accueillent gratuitement les parents, même si leur enfant n'est pas lui-même suivi. Certaines de ces CJC proposent également des consultations familiales, si à un moment donné votre fils est preneur d'un espace de dialogue.
Nous ajoutons également les articles de notre site internet consacré à la posture de l'entourage. Il vous est également possible de participer à nos forums. Echanger avec des personnes confrontées à des choses similaires pourraient vous être bénéfique.
Nous espérons avoir pu vous apporter des pistes d'aide concrète.
N'hésitez surtout pas à revenir vers notre équipe en cas de besoin. Notre ligne d'écoute est ouverte tous les jours entre 8h et 2h (par téléphone au 0 800 23 13 13, appel anonyme et gratuit).
Nous vous envoyons tous nos encouragements pour la suite.
Bien cordialement.


