Forums pour l'entourage

Fils de 25 ans qui prend beaucoup de cannabis.

Par Pepite

Bonjour,

Bientôt 10 ans que mon fils consomme du cannabis...en grande quantité.
Malgré toutes mes démarches stériles, ses comportements de délinquants, son errance et sa violence verbale persistent.
L'entourage a participé à cette dégringolade en voulant l'aider plutôt que d'écouter mes alertes.
Aujourd'hui mon fils cherche toujours à me culpabiliser, il n'a ni gratitude ni conscience de tout ce que je fais pour lui.
Il nous accuse son père et moi d'être pauvres. Il voudrait être riche, célèbre et aimé de tous.
J'ai tout essayé, perdu de l'argent et de l'énergie. Je l'ai aussi encouragé à faire ce qu'il aime.
Je suis en rémission d'1 cancer, je me fais aider par un psychiatre car j'ai une anxiété chronique.
Mon fils vient de quitter à nouveau son travail sans penser aux conséquences. Il est dans un FJT et l'assistante sociale m'a dit qu'elle prenait le relais.
Il vient de m'envoyer un sms pour des courses, pour lui laver son linge et lui donner 20€.
On a essayé de parler ensemble mais il devient vite odieux. Je lui ai répondu que sans gratitude, reconnaissance, je ne l'aiderai pas.
Il ne supporte pas non plus que je lui dise de se faire soigner.
Evidemment je me sens mal et je vis constamment dans la peur de le perdre.
Merci pour votre aide.
Pépite

84 réponses


Moderateur - 05/10/2021 à 10h53

Bonjour Pepite,

Ce message est déjà un peu ancien, dommage que vous n'ayez pas eu de réponse.

Vous avez tout à fait le droit de lui demander des comptes et de ne pas l'aider si vous n'avez affaire qu'à de l'ingratitude. Vous êtes minée par la peur de le perdre et certainement il joue de cela dans votre relation. En fait c'est peut-être même l'un des nœuds du problème tellement certains comportements et usages de drogues chez les jeunes s'articulent autour d'un attachement un peu perverti entre l'enfant et ses parents. J'espère que vous voyez la contradiction qu'il a entre vous honnir mais vous demander de l'aide dès la première difficulté, difficulté dans laquelle il se met lui-même.

Cependant aussi, pour se sortir de là, il faut surtout le traiter en personne responsable et autonome, même si c'est difficile pour lui. Je veux dire par là qu'il faut peut-être arrêter de lui dire "de se faire soigner" comme si c'était la solution à tout et insister plutôt sur la responsabilité qu'il a de lui-même, de sa santé, de son parcours. Vous ne pouvez pas être le "pompier" qui vient éteindre les incendies qu'il a allumés. Vous ne pouvez pas faire les choses à sa place ni vouloir à sa place qu'il change. Il faut qu'il fasse ce cheminement de lui-même. Il trouvera ses solutions, peut-être différentes des vôtres mais ce qui est sûr c'est qu'il faut qu'il sente que c'est lui qui doit décider et assumer, que c'est de lui avec lui-même dont il s'agit.

Donc j'ai presque envie de vous suggérer (en fait c'est ce que je fais) de vous déclarer "incompétente" pour l'aider, pour résoudre ses problèmes et de le lui faire comprendre. Mais si vous le faisiez insistez aussi sur le fait que c'est aussi un acte de confiance que vous lui faites : vous pouvez le faire parce que vous pensez qu'il a la capacité de faire de meilleurs choix pour lui. Ces choix lui appartiennent et vous vous mettez de côté par rapport à cela.

Par contre cela peut être extrêmement difficile pour vous puisque naturellement vous avez cette inquiétude pour lui. De ce côté là je vous recommande peut-être de confier vos angoisses à un ou une professionnelle, à vous créer un espace où vous pouvez parler et prendre du recul. Vous gagnerez à ne plus agir par réaction mais plutôt par réflexion et construction. Cela vous permettra aussi probablement d'être moins épuisée par la situation et de gagner en qualité de vie à votre niveau. Il est important de vous détacher un peu et de retrouver des moments de plaisir loin des problèmes de votre fils. Emmenez votre mari dans cette aventure aussi, il en a probablement besoin également.

J'espère que cela vous aidera un peu.

Cordialement,

le modérateur.

Profil supprimé - 05/10/2021 à 18h18

J'ai entendu aussi des réflexions type arrêtez de le materner, c'est un adulte.. . bref laissez le se prendre en main. ..
Sauf que depuis 16 ans que j'ai appris son état et que jai tout ou presque essayé, sauf le sevrage forcé , je suis épuisé et il se dégrade toujours plus ...
J'ai cessé toute aide sauf la facture du téléphone pour lui laisser une porte ouverte ...
Mais l'isolement de ces jeunes est un autre aspect négatif ..
Il ne m'appelait que pour avoir une aide financière. ..
Il n'arrive pas ou ne veut pas honorer les bons rdv ....
A 43 ans .. quel avenir pour lui et pour moi ???

Pepite - 06/10/2021 à 10h06

Bonjour,

Merci pour vos réponses qui comptent dans mon cheminement.
Moi aussi j'assume le forfait du téléphone. Je réglais l'assurance puis c'était lui. Sauf que depuis 3 mois il a quitté son boulot sur un coup de tête.

Je suis séparée de son père depuis ses 1 an. Lui-même a été consommateur, dealer et il avait des comportements relationnels inadaptés.
Il refusait de travailler, il mentait, manipulait, il était jaloux, avec des idées paranoïaques et il ne faisait rien à la maison.
Enceinte, il me maltraitait verbalement : "tu es grosse, tu es moche".
Lorsqu'il a été violent envers moi, je l'ai quitté. Ses parents validaient son comportement, sa mère arrosait ses plants destinés essentiellement à la revente.
Cependant ils m'aimaient et je me suis attachée à eux parce qu'ils étaient gentils avec moi. Ils palliaient aux défaillances sociales de leur fils âgé de 7 ans de plus que moi.

Lorsque je suis partie, à 25 ans, privée moi-même d'affection paternelle et voyant mon bébé demandeur de son père, j'ai accepté qu'il devienne un papa.
J'ai considéré que mes ex beaux-parents sécurisaient leur petit fils et je voulais que mon fils est l'affection d'un père qu'il était heureux de retrouver. Il le réclamait.

Je me sens donc responsable de ce qu'est mon fils aujourd'hui car sa représentation est celle de son père à qui j'ai donné carte blanche tout en étant vigilante.
Malgré mes valeurs transmises (amour, confiance, amitié, travail, respect, empathie, éducation bienveillante) , depuis l'adolescence tout est balayé par l'usage du cannabis.

Mon fils dit avoir souffert de son intégration au lycée et il explique que son appartenance au groupe passait par le joint.
Je reste dubitative car jusqu'au collège il avait des amis agréables qu'il a délaissés ensuite. Pourtant il pratiquait le tennis, il jouait du piano, il était sportif et il passait avec joie l'été dans un club de plage, face à mon commerce de restauration.
Désormais il me reproche de ne pas être riche pour exaucer ses vœux. Il a une représentation de la femme réduite à un objet que l'on obtient lorsqu'on a beaucoup d'argent. Il voudrait être rentier.
Il est dépendant des jeux à gratter en plus du tabac et du cannabis. A ma connaissance.

Selon moi, notre histoire s'est compliquée lorsque j'ai eu un autre garçon alors qu'il avait 14 ans puis lorsqu'il est rentré au lycée.
Jusque-là il faisait le minimum au collège mais je lui faisais confiance car les résultats étaient moyens. C'était un enfant calme, doux, poète, sensible. Il a pleuré chaque jour pour ne pas aller à l'école et cela jusqu'au CM1. Le psy disait qu'il voulait rester avec moi.
Je l'ai forcé pour certains apprentissages : natation, vélo et je voyais bien que la participation aux tâches ménagères était une corvée.

Ensuite les résultats au lycée étaient mauvais. J'aurais dû le sortir de là. Je n'ai jamais pris de décisions tranchées seule car je consultais les profs qui me disaient que c'etait l'adolescence et qu'un projet l'aiderait.
J'ai également sollicité un addictologue et des professionnels qui me disaient de lâcher prise.
Finalement, il a terminé le lycée dans un sport étude pour devenir prof de tennis mais il a échoué. Cela m'a coûté 16 ans d'épargne.
On ne le lui a pas reproché. Je voyais bien que là-bas aussi il transgressait les règles. Je me suis rendue compte qu'il n'assumait pas ses actes et qu'il n'avait ni honte ni remord lorsqu'il nuisait à autrui.

Ensuite il a voulu travailler. Il a enchaîné des boulots en restauration, il s'est mis à nous voler, à nous mentir, à conduire sans permis et à notre Insu, à casser notre cadre du vivre ensemble ainsi que notre voiture.
Mon mari qui est rentré dans notre vie depuis ses 5 ans est une perle de patience. Même lui ne le supporte plus.

Alors on lui a demandé d'aller chez son père avec qui j'avais peu de contact mais plutôt avec les grands parents. Son père a été le handicap comme à Pékin express.
Par exemple, il a vu pendant des mois une jeune femme dans les bois avec son fils de 8 ans qui attendait en jouant la gameboy dans la voiture. Il lui a demandé de mentir à la compagne habituelle. Son père (40 ans) a ri lorsque je l'ai appelé pour lui dire que son fils allait mal depuis des mois et qu'il devait organiser sa vie de façon à securiser son fils. Voyant sa réaction, j'ai appelé ma belle famille qui l'a finalement cadré.
Puis l'amante est venue chez moi pour me raconter des propos délirants.
J'ai ensuite reçue dans ma boite aux lettres une grande enveloppe qui était adressée à son père. Erreur de la poste suite à un changement d'adresse. Ce fût la seule. Elle contenait des lettres et des photos d'hommes suite à une annonce pour du triolisme qu'il pratiquait avec sa concubine.

Ensuite mon fils est parti rapidement de chez son père. Il a erré, il a épuisé son réseau d'amis en profitant de leur empathie qui aboutissait par une mise à la porte.
Il travaillait pour avoir le chômage et pour se droguer.
Il me fuyait, il fuyait mon cadre. Peu ou pas de nouvelles.
Jusqu'au lendemain de Noël où il m'appelle depuis Intermarché pour venir le sortir de là. 2ème fois à voler. Je paye 200 euros pour le libérer et pour empêcher une action judiciaire.Je suis heureuse de voir mon fils après tous ces mois sans nouvelles.
Mes propos sont positifs, je lui rappelle ses qualités et je lui apporte mon soutien dans ses projets. Il est chez sa grand-mère paternelle depuis 1 mois.
Lui il me ment sur tout, son regard est sombre. Je ne dis rien. Je soutiens l'avenir.
Il travaille un peu puis il part sur Bordeaux. Je lui paye sa caution et le 1er mois de loyer. Tout roule à peu près. Il sait que je l'aide à condition d'une formation ou d'un travail et/ou de soins. Je règle ses dettes.
Il trouve où ik cherche à chaque fois un bon poste. Je vois qu'il a des aptitudes relationnelles, qu'il est apprécié.
Puis tout s'arrête brutalement, comme d'habitude. Il perd son logement et grâce à facebook il atterit chez un pote à 25km de chez moi. Il lui dit que je suis morte. L'autre le prend en pitié, ayant lui aussi perdue sa mère d'1 cancer lorsqu'il avait 5 ans.
De loin, avec les réseaux sociaux, je suis son parcours. Je m'actualise. Je cherche à le croiser et je tombe sur lui qui marche dans la rue à grands pas vers le tabac presse. Une épave qui avance : cheveux longs, sale, portant des guenilles, il se parle. Non il exprime de la colère en fait car son porte-monnaie est vide. Il ne me voit pas. Je me gare et je l'interpelle.
Bonheur des retrouvailles, pourtant rien ne change.
2020 : il se retrouve à nouveau à la rue, on est début septembre. A sa demande, je viens de lui acheter une tente et un sac de couchage pour camper avec les amis. Mais je savais que c'était pour vivre dehors.
Je rentre dans son nouveau jeu. Il essaie de me soutirer de l'argent en me faisant culpabiliser. Cela ne marche pas. Je lui dis que je crois en lui, qu'il se reconnecte avec son potentiel et qu'il va y arriver. Je lui indique le FJT à droite et la mission locale à gauche. Je coupe les ponts. Il est odieux comme à chaque fois que je lui rappelle le cadre.
Il part chez sa grand-mère et il trouve un poste de veilleur de nuit.
Ensuite il me fait part de ses avancées, la grand-mère veut aussi qu'il travaille. Le père reste le même.
Je l'aide. Je lui ai offre l'abonnement du bus, je l'accompagne les dimanches, lui fais son linge et de temps en temps quelques courses. Il se plaint de ne pas avoir de copines ou qu'il manque d'argent. Le contexte sanitaire n'aidant pas pour les relations. Il commence à emmener sa pipe au travail. Je lui rappelle les sanctions professionnelles. A priori il cède.
Depuis il est parti sur un coup de tête. Une fois de plus. Il ne récupère pas ses papiers, comme d'habitude. Il a à mon sens trouvé une dernière victime pour profiter d'elle. Dernier copain d'enfance qui est en rémission d'1 cancer du poumon. J'ai de la peine, je le connais bien. Est-ce que je dois intervenir ? Je ne sais pas.
Depuis je ne l'aide plus. Il voit son père qui lui dit "je t'aime mon fils".
Qu'est ce qu'aimait un enfant ? Je crois qu'il cherche à garder son emprise sur lui. Pour mieux m'atteindre sans doute car je ne me suis pas soumise. Qu'est ce qu'il lui apporte ?

Cela me soulage de vous raconter tout cela. Je ne suis pas spécialiste mais selon moi son père est un pervers. Il y a une évolution, il travaille depuis 15 ans, il en a 57.
J'ai cru qu'avec l'amour et des valeurs mon fils avancerait dans la vie avec confiance. Je me suis trompée et j'ai laissé le loup dans la bergerie.
Il ne s'est jamais impliqué ni dans son éducation, ni financièrement ni lorsque mon fils errait.

JE ME SENS RESPONSABLE et c'est pour cela que je suis là pour lui.
Le comportement de mon fils est le résultat de ma croyance : je donne une chance aux autres. Je considère l'autre. Je n'avais pas non plus les codes liés à la paternité. Je misais tout sur l'affectivité et l'attachement.
Je ne veux pas juger définitivement quelqu'un. Je crois toujours en l'évolution de l'humain.

Je suis en thérapie, je sauve ma peau bien usée. J'ai compris que je devais avancer sur ma propre histoire.
Mon mari et moi avons surmonté cette épreuve parmi d'autres. Nous avons tout pour être heureux.
Notre fils rayonne dans notre famille et je savoure ces moments précieux.

Vous l'aurez remarqué je dis mon fils et pas notre fils lorsque je parle de mon aîné. Cela se mérite.

Je viens de faire mon (long) récit et je me sens mieux. Je vous remercie pour ce site formidable et pour toutes les réactions des uns et des autres.

Bien à vous,

Pépite

Moderateur - 06/10/2021 à 10h32

Bonjour Pépite,

Merci pour ce long récit qui, je dois le dire, est très touchant. Nous sommes vraiment désolés pour ce qui se passe pour votre fils. Je crois que vous avez fait ce que vous avez pu, n'ayez pas trop regrets de l'avoir confié aussi à son père dans la mesure où votre élan a été sincère. Vous n'êtes pas responsable de la perversion des autres.

Vous êtes en thérapie et c'est très bien. Prenez soin de vous, nous sommes de tout cœur avec vous.

Cordialement,

le modérateur.

Pepite - 08/10/2021 à 16h05

Merci pour votre travail formidable.

Pépite

Pepite - 22/10/2021 à 08h49

Bonjour,

Mon fils vient de m'envoyer un sms pour fêter l'anniversaire de son petit frère.
Il est toujours au sein du FJT et j'en suis rassurée.
Il est donc dans une nouvelle galère mais dans un cadre idéal : celui de l'accompagnement, du soutien et des obligations sans affectif.

Il semble "clair" au travers de ses écrits même si le manque d'argent reste sa préoccupation. En général son état normal dure 6 mois. Puis lorsqu'il gagne de l'argent, il consommme +++ et il devient imbuvable.
Là, c'est différent. Il affronte des tiers qui attendent des résultats. C'est cela ou la rue; ce dont il a peur.
Une consultation avec une psychologue se profile. J'espère que ça va marcher et qu'il arrivera à progresser en donnant du sens à sa vie.

Voilà les news. De mon côté je continue à l'encourager lorsqu'on échange mais je ne le vois pas. Je me suis proposée en back office avec le travailleur social pour palier temporairement aux besoins indispensables (assurance par exemple).
Néanmoins on est dans un beau pays : aide alimentaire, RSA sans oublier les soins.

Je vous souhaite un agréable week-end.

Prenez soin de vous, prenons soin des autres.

Pépite


Profil supprimé - 23/10/2021 à 14h48

Votre dernier message est très positif, Pepite, ça fait du bien de lire ça !! L'éloignement est une solution que j'envisage aussi si on n'arrive pas à arranger la situation. Pour l'instant ce n'est pas à l'ordre du jour, mais je ne rejette pas l'idée. Je crois vraiment que ça peut être bénéfique.
Vous avancez tous les deux, c'est super blunk

Pepite - 25/10/2021 à 11h11

Bonjour Miredo12,

Merci pour votre partage.

Je reste ferme sur mon cadre.
Je sais qu'il est en sécurité donc il doit avancer seul avec les moyens qui lui sont offerts. Il est capable de se réaliser.

Souvent je pense au film : va, vis et deviens. Cela m'aide dans ma représentation.

Ce n'est pas facile pour moi mais je travaille sur mes failles avec le psy et en partageant avec vous tous.
J'apprends beaucoup ici en vous lisant.

Parfois je souris lorsque je vous lis car je réfléchis à la souffrance qui fait finalement partie de la condition humaine. Nous sommes tous plus ou moins blessés au cours de notre existence. Alors comment faire ?
Par le biais de l'art sans doute parce qu'on a la possibilité d'être magicien. ou en donnant du sens ou de la beauté à nos projets.
Ceux qui prennent des substances toxiques seraient finalement des sorciers qui ingèrent des potions.

J'aime bien les contes, avec le kamishibai aussi. C'est une bonne piste de créativité cette métaphore magicien - sorcier.

C'est comme le mot cou rage. Pas très glamour finalement.

Vous l'aurez compris, les mots me font délirer.

Belle journée.

Pépite




Pepite - 14/01/2022 à 06h13

Bonjour,

Je viens actualiser la situation de mon fils qui va bientôt avoir 26 ans. 4 mois sans nouvelles. Cela m'a fait du bien.

Après des échanges brefs mais agréables pour Noël, je l'ai revu fin 2021 et ce début d'année.

Après 4 mois d'inactivité, il a repris un travail dans les services à la personne, ce qui est effarant. Aucune formation, rien, alors que le public des séniors est fragilisé.
Aucune évaluation du candidat sur son employabilité. Tout est à construire...

Il voit son père, il a lié de nouvelles amitiés. Pas de sport ni de loisirs ou d'intégration dans 1 association.
Il est toujours accompagné par le FJT qui s'est occupé du dossier RSA, entre autres. On est dans un beau pays car des minimas existent. Il est aidé.
Selon lui il voit un psychologue 1 fois par semaine.

Nous avons parlé calmement même si je reste dubitative sur nos échanges. C'est contre ma nature de me dire que ce qu'il raconte doit s'envoler et ne pas rester dans ma mémoire.
Mais j'y travaille.

Mon fils entend mais ne s'imprègne pas de ce qui lui ai proposé. J'hésite dans son fonctionnement entre une éponge qui absorbe et qui essore ou une paroi qui laisse tout glisser.
Peu importe finalement ces images car il ne progresse pas.

Il ne donne pas sens à ce qu'il fait. Le psy lui aurait dit qu'il était intelligent mais complètement perdu.

Aucun chemin ne lui convient sauf celui de la défonce. C'est ainsi. Aujourd'hui.

J'espère que mon message envoyé au travailleur social suscitera un intérêt pour une évaluation. Je pense que mon fils a des troubles dont un TDAH.
Pour m'informer en off, j'ai contacté le secrétariat d'1 centre qui m'a expliqué le parcours pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste.
Il doit être d'abord suivi par un professionnel avec une thérapie, avant de déterminer s'il y aurait un trouble.
Comme on dit chez moi, "on n'a pas le cul sorti des ronces".

Voilà, je ne suis plus dans l'urgence d'action. Je n'ai plus peur. Je me laisse porter par la vague.

J'ai l'impression que mon fils rame dans l'océan. Sauf qu'il ne sait pas pourquoi il le fait ni dans quel but.

Bien à vous,

Pépite

Profil supprimé - 14/01/2022 à 10h41

L'éloignement semble être indispensable quand je vous lis. C'est aussi ce que je ressens. C'est pas facile de l'admettre mais faut pas plonger avec eux.
En relisant le fil je vois qu'on paie tous le forfait de téléphone pour garder le lien. Bon, nous c'est le minimum 5 gigas 5 euros, même s'il a essayé de nous faire prendre + élevé en décembre, faut pas abuser quand même
Votre long message posté l'an dernier, j'ai l'impression de lire une partie de ce que je vis avec mon fils de presque 19 ans. Fuir le cadre, le manque d'argent, les mensonges, le foyer jeunes travailleurs ...
Je vois que vous continuez d'agir, de l'aider tout en restant en retrait, bravo à vous pour votre force blunk
Et merci pour vos messages sur ce forum happy

Pepite - 17/01/2022 à 08h44

Bonjour Miredo12,

Merci pour votre suivi. J'ai besoin d'échanger et nos similitudes nous rapprochent.

Je maintenais un forfait complet chez notre opérateur qui offre un coût réduit (15€/mois) pour que son tel lui permette de surfer sur internet.
Il n'avait pas d'autres supports type tablette car perdus ou vendus.
Mon fils aime se cultiver et la toile permet cela. J'ai donc privilégié ce système d'information.

Depuis, il aurait pris un autre abonnement, avec son père. Il ne l'a pas fait correctement puisque je n'en ai pas été avertie, j'ai donc payé quelques mois pour rien.
Il apprend à se comporter et cela passe par des mises en situations déconcertantes.

C'est aussi bien ainsi car j'avais accès à sa messagerie, une partie de son répertoire téléphonique. Je vivais avec le souci de le surveiller en me comportant comme un policier ou un pompier. Evidemment cela a permis de réparer (encore à sa place) et d'éviter l'expulsion du FJT puisqu'il ne leur répondait pas. J'ai également finalisé les papiers avec son employeur.

Depuis ce recul, je lui ai exprimé mon mal-être. Je lui ai dit que je souffrais de le voir nuire à sa santé.
Je lui ai dit que je prenais soin de moi et que les contextes angoissants, je les mettais à distance.
Je lui exprime mon ressenti qu'il comprend.
Je me libére de mes peurs et je le prends comme il est.

Il n'est plus en colère comme votre fils, crises que j'ai bien connues. En tout cas je n'en suis plus spectatrice.

Le psychologue semble lui faire du bien. Il m'a dit qu'il était conscient d'être odieux, épouvantable sous influence des produits.

Par ailleurs, hier soir j'ai suivi une conférence sur le TDAH avec des escrocs. Je leur ai dit et j'ai été expulsée du tchat. Je vais les signaler aux autorités.
La souffrance des familles est une mine d'or pour certains.
Je m'en tiendrais donc à mes connaissances obtenues grâce à B Cyrulnik et je m'en remets donc à notre HAS tout en m'actualisant.

Je reste convaincue Miredo que le milieu agit sur nous. Nos enfants souffrent dans leur prison.
Cela demande LEUR temps pour qu'ils en prennent conscience. Le développement de leur cerveau est parasité par ce qu'ils consomment, avec la maturité qui s'ajoute aux facteurs de vulnérabilité.

La solitude est la pire des maltraitances alors pour ma part, quoique fera mon fils, je resterai sur ma conduite bienveillante, avec mes possibles et je serai là en cas de besoin. C'est ce dernier point que je travaille. J'estime que mes interventions doivent avoir du sens pour moi. Certainement pas de la culpabilité ou une peur.

Hier soir encore, il a souhaité me voir. Je change et lui aussi je trouve. Il a compris que je ne voulais plus l'affronter et que ses choix étaient les siens. Je travaille sur mes peurs Miredo.

Bien à vous,

Pépite

Profil supprimé - 18/01/2022 à 07h19

Je sais bien qu'ils souffrent et nous parents on se retrouve à essayer de les aider tout en préservant autant que faire se peut le reste de la famille, et notre propre santé mentale et physique.
C'est bien que vous puissiez renouer doucement, j'espère que ce sera pareil pour nous un jour, mais va me falloir du temps. Je lutte contre un sentiment de rejet pour l'instant. Vous n'avez jamais eu envie de le laisser tomber, depuis tout ce temps ?

Pepite - 18/01/2022 à 13h12

Bonjour Miredo12,

Je suis passée par toutes les phases même celles de le détester. Mais je l'aime lui, pas ses comportements qui sont modifiables.

Je ne lâche rien dans ce que j'entreprends ou je vais au bout des choses puis je prends un autre chemin.

Je sais que chacun d'entre nous fonctionne avec une part d'inconscience et que nos réponses ne sont pas forcément adaptées au contexte rencontré.

Je m'intéresse à ce qu'il y a dans le cœur de chacun, pas la façade avec tous ces artifices qui sont plus ou moins des leurres.

Il n'y a pas de "il faut", "je dois". Il n'y a que des prisons dont on sort plus ou moins.

Notre environnement nous modifie et nous changeons toute notre vie.

Pendant ce temps je prends soin de moi.

Pépite

Pepite - 02/02/2022 à 13h06

Bonjour Miredo12,

Comment s'est passé votre rendez-vous au foyer ?

Où en êtes-vous ?

Pépite

Profil supprimé - 02/02/2022 à 15h55

Bonjour Pepite, merci de prendre des nouvelles, je vais répondre sur la discussion que j'ai initiée, pour plus de clarté happy et vous ? Comment allez vous ?

Profil supprimé - 04/02/2022 à 09h53

Bonjour,
je reviens sur le site ... mon fils a été expulsé de son logement et est heureusement à l'abri chez un "pote", qui, lui travaille... combien de temps ??
Comme Pépite, je lui préserve son abonnement téléphonique, seul moyen de contact, lorsqu'il en provoque ...
L'isolement est bien un des problèmes des toxicos .. isolement au milieu d'autres toxicos ... il n'y a que dans ce monde qu'ils se comprennent et s'acceptent .
Comme je l'ai déjà dit, et comme vous, j'ai relâché le lien pour ne pas m'épuiser à sa "poursuite" ...
Il a autour de lui plusieurs moyens à sa disposition pour redresser la barre, et j'ai été un de ceux-là pendant 16 ans ...
Maintenant il est vrai que l'attaque physique et mentale de ces maudits produits que les pouvoirs publics, c'est mon avis, laissent un peu trop se vendre et s'échanger, atteint la capacité de réaction, ajouté à cela la paresse qu'entraîne ces produits, l'oisiveté "confortable" qui empêche de faire des efforts pour se reprendre et travailler ....
Seules les aides comptent, et tous leurs efforts semblent se porter sur cet aspect .. mais les aides et l'assistance ne peuvent jamais suffire, sauf à survivre dans des conditions très malsaines ... seule la reprise d'une vie plus "normale" peut les tirer de là ...
Lorsque j'arrive à lui parler il est toujours OK pour un traitement, un accompagnement, une cure .. mais ne va pas aux RdV ... indispensables étapes !!! et pourtant je pense qu'il est encore en capacité de se reprendre moyennant quelques gros efforts ...
C'est triste et désolant, frustrant de vivre des instants pareils .. j'ai envie de le prendre par la peau du cou, il a 44 ans ... et le déposer de "force" dans un centre spécialisé pour le récupérer ... car je sens que je le perds et je m'attends à tout ...
La drogue en général va, en plus de tout le reste, crises économique et sanitaire, ravager les populations avec son lot de relâchement, de désocialisation, d'accidents de la vie, de criminalité, ... et nous amener à un véritable désastre social ... mais que font les politiques de tous bords qui nous gouvernent ? c'est affligeant .
Depuis quelques années je vis à quelques 600 kms de distance, dans le sud, et bien sûr il voudrait descendre .. l'oisiveté au soleil est plus confortable ...
Comment vivre sa petite vie de retraité confortable en sachant que son fils est quasiment à la rue dans tous les sens du terme ? et ce n'est certes pas en le prenant à la maison que ça va s'arranger ...
Désolé pour ce portrait pas très positif, mais c'est pourtant la réalité .
Je vous souhaite bon courage dans vos démarches et péripéties .

Pepite - 04/02/2022 à 12h08

Bonjour Olipan,

Merci profondément pour votre réaction.

Je partage ce que vous écrivez au sujet de notre culture qui a choisi la prévention...

Eux se comprennent entre eux et nous entre nous.
Notre nous entre nous n'étant pas non plus le monde d'autres personnes non concernées.

Il y a des mondes dans le monde.

Alors comment se rejoindre ?

Y a t'il un no man's land pour partager des bons moments ? Pour donner du sens à cette relation ?

Un modérateur ici m'a expliquée la perversité du lien. Je lui ai donc dit à mon fils que j'attendais un attachement aimant et bienveillant.

On va marcher ? Tu ne veux pas et bien tant pis.
L'idée étant que derrière il n'y aura pas de billet...
Etre ensemble pour le plaisir : impossible. Et bien c'est ainsi.
On déjeune ensemble ? Ok. On partage un déjeuner joyeux.

Je suis capable d'anticiper ses attentes sordides. Toujours les mêmes. Sauf que je ne suis pas obligée d'y répondre.
Tout est négociation mais comme avec les enfants plus petits, il faut se tenir à son cadre ce qui n'est pas facile.

Lorsqu'il m'appelle pour se victimiser, je coupe court. Il a voulu que je fasse son linge, j'ai dit non. Il a tout ce qu'il faut au foyer. Il pue, tant pis. Je ne m'occupe plus de lui mais de moi.

Cela ne m'empêche pas de lui faire une attention mais c'est moi qui décide.

En espérant vous éclairer.

Prenez soin de vous, c'est le principal.

Pépite

Profil supprimé - 05/02/2022 à 11h25

Merci Pépite,
Il est vrai que seuls les personnes touchées par ce genre de problème social et affectif peuvent comprendre ... vivre "avec", voilà la route ... douloureuse, mais salvatrice, non sans blessures ...
J'ai toujours l'espoir d'une réaction positive, qui sera très difficile à gérer pour lui, mais qui reste dans le domaine du possible .
Les silences sont "reposants" mais interrogent toujours ...
Les appels au secours sont perturbants, mais permettent un contact, un échange, voué à l'échec la plupart du temps, mais qui doit lui faire du bien quelque part malgré le refus ... de se laisser embarquer .
Les deux sont un poison ... à boire, comment faire autrement, avec beaucoup de modération .
Bonne journée à vous tous, parents concernés par cette brutalité de la société moderne, consentante aux dérives dévastatrices qui se voient un peu plus tous les jours, jusqu'à quand ?

Profil supprimé - 06/02/2022 à 17h30

"Cela ne m'empêche pas de lui faire une attention mais c'est moi qui décide"

Avec mon fils, J'ai peur de tomber dans des échanges purement intéressés de son côté. Peur qu'il me manipule. Peur qu'il soit sympa en ce moment car il attend des choses purement matérielles en retour. Je crois que je ne pourrais pas le supporter. Et en même temps il est gentil là, alors mon instinct maternel a repris le dessus et j'ai eu envie de lui apporter un peu de confort au foyer, en lui donnant une couette, du linge de maison, etc... Et j'en suis à me demander si j'ai bien fait et s'il ne va pas profiter de mon amour. Les rapports entre nous ne sont plus du tout naturels et je me demande s'ils le seront à nouveau un jour.

Pepite - 07/02/2022 à 09h27

Bonjour,

Je comprends votre peur liée à la manipulation. J'y suis confrontée aussi avec ma mère qui est paranoïaque. Je refuse de développer ce trouble.
Alors je m'actualise et je réponds en écoutant mon ressenti puis je mets une distance si besoin.
Je regarde ce qui est de mon ressort et je mets des limites lorsque la culpabilité pointe son nez ou que les émotions apparaissent.
Quoiqu'il se passe je reste sincère en essayant d'être bienveillante.

Là il vient de m'appeler ce qui m'a surprise puisqu'il est dans un moment où il a de l'argent. C'est donc venu du cœur. Je prends !
Il a trouvé un autre job suite à note conversation houleuse de 15 jours. Pour la 1ere fois mes arguments ont été soutenus par son père et par le travailleur social qui avait suffisamment de recul pour se positionner.
Je suis certaine que cela a eu un impact positif sur son mental.

La conversation était agréable. J'ai commandé une eau de toilette pour mes 2 fils.
Je suis heureuse de leur faire ce cadeau.
Maintenant il doit apprendre à gérer son fric, ce qu'il n'arrivait toujours pas à faite jusqu'au mois dernier.

Son patron est gentil et il conduit le véhicule de l'entreprise. Il sait qu'il est face au code de la route qui contredit l'usage de stupéfiants.
Il semble apprécier son nouveau poste.

Selon moi tout est dans l'art de la négociation. La manipulation en est une composante. Cependant elle demande une écoute attentive, les considérations de l'interlocuteur et la sienne ainsi qu'une une parole impeccable.

Tout cela je le travaille au quotidien même s'il m'arrive de "dégoupiller". Alors "je me fous la paix" à la F Midal. Un retour vers soi salutaire.

Belle journée à toutes et à tous,

Pépite

Pepite - 14/02/2022 à 18h19

Bonsoir,

1/2 journée avec mes 2 garçons tout en répondant de temps en temps sur yoyo émotionnel.

On a dégusté un "beau bar" puis on a visionné "tous en scène". On a passé un bon moment entre rires et commentaires.

Je viens de le ramener. Il a quitté son dernier job.
Ici c'est si facile de m'exprimer. Avec lui tout glisse, il est en mode imperméable.

Nos discussions sont toujours creuses de mon point de vue.

Je vous avoue que mon ventre a doublé de volume. Je m'aperçois que je fais de l'apnée en sa présence.
Je me sens mal.

La méditation m'attend ainsi que mes 2 autres hommes avec leurs sourires.
Que c'est doux et réconfortant de vivre simplement.

Belle soirée,

Pépite

Maximus - 15/02/2022 à 13h49

Bonjour Pépite,

Je découvre votre post sur ce fil.
J’y lis beaucoup de joie avec un beau moment partagé en famille et de la complicité.
Je lis que votre fils a quitté son job, comme le mien. Peut-être que cela ne lui convenait plus ? Cela peut sans doute lui ouvrir de nouvelles opportunités , dans un domaine où l’on embauche facilement. Il a réussi à décrocher des jobs et à s’acclimater dans un foyer…pas rien …
Je comprends ce malaise dont vous parlez quand la communication semble impossible , quand les niveaux de langage et de conscience sont tellement éloignés entre eux et nous.
Je ressens souvent cela aussi en sa présence et ça me mine , me raidit, me bloque…et finit par impacter mon corps. Je peux ressentir cela y compris en son absence. A tout moment de la journée, des pensées vont m’envahir et mon corps se crisper (souvent au niveau du ventre).

Dans ces moments, j’essaie de me focaliser sur la douleur pour la reconnaître et la démasquer. Et remonter dans le mental pour voir les pensées associées , les patterns automatiques, les ruminations.
Je n’y parviens pas toujours mais je m’exerce. La méditation m’aide beaucoup et j’ai des lectures inspirantes. Je suis très réceptif au langage d’Eckart Tollé . Je vous conseille notamment un passage sur le corps de souffrance :

https://www.youtube.com/watch?v=rgpXl2lVQII&t=183s

Plus récemment, j’ai découvert Colette Portelance qui parle du lâcher prise et de l’acceptation.

Continuons à prendre soin de nous Pépite !
Je vous transmets de bonnes vibrations pour cette journée

Pepite - 16/02/2022 à 15h37

Bonjour MAXIMUS,

Quel plaisir de vous lire.

Je vous remercie pour ce lien et cette auteure qui suscitent ma curiosité.

Comme vous je médite et je prends soin de moi.

Mon fils a besoin de grandir comme nous tous mais il nourrit une certaine nostalgie de son enfance.
Il n'est pas renfermé, bien au contraire, il va facilement vers les autres.
Je le trouve changé, plus soigné et désireux de bien faire quelque chose, ce qui est une nouveauté. Là il vient, à sa propre initiative, de réparer le vélo. Un exploit même si ses nerfs ont été mis à dure épreuve.

Selon lui, les séances avec le psy l'ont aidé.

Le fait qu'il soit chez lui est une véritable bouffée d'oxygène, pour lui, pour moi, pour nous.

Au plaisir de vous lire,

Belle fin d'après-midi,

Pépite



Profil supprimé - 16/02/2022 à 19h55

Je ressens comme vous deux, Pepite et Maximus, de grosses difficultés à communiquer avec mon fils. Peur de dire ce qu'il ne faut pas, de le braquer, et qu'il s'éloigne à nouveau, que je le perde complètement de vue. Et de mon côté des difficultés encore à l'entendre parler de sa vie au foyer.. il nous faut du temps.

Maximus - 16/02/2022 à 23h20

Bonsoir Pépite

Il y a sur Paris des entreprises de réparation de vélos à domicile. La personne se déplace chez vous avec ses outils et répare votre vélo. Peut être une idée pour votre fils sil y a des besoins dans votre région.
Votre fils a franchi un pas énorme en vivant désormais seul et surtout en l'assumant. C'est clair que chacun va mieux respirer, puis mieux se supporter puis prendre du plaisir à se voir .
Je comprends votre soulagement , surtout en voyant les progrès récents de votre fils , le fait qu'il consulte et prenne soin de lui .


Pour mon fils, il y a l'opportunité de partir s'installer au Cameroun. Cet éloignement pourrait permettre de nouveaux équilibres. Lui pour s'exfiltrer d'un environnement hyper toxique à Paris . Sa mère pour reprendre son rôle qu'elle n'était pas en mesure d'assumer à certaines périodes de sa vie . Moi , pour sortir de la dépendance avec mon fils , me sentir libre et capable de réinvestir une vie d'adulte.
Mais je ne veux pas trop me projeter à ce stade , je reste prudent et je ne veux pas m'emballer . Je connais trop bien les affres du yo-yo émotionnel .

Alors restons dans l'instant qui est joyeux et rempli d'espoir , que je vous communique volontiers.



Pepite - 17/02/2022 à 08h34

Bonjour Maximus, Miredo12,

Merci pour le tuyau des vélos. On a lavé ma voiture voici 1 mois et il réfléchissait aussi à proposer ses services de nettoyage à domicile. Je vais lui lancer l'idée (jne de plus). Il existe une asso d'insertion qui pourrait le former.

Pour le moment il n'a pas intégré qu'il avait la possibilité de donner sens à sa vie. Une perte de temps qui me désole mais c'est ainsi. Il mûrit à son rythme et surtout avec un frein qui est le cannabis.

Je l'ai relancé pour pratiquer un sport ou un loisir en lui rappelant ses années de tennis, d'endurance et de développement corporel réussi. Je laisse mijoter.

Hier soir avec mon mari qui est une perle mais avec des valeurs inébranlables (que j'affronte en discutant) nous avons eu un vrai échange sur le yoyo émotionnel.
Il a été houleux, douloureux puis tempéré grâce au petit qui lui aussi s'est exprimé avec du coeur et non avec l'égo.

Mon mari nous protège, préserve sans doute (peurs) mais il reste figé sur le passé et il n'a pas confiance en mon fils, ce que je comprends.
Alors cela génère des tensions que tout le monde perçoit, ce qui ne favorise pas des relations sereines ni des bons moments sur l'instant présent.
En effet, je lui ai raconté notre belle journée et lui il y a répondu avec des pensées négatives.
Je l'ai invité à réfléchir sur notre posture.
A quel moment devons nous être en alerte ?
L'angoisse montre notre capacité d'anticipation qui fait partie de notre condition humaine.
Pour autant c'est elle que nous devons identifier et apprendre à gérer grâce aux émotions ressenties. Mon mari c'est surtout le dégoût. Moi c'est la peur.

Je lui au dit que la meilleure solution restait la prise de recul, la distance lorsque le contexte mettait les voyants au orange, voire au rouge. Mais lorsqu'ils n'y sont pas, il n'y a aucune raison de répondre à l'angoisse. On la remercie plutôt et on lui dit que là elle n'est pas d'actualité.

Je ne suis donc plus dans cet état d'esprit de subir. Certes la vigilance s'impose avec le cadre et des limites que je travaille avec mon psy.
Cependant je suis persuadée de ce que je lis avec B Cyrulnik. Le milieu sculpte le cerveau et il agit sur nous. Les preuves sont irréfutables.
Nous avons notre part à faire comme le raconte la part du colibri.
Nous avons le choix de faire une carrière de victime, de trouver un bouc émissaire à nos problemes ou d'éprouver ce que nous vivons.
Pour cela les blessures, les traumas, les chocs, les obstacles, les difficultés et autres peuvent être surmontées. On a tous la possibilité d'accéder à la résilience.

J'aime bien la fable suivante de B Cyrulnik (à peu près).

Elle raconte qu'un homme se ballade dans une rue parmi des casseurs de cailloux.

Il s'arrête devant un homme qui casse des cailloux en souffrant et il lui demande ce qu'il fait. L'homme lui répond :

" Je casse des cailloux, je suis fatiguée j'ai mal au dos, je trouve ce travail stupide".

L'homme continue son chemin et il s'arrête devant un 2ème homme qui casse aussi des cailloux mais avec entrain. Il lui demande ce qu'il fait. L'homme lui répond :

" Je casse des cailloux, je n'aime pas ce métier mais je nourris ma famille, j'ai une vie plutôt agreable".

Enfin l'homme reprend sa marche et il s'arrête devant un homme qui casse des cailloux avec un large sourire.
L'homme lui demande ce qu'il fait. Il lui répond :

"Je construits une cathédrale".

Cette fable raconte que la manière dont on éprouve les événements donne du sens à ce que nous faisons.

Je trouve que c'est une jolie philosophie de vie.

Merci pour le partage.

Prenons soin de nous,

Pépite

Pepite - 28/02/2022 à 07h56

Bonjour à vous,

Mon fils s'est exprimé. C'était vendredi soir, 10 jours. Nous étions dans la voiture, il en n'est pas descendu alors qu'il devait se rendre au cinéma.
Il a fait le film de ces 10 années, clairement, calmement et avec un certain désespoir.
Je l'ai écouté attentivement, juste écouté. Je n'ai pas tout retenu mais j'ai entendu l'essentiel : sa prise de conscience sur le retentissement de sa dépendance au cannabis.

Il a évoqué la honte qui a dicté ses comportements, le piège de la fumette festive, le désir maladroit d'être aimé, à ses 16 ans, en intégrant un groupe délétère mais qui donne un sentiment d'appartenance autour du joint.

Il a reconnu que mes jugements autour de ses copains étaient fondées. Des copains que je connaissais depuis la maternelle et qui ont connu les malheurs de l'existence.
Les 2 principaux, issues de milieux opposés, dealaient. Même chez moi. Le 1er avait perdu sa mère d'1 cancer à 13 ans, avec un père en grande difficulté sociale. Le 2nd avait un père consommateur d'alcool et de cannabis dans un milieu riche.

J'avais essayé de communiqué avec ce petit monde mais mon "isolation" renforçait les malheurs.

Il veut s'en sortir. Voilà, c'est son leitmotiv. Il prend soin de son apparence, il s'est redressé. Son visage est plus clair, son débit de paroles est fluide. Il ne bégaie plus.
Reste le chemin pour donner sens à sa vie.

Ma prise de recul, mon lâcher prise, l'environnement du FJT, les séances avec son psychologue, le soutien de son père, l'épuisement de son réseau et autres ont certainement favorisé ce nouvel état d'esprit.

26 ans dans 1 mois. Il termine aussi sa croissance...

Maintenant je me retrouve face à mon mari qui me met des entraves. Il refuse de le voir parce qu'il le dégoûte.
Il n'a pas de liens d'attachement avec lui, il est méfiant, défiant.

Cette confiance demande son temps de sa part, de la mienne aussi. Cependant étant en rémission d'1 cancer, le temps a pris une autre dimension pour moi. Il doit être mis à profit. Le perdre pour des histoires d'égo me dépassent.

Notre différent entre mon mari et moi est que j'aime mon fils d'un amour inconditionnel. Pas lui.
Je ne donne aucune importance aux vols que mon fils a fait. Pour moi c'est du matériel, je ne m'attache pas aux choses.
Je pardonne, c'est important pour moi.
Mon mari est blessé et je le comprends. Pour autant, on doit avancer et entourer mon fils. Le rejeter n'a pas de sens.

Nous en avons encore parlé hier soir. Nous avons eu des désaccords, je lui ai proposé une consultation familiale avec un professionnel. Il n'en veut pas.
Après réflexion, un argumentaire musclé, connaissant ses valeurs et son parcours, je lui ai demandé de développer de la compassion. Il a accepté.

Un autre chemin est à construire. Rien n'est simple. Mais aimons nous la facilité ?

Je vois bien tout ce que j'ai mis en place pour avancer personnellement depuis toujours.

Je viens aussi vous témoigner ma gratitude, vous amis de ce forum, vous Modérateur, qui me permetraient de progresser et de faire le récit de mon histoire.

Grâce à vous toutes et tous, je grandis.

Je vous souhaite une belle journée,

Pépite

Maximus - 28/02/2022 à 19h58

Bonsoir Pépite

Je suis heureux de vous lire et de suivre votre parcours . Que d'évolutions au fil de ces derniers mois ! Et cette sage distance que vous avez dans vos propos . Je vous félicite . Vous avez grandi et vous faites ce qu'il faut et avec justesse pour votre fils . Je comprends que vous lui pardonnez. Seule vous pouvez le faire . J'ai toujours défendu mon fils parce qu'au fond, j'ai toujours compris sa fragilité, depuis l'enfance déjà . Son manque d'organisation, de projection, sa difficulté à s'intégrer aux normes , sa sensibilité extrême.
La découverte des drogues très tôt pour s anesthésier et toutes les galères qui vont avec .
La maturité tant attendue qui ne vient pas, l'impression qu'il n'avance pas (alors que si mais pas comme nous ) .
Bref , de très fortes ressemblances avec un trouble de l'attention. Je ne pose pas de diagnostic mais c'est un feeling de papa depuis quelque temps . Ça me permet aussi de mieux comprendre certains comportements.
Et j'ai lu que vous pensiez à cela aussi pour votre fils. Lui en avez vous parlé ? Comment le sujet a t'il été abordé de votre côté (s'il l'a été) ?
J'attends une période propice pour évoquer le sujet avec lui. Pour le moment, il n'est pas dans ces dispositions et puis il y a aussi le possible départ pour le Cameroun.
Votre histoire et votre parcours me font réaliser des choses et je vous remercie de les partager aussi authentiquement .
Je vous souhaite une excellente soirée

Pepite - 02/03/2022 à 07h56

Bonjour Maximus,

Bonjour Miredo et Ilopan, comment vous sentez vous ?

Mon fils s'est bien exprimé voici bientot 15 j mais les faits ne suivent pas. Il devrait se lancer dans la politique.
Je plaisante un peu ça fait retomber la pression car le chemin sera chaotique. Les prémices l'annoncent ainsi. Néanmoins je tiens à rester positive.

Concernant nos conversations, je lui ai parlé de l'hyperactivité et des troubles de l'attention par le biais de B Cyrulnik et d'exemples concrets. Les moyens détournés permettent de mettre à distance l'émotion.

Je me souviens que B Cyrulnik raconte un voyage avec des jeunes diagnostiqués "bipolaires". Ils sont partis naviguer sur un voilier encadrés par plusieurs professionnels.
A leur retour, la moitié n'était plus "malade"...
Peut-être que vous trouverez les détails ou précisions sur la toile

Mon fils a besoin d'expérimenter le monde. Pourtant il reste attaché à ce petit garçon qu'il était.

Hier il est venu, on a déjeuné au soleil sur la terrasse. Il joue (trop) sur son tel à Pokémon.
J'ai amorcé une conversation sur son plan d'actions suite à sa décision de sevrage, il est parti par faute de réponses mais il est resté au portail.
Il avait besoin d'un objet entre lui et moi.
Nous avons donc parlé tranquillement. Je lui ai donné des indications pour avancer.
J'ai l'impression qu'il cherche encore à profiter de ma générosité ou de celles des autres. Mon mari le perçoit comme profiteur.
Mais ne le sommes-nous pas tous un peu ?

Il me semble plutôt paumé.
P Palmade a écrit la pièce de théâtre "Paprika" qui raconte l'histoire d'une femme mère aux mœurs festifs. Elle dit dans un moment sérieux "on est tous paumés". Je trouve ce passage juste et sincère.
Pour autant on fait des choix et on apprend de ses erreurs, de ses échecs et de ses défaites pour grandir.

Il est donc passif, là à mes côtés, incapables de prendre sa vie en main. Je ne supporte pas cet état qui m'angoisse.
Qu'est-ce qui raisonne en moi ? La peur qu'il retourne dans sa conso qu'il a diminué selon lui.
Ma réponse a cela : et bien ce sera sans moi. Je maintiens mon cadre.
Je lui ai donc donné un équipement pour jardiner avec moi. Il a désherbé, mis des copeaux autour des jonquilles et des tulipes. Il a eu du mal à se concentrer mais ça allait.

Avec son frère nous avons lu les frères Grimm dont le conte "les 4 frères habiles" qui racontent qu'ils partent chacun de leur côté apprendre une activité pendant 2 ans avant de se retrouver et de retourner chez leur père.
Qu'est ce qu'il en ressort ? Qu'ils ont pris confiance en eux en donnant sens à ce qu'ils faisaient.
Qu'ils ont accepté l'apprentissage pour maîtriser leur savoir-faire.

Jusqu'à présent il a travaillé pour quoi ? Par obligation, pour ses besoins, pour ne pas obéir ?

Je termine ce fil et je comprends que mon mari a raison, que la confiance se mérite.
Mon fils a besoin d'expérimenter, de se sevrer avec un plan d'actions.
Dans ce chemin semé d'embûches je pense à moi et à mes vacances émotionnelles.

Belle journée,

Pépite

Pepite - 31/03/2022 à 12h27

Bonjour,

31 mars et j'ai relu les posts de mon fil. Le Modérateur est une perle.

Ce matin je suis allée au FJT pour porter du linge à mon fils. En réalité, je voulais provoquer une entrevue avec le travailleur social qui ne me répond pas depuis des semaines.

Bilan :
Négatif : mon fils n'a jamais vu de psychologue alors qu'il a raconté des séances. Sa dette de loyers est de 3000€ (mal géré par l'asso) et il est sur le point d'être expulsé parce qu'il ne travaille pas.
Il s'invente des postes dans des entreprises qu'il alimente au café du coin grâce aux récits des professionnels qui s'y arrêtent.
Il a bradé le dernier vélo récupéré et retapé.
Il a toujours son état d'état d'esprit de victime ou de bouc émissaire alimenté par des propos type paranoïaques.
Le travailleur social n'a plus confiance en lui à cause de ses mensonges.

Positif :
Il a un bon relationnel, il se montre volontaire dans les activités collectives, il prend davantage soin de son apparence et il semble plus clair.
Il a une imagination débordante. Il marche toujours autant.

Collégial :
Nous nous sommes accordées qu'en ce moment il ne bégaie pas et que sa pensée est linéaire. Même s'il est agréable, on perçoit dans son attitude que quelque chose se passe. C'est l'absence de spontanéité.
L'histoire raconte qu'il est Mister Hyde. C'est à dire qu'il (me, nous) manipule pour un malheureux 20€ ou pour gagner du temps ou pour profiter. Il peut être violent verbalement dès qu'on le ramène à la réalité.

Me concernant, étant à son écoute, il m'a donné plusieurs signes d'alertes. Avant il a su me faire le chant des sirènes et j'y ai cru un instant. En effet je garde toujours dans mon coeur l'option d'un changement. Puis j'ai vu les sirènes alors je suis retournée au port pour m'ancrer.

Voilà, j'ai donné environ 240 minutes pour éprouver tout cela. Tristesse un peu, colère aussi, déception un chouïa (l'habitude ?) et résignation beaucoup.
Je me mets donc officiellement en vacances émotionnelles. Autrefois j'aurai pleuré comme une madeleine avec une boule dans la gorge pendant des heures, des jours et plus. Telle une tragédie ou un drame.

Là je pars planter mon muguet et ensuite récupérer mon petit pour un bain de tendresse. J'ai tant de ressources à ma disposition.

Cela m'a fait du bien d'écrire. Libérée délivrée, je pars la chanter.

Belle après-midi.

Pépite

Profil supprimé - 05/04/2022 à 04h39

Je suis à la fois attristée de lire tout ça et admirative de voir que vous avez réussi à ne pas vous effondrer et à prendre du recul. J'espère que le foyer le gardera...

"Il a toujours son état d'état d'esprit de victime ou de bouc émissaire alimenté par des propos type paranoïaques."

Le mien est pareil. Toujours la victime, jamais responsable de rien, c'est toujours la faute des autres. Je me dis que c'est même pas la drogue qui veut ça, je finis par croire que ça fait partie de sa personnalité...

Moderateur - 05/04/2022 à 09h02

Bonjour Pépite,

Vous donnez beaucoup aux autres ici, il est temps de vous donner un peu. Nous sommes désolés de lire ce décalage entre ce qu'il vous dit et ce qu'il fait. Vous avez toute notre solidarité et notre soutien.

Vous avez de la ressource et une profondeur de réflexion qui vous aident et vous alertent. Dans d'autres circonstances vous auriez été débordée mais plus maintenant. Par contre je pense que cela n'empêche pas que vous soyez, quelque part, dévastée et encore une fois déçue (même si vous avez l'habitude). Vous vous mettez en "vacances émotionnelles" et cette expression m'inquiète un peu. Je comprends que cela soit votre besoin immédiat mais attention on ne peut pas faire sans ses émotions non plus. Ne vous coupez pas de celles-ci même si je ne crois pas que cela soit tout à fait votre genre non plus. Permettez-vous d'hurler votre rage et votre déception quelque part si elles sont trop fortes. Pas sur votre fils cependant. Cela ne servirait pas à grand-chose.

S'agissant de votre fils il a des ressources, c'est évident. Il sait poursuivre ses objectifs et répondre aux attentes des autres, leur dire ce qu'ils veulent entendre (cela montre qu'il a une écoute). Cela fait illusion un moment mais cela marche dans un premier temps. Ce refus de la réalité est certainement alimenté par sa consommation de cannabis mais probablement pas uniquement. Il doit y avoir quelque chose d'insupportable pour lui à regarder ou peut-être s'agit-il là d'un trait de personnalité. Accepter sa responsabilité lui est malheureusement insupportable alors il compense en investissant l'imaginaire.

En attendant vous notez des évolutions. Même si elles ne sont pas tout à fait toutes positives c'est son chemin et il y a du mouvement. Laissons-le de côté pour l'instant. Vous avez déjà fait énormément pour lui et il a la chance que vous ne soyez pas indifférente à son sort.

Je ne sais pas comment vous allez pouvoir négocier la suite mais, Pépite, vous êtes une belle personne. L'autre personne qui a fait du chemin c'est vous, avec beaucoup de générosité pour les autres. Aussi reposez-vous, prenez le temps qu'il faut pour vous et avec votre autre fils et votre conjoint.

N'oubliez pas que si vous avez besoin de parler vous pouvez le faire au téléphone avec l'un nos écoutants. Mais bon, je sais que vous n'avez pas oublié happy

De tout cœur avec vous,

le modérateur.

Pepite - 07/04/2022 à 14h13

Bonjour Pépite,

Bonjour Modérateur,

"Vous donnez...Vous avez toute notre solidarité et notre soutien."

- Votre soutien à tous est précieux pour moi parce que j'ai besoin de partager et de comprendre. Je vous suis reconnaissante à vous et à tous d'être là pour moi.

"Vous avez de la ressource...vous soyez, quelque part, dévastée...Vous vous mettez en "vacances émotionnelles" et cette expression m'inquiète un peu. Je comprends que cela soit votre besoin immédiat...même si je ne crois pas que cela soit tout à fait votre genre non plus. Permettez-vous d'hurler votre rage et votre déception quelque part si elles sont trop fortes. Pas sur votre fils cependant. Cela ne servirait pas à grand-chose."

- Quelques larmes coulent sans plus. Je ne suis plus dévastée ni marquée par des émotions fortes.
J'accepte ce qui est.
Les vacances émotionnelles signifient une mise à distance avec mon fils pour cesser d'être en alerte.

- Je me suis trompée Modérateur. Longtemps j'ai cru que je devais le délivrer de sa dépendance comme s'il était possédé, perdu, incapable de décider pour sa vie à cause de ses addictions. Je me suis comportée comme un sauveur.
Grâce à ce que j'apprends ici, depuis des mois, j'ai "assimilé" ma (im)posture.
Mon fils aime les effets du cannabis et c'est une réalité que je niais.

"S'agissant de votre fils il a des ressources, c'est évident... Accepter sa responsabilité lui est malheureusement insupportable alors il compense en investissant l'imaginaire."

- Je ne suis plus inquiète pour lui car quelque part il fait ce qu'il aime alors je ne souhaite plus l'affronter.

"En attendant vous notez des évolutions...vous ne soyez pas indifférente à son sort."

- Actuellement je le suis. Ce n'est pas ma nature mais l'acceptation diminue l'anxiété.

"Je ne sais pas comment vous allez pouvoir négocier la suite mais, Pépite, vous êtes une belle personne. L'autre personne qui a fait du chemin c'est vous, avec beaucoup de générosité pour les autres. Aussi reposez-vous, prenez le temps qu'il faut pour vous et avec votre autre fils et votre conjoint."

- Le concernant, je fais une pause mentale.
- Vous avez toute ma gratitude pour votre sollicitude et votre empathie qui me touchent énormément. Ce sont elles qui me tirent les larmes.

"N'oubliez pas que si vous avez besoin de parler vous pouvez le faire au téléphone avec l'un nos écoutants. Mais bon, je sais que vous n'avez pas oublié happy

De tout cœur avec vous,

le modérateur."

- Grâce à lui, grâce à vous, grâce aux intervenants ici j'apprends à devenir une meilleure personne.

- Bien à vous,

Pépite

Profil supprimé - 12/04/2022 à 08h05

Bonjour à vous tous, témoins d'une vie que beaucoup ne peuvent comprendre.
Tous vos témoignages et expériences me vont très bien, je me sens moins seul, car la tendance est au rejet "laisse tomber,tu n'y arriveras pas, il est cuit, c'est un profiteur, c'est un fainéant, ..." ; bref ce n'est pas LEUR fils et c'est déjà une partie de la réponse .
Le plus dur pour nous, est de vivre avec, sans perdre pied, tout en prenant ses distances avec des problèmes qui nous dépassent, car nous avons la chance d'avoir une force de caractère qui nous a empêché de basculer dans une sorte de facilité, d'évasion suicidaire ...
Et cet enfant qui nous échappe, qui garde un lien "profiteur" et désespéré, nous voulons absolument le récupérer, pour lui, et pour nos .
Mais sa propre volonté, qui lui fait défaut, met une barrière "infranchissable" entre nous, 2 mondes complètement différents; c'est ben connu que ces jeunes toxicos s'isolent, et je peux le comprendre, car nous ne les comprenons pas; entre eux ils se comprennent et donc restent entre eux ... nous laissant de côté...
Mon fils ne donne plus de nouvelles, et pourtant sa grand-mère qui est décédée, laisse sa maison dont il est nu-propriétaire .
Et je suis usufruitier successif .. et je ne souhaite pas exploiter ce bien distant .
J'ai proposé de la vendre, et avec l'accord de mes 2 fils, dont mon fils malade, ce qui veut dire qu'il va hériter d'une part de la vente .. et bien même là, il ne réagit pas, plus ...
Je vais le relancer car c'est inquiétant .. qu'il ne s'intéresse pas à une manne financière ... manne qui m'inquiète car je ne doute pas un instant ce qu'il va en faire .... et je n'ai trouvé aucune solution, sauf une tutelle qu'il a toujours refusée, pour "gérer" cette manne à son profit, utilement et parcimonieusement ... si quelqu'un a une solution ...
Je continue ainsi à gérer mon lâcher prise ... en redoutant chaque jour une mauvaise nouvelle .. car il a déjà essayé à plusieurs reprises .
Ainsi va la vie, avec ses travers mondiaux, bien plus graves encore ... des guerres en Europe, avec des spectateurs par millions, qui regardent "sans "pouvoir" pour rien faire"
Bonne semaine et courage à vous, gardons l'espoir .

Profil supprimé - 28/04/2022 à 20h02

Comment allez vous, Pepite ? Il y a un petit moment que je ne vous ai pas lue

Pepite - 29/04/2022 à 08h52

Bonjour Miredo,

Je vais plutôt bien même si des douleurs me taquinent. Je me soigne.

Je vous ai répondu sur votre post, l'essentiel. Je pense régulièrement à vous. Je vais répondre à Ilopan.

Bonjour Ilopan,

Je ne suis plus dans le même état d'esprit. J'ai mis une distance affective avec mon fils. Je me sens délivrée. Cela s'est fait par étapes et dans le temps grâce à plusieurs démarches :
Le psy, le forum, les lectures, la compréhension, les masterclass...et surtout le "je prends soin de moi".

Concernant vos biens, prenez conseil auprès de votre Notaire. De par mes connaissances, je vous encourage à securiser cet argent qui ne profitera pas à votre fils ni à aux valeurs que vous portez et que je vous invite à identifier. Mais plutôt à sa perte prématurée et à la Mafia.

Vous évoquez "la force de caractère". Je ne sais pas ce que cela signifie. En tout cas me concernant c'est plutôt mon empathie, mon hypertout qui me pousse à me comporter comme un puit sans fond...
Pour moi et je soupçonne que cela soit identique pour vous, l'argent n'a pas d'importance.

Si au fond de vous c'est la cas Ilopan, lisez "je pense trop".

Je vous envoie toute ma sympathie pour votre gentillesse Ilopan.

Prenez soin de vous,

Pépite

Pepite - 10/05/2022 à 16h23

Bonjour,

@Cher Modérateur,

Concernant la configuration du forum, je vous propose de mettre en premier la dernière page du post ainsi que les flèches des pages suivantes en haut et en bas.

Ensuite, je pense souvent à vous, à vos recommandations humanistes. Merci. Grâce à vous je grandis et je continue à me questionner.

@Vous tous chers lecteurs et lectrices,

Hier fut une journée éprouvante. Depuis les larmes me montent et parfois elles coulent. Je me sens las et sidérée face à l'attitude de mon fils qui trouve des réponses dans la pulsion et l'impulsion. Aucune anticipation, il improvise. Certes il développe ce type de compétence qui servirait au théâtre ou au cinéma mais je suis morte 3 fois et on vient récemment d'enterrer sa grand-mère que j'ai eue au téléphone...
Il a une qualité, c'est celle d'être non violent physiquement. Moralement, c'est l'extrême.

Hier donc j'ai failli rejouer la posture de Drama Queen qui demande des spectateurs. Il n'y en avait pas alors je me suis retrouvée face à la salutaire solitude pour ressentir ce qu'il se passait dans mon coeur. Je me sens fatiguée par ce film insensé qui revient depuis 7 ans. Les mêmes acteurs avec d'autres figurants et des décors différents.
Sujet : Entretenir ses addictions sans morale
Scénario : travail puis abandon avec mensonge, manipulation et errance.

2 fois je suis venue ici commencer un début de récit des événements récents. Je demandais même du réconfort. Pourtant je n'ai pas validé, rien ne m'allait parce que je savais que la vérité était ailleurs.

J'ai même appelé la ligne d'écoute qui semble saturée.

Pour résumer, mon fils de 26 ans est dans la rue depuis 3 semaines. Il est poly consommateur de tabac, cannabis (autre ?). Il joue aux paris sportifs et il passe sont temps devant l'écran de son téléphone. Il est capable de jouer incessamment à Pokémon. A mon sens l'écran comble l'absence des autres par défaut.

Le FJT m'a appelé pour récupérer ses affaires. Seule j'ai affronté l'état de saleté du studio, le tri des 41 poches de courses éparpillées, des papiers, du linge et la mise en carton de tout ce qu'il restait.
Le travailleur social a compati et m'a dit que nous avions fait de notre mieux. Qu'il avait besoin de soins.

Mon fils n'a pas de remords, il reste fidèle à ses pensées de victime et il transgresse les règles.
Tous ces actes sont justifiés par ce monde pourri qui ne lui donne aucune chance.

Le tableau est posé. Qu'est ce que j'en fais ?

Depuis hier je fais des lessives. Je viens de récupérer ses vêtements enterrés dans la forêt, mélangés aux gâteaux secs eux-mêmes mélangés aux fourmis. J'en ris, c'est nerveux.

Il a pris une douche, déjeuné puis il est parti prétextant l'horaire du bus alors que je comptais l'employer à plier et ranger son linge.

Depuis hier, nous avons parlé. Je l'ai écouté longuement et son état d'esprit ne change pas. Il cherche juste des solutions immédiates en attendant son futur emploi de plongeur.

Il dormirait dans sa tente près du FJT.

Dans 1 mois il travaillerait nourri et logé dans un resto au Cap Ferret.
C'est pour cela que je maintiens l'hygiène. Pour moi c'est important.

Je repense à la phrase du Modérateur : "ce que vous allez pouvoir négocier pour la suite".

Rien, il est hermétique. Il se fout de tout. La chanson "antisocial" me vient.

Je peux juste oeuvrer en fonction de mes valeurs et de mes convictions.

Merci pour cet espace d'écritures.

Pépite







Moderateur - 10/05/2022 à 16h36

Bonsoir Pépite,

Merci pour vos mots si gentils.

Ce soir pas de conseils mais je m'associe à votre peine, votre déception.

J'espère que vous arriverez à joindre notre ligne d'écoute pour parler.

Quelques questions, avant "tout ça" votre fils avait-il des centres d'intérêt ? Des choses qui le passionnaient ? Aime-t-il la voile ?

Courage.

Le modérateur.

Pepite - 11/05/2022 à 08h31

Bonjour,

Merci cher Modérateur pour votre diligence et votre soutien qui me réchauffe.

Je pleure encore pour évacuer le stress du contexte.

Pour vous répondre, petit, il détestait la voile. Peut-être qu'une expérience aujourd'hui serait différente. Ma lignée était marin.

Il aime la musique, c'est une passion commune.

Il a appris le solfège et il a pratiqué le piano qu'il a délaissé.

Il adorait le tennis mais il a renoncé. Il aimait aussi le handball mais il se trouve maigre pour le reprendre. Car il se compare à l'élite et de ce fait il abandonne.

Il a cumulé des défaites, des déceptions. Il est bloqué depuis l'adolescence.

Cet après-midi il m'a parlé de sa jalousie et de ses envies depuis le lycée. Son ami avait plus de copines que lui. Selon lui il n'a pas été récompensé de ses efforts alors que ses copains avaient tout facilement.

Son récit est simple : il n'a rien parce qu'on n'a rien pour que sa vie soit facile.
Beaucoup auraient tout grâce à leurs parents, sans aucun effort. Lui il n'a pas de chance, voilà tout. Il n'entend pas que même riche je n'abonderai pas dans son sens. Il nie ses addictions.

Sa naissance a été difficile. Sa tête était comme une poire et à l'époque les ostheos et autres n'existaient pas. Peut-être qu'il y a eu quelques dommages.
Avec les addictions, le milieu et d'autres facteurs, je pense que la zone de l'immédiateté répond en priorité.
Il est dans la pulsion. La réflexion est compliquée. Pourtant il est capable d'analyser correctement. Est-ce sincère ou la fable du corbeau et du renard ? Je ne suis pas dupe.
Selon moi, ine se développe pas et il reste immature.

Pour l'histoire familiale, grosso modo, son père et son grands père maternel manquent d'empathie. Ils avaient des comportements addictifs tout comme le grand-père paternel qui en plus jouait aux courses. A son décès, sa grand mère a découvert les dettes et les mensonges. Les 3 manquent cruellement d'attitudes responsables et ils manipulent. Pour eux les autres ne comptent pas. Aucune attention, rien.
J'ai l'impression que mon fils est la quintessence des travers de chacun.

Ce midi, nous étions face au bassin, dans une cabane de pêcheur partagée que j'entretiens. Le panorama de rêve. Il voulait boire une bière qui ne m'appartenait pas mais j'ai refusé. C'est une alerte, avec lui est comme ça. Il m'annonce ses intentions et rien ne peut m'en détourner.
Je l'ai fait participé aux travaux de jardinage et j'ai constaté que la moindre petite consigne le stressait.
Lui même refuse le poste de serveur proposé par son futur employeur qui selon lui provoquerait des colères ingérables.

Le prochain emploi sera lui aussi chaotique. Je n'emploie même plus le conditionnel.

Il a besoin que d'une seule chose : une prise en charge dans un CSAPA.

En attendant il suit son chemin. Je n'y peux rien.

Je viens d'avoir une dame en ligne chez vous mais on a été coupé.

Je rappellerai à un autre moment ou demain sans doute.

Encore merci d'être là pour moi.

Pépite

Profil supprimé - 11/05/2022 à 19h08

Je suis sincèrement navrée pour vous Pepite. On a beau essayer de lâcher prise, prendre du recul, comment faire quand il s'agit de nos enfants et qu'on est incapable de s'éloigner. Ce sentiment d'impuissance on le connait tous ici. Les larmes qu'on ne peut pas arrêter... je suis sûre que vous avez fait pour le mieux Pepite, depuis sa naissance, même s'il vous dit l'inverse, n'en doutez pas. Il cherche un responsable qui ne soit pas lui. Je pense fort à vous.

Pepite - 12/05/2022 à 09h28

Bonjour Miredo,

Merci pour votre soutien et votre sollicitude.

Notre fil amical compte pour moi.

J'ai appelé le 0800 et j'ai échangé avec une dame pendant 1 heure. Cela m'a fait du bien.

Comme le dit avec justesse Maximus, c'est le yoyo émotionnel. Un de plus. Je n'en veux plus donc à moi d'y apporter la réponse la plus bénéfique pour mon bien être.

Mon premier ressenti est qu'il me tarde qu'il parte loin de moi. Là, il arrive pour se doucher. Je n'ai pas envie de le voir.

Je planifie donc une autre approche.
On va déjeuner.
Je vais l'écouter.
On va boire un café et se poser 5 minutes.
En fonction de ses prédispositions, il participera à son linge.

Sinon, chacun retournera à ses priorités. La mienne étant de prendre soin de moi.

Belle journée

Pépite

Profil supprimé - 12/05/2022 à 20h14

C'est vraiment regrettable qu'il n'ai pas pu garder sa chambre au foyer. A 25 ans il ne perçoit pas le rsa ? La chambre au fjt de mon fils lui coûte 100€ (apl déduite), comment se fait-il que le vôtre soit arrivé à une dette telle qu'il a été expulsé ? Il fume et joue tout son argent je suppose, mais le foyer n'a rien tenté pour l'aider à gérer ?

Votre mari prend comment, le fait qu'il soit si souvent chez vous ?

Pepite - 13/05/2022 à 08h35

Bonjour Miredo,.

Vos questions sont pertinentes. L'association qui gère le FJT a manqué de cadre, de sérieux et le contexte a favorisé cette situation. Je n'ai pas été écouté, une fois de plus. Je prépare un mail au Directeur.

Je garde en tête que mon fils a au moins un TDAH ce qui expliquerait en grande partie ses comportements dont l'impulsivité et l'incapacité de gérer quoi que ce soit. Pour cela une évaluation sensibiliserait tous les acteurs, à commencer par lui-même.

La dette de loyer : dès l'entrée dans son studio, il n'a pas honoré ses paiements alors qu'il travaillait et qu'il avait l'argent. Lorsque j'en parlais, mon fils me mentait en disant qu'il payait et le travailleur social me rassurait en disant que tout allait bien.
430€/mois, tout compris.

Ensuite, lorsque j'ai demandé la prise en charge psy, tout le monde a gagné du temps. Cette stratégie me révolte et s'applique partout. On gagne du temps qu'on n'a pas puisque notre société économique monnaie le temps.
Un peu comme avec la guerre en Syrie qu'on a laissé faire, la Crimée, l'invasion de l'Ukraine en 2014 pour arriver à la guerre actuelle qui était programmée.
Aujourd'hui on gagne du temps plutôt que de regarder ce qu'il se passe, d'affronter les épreuves en essayant de trouver des solutions aux problèmes qu'on créé.
Pareil avec le réchauffement climatique...
J'avais besoin d'exprimer ceci et je peux comprendre que ça vous déroute.
J'ai envoyé un mail sans obtenir de réponses pour le suivi psy, mon fils aussi me mentait en inventant des séances. Leur manque de suivi, de moyens sans doute a favorisé cette situation.

Par ailleurs, il perçoit le RSA depuis la fin de l'année car le travailleur social a géré. Mais le contrat qu'il a signé au FJT comporte la clause de travail pour bénéficier d'un logement et mon fils n'y arrive pas. 2 jours et il abandonne. Je pense qu'il est paniqué ou que ses capacités d'apprentissage se dégradent.

Selon moi le CSAPA et un centre type structure coopérative où il pourrait reprendre confiance en lui petit a petit semblent être la meilleure option.
Il a besoin d'être entouré car il a intégré le FJT peu avant la crise sanitaire et cette période a favorisé le relâchement général et l'absence d'interactions sociales.

Hier cela s'est bien passé entre nous. Il était disponible mentalement. Des messages sont passés. Je lui ai encore donné 40€ pour ces 3 prochains jours pour qu'il mange. C'est mon intention. La sienne lui appartient. Il dort dans la forêt. Je maintiens l'hygiène. Je ne le verrai pas du week-end et je l'ai orienté vers sa grand-mère ou autres connaissances.
Je lui ai demandé comment il faisait pour fumer. Il prend les mégots qu'il ramasse par terre. Il a eu honte de me le dire mais j'ai tenu à ce qu'il en parle. Je ne le juge pas. Je l'ai encouragé à appeler le 0800 23 13 13. Je verrai...

A ce jour je ne sais pas si un TDAH explique en grande partie les usages. Je me demande s'il n'y a pas non plus comme dit le Modérateur, un trait de personnalité. En tout cas mon fils va loin jusqu'à l'errance et le milieu y participe.

Je n'ai pas de certitudes et même si parfois je me détourne de lui, je ne peux pas lutter contre mon âme. C'est avec elle que je négocie.
Générosité, partage, altruisme, empathie font partie de moi. J'essaie de tout considérer dont le je prends soin de moi et mes proches. Ça chauffe dans ma tête. Heureusement que la méditation me pose (pause).

Voilà Miredo, merci pour votre réponse qui m'aide. Pour tout vous dire, parfois je me demande si le métaphysiques n'est pas la dernière option. Je m'en remets donc à l'univers.

Comment cela se passe t'il pour vous ?

Pépite

Moderateur - 13/05/2022 à 09h42

Bonjour Pépite,

Je reviens sur mes questions de l'autre jour et vos messages qui ont suivis. Merci aussi à Miredo12 pour son soutien et ses questions.

Donc, en vous lisant l'autre jour j'ai essayé de comprendre ce qui pourrait "aider" votre fils. Une porte d'entrée pour le raccrocher à quelque chose est de réinvestir ce qu'il a aimé. Même s'il a tout abandonné aujourd'hui, ses anciennes passions sont une piste à suivre. Aller voir un bon concert, assister à un bon match de tennis ou peut-être de handball. Bref essayer de l'intéresser à quelque chose qui le sorte, même provisoirement, de sa spirale. Si vous en avez l'occasion faites des propositions. Les activités en commun que vous lui proposez c'est déjà très bien (jardinage, boire un café, etc.). Les moments de calme comme vous avez eu hier c'est sans prix, pour lui aussi.

Roland-Garros commence bientôt, sera-t-il intéressé pour regarder des matchs avec vous (si vous en avez envie) ? Si c'est possible et s'il arrive à se détendre cela créera pour lui de bons moments et pour vous j'espère un peu de complicité. Cela peut paraître pas grand-chose mais les personnes qui ont eu de longues périodes d'addiction et qui s'en sortent se souviennent avec reconnaissance de ces moments-là. Cela les raccroche à une autre réalité que leurs consommations et leur quotidien, cela peut donner envie de faire autre chose.

Mais je comprends bien aussi qu'il y a un fond difficile, entre les comportements manipulateurs de toutes ses figures paternelles familiales (son père et ses grand-pères) et leurs addictions. C'est ce qui m'a lancé sur la piste éducative, celle qui consiste à essayer de lui trouver un cadre et surtout un "mentor". Une autre figure paternelle. Quelqu'un auprès duquel il ne puisse pas "mentir" sans inconfort, qui ait une aura et des valeurs qu'il respecte et qui ne le rejette pas à la première incartade mais l'éduque. Cela ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval mais cela se construit autour de projets. Il y a la piste de l'apprentissage et des travaux manuels (construire quelque chose et apprendre en même temps). Peut-être est-ce celle qu'il a déjà suivi ? Et je comprends aussi qu'il ne tient pas 2 jours en place et a beaucoup de mal avec les instructions. Cela sera donc difficile au début mais justement c'est là que le relationnel avec la personne "mentor" peut faire toute la différence. Est-ce qu'il y a des travaux manuels qu'il aime bien ? Ou des activités manuelles qui sont susceptibles de l'intéresser ?

Je vous posais la question de la voile parce que j'ai pensé à ces associations qui proposent à des jeunes un peu perdus de rénover un bateau ou d'embarquer sur un voilier pour y apprendre à naviguer. Une fois embarqué, avec des éducateurs et des personnes qui ont de la "bouteille" comme on dit, il faut participer aux activités de groupe et l'activité de voile rend obligatoire de se discipliner. Cela peut être une expérience fructueuse. Mais il faut être sevré avant d'embarquer. Plus précisément m'est venue à l'esprit l'association des amis de jeudi-dimanche (à titre d'exemple, il doit y en avoir d'autres) : https://www.belespoir.com/

Enfin, au-delà du CSAPA, si votre fils souhaitait passer à autre chose, il y a les communautés thérapeutiques et les centres de postcure avec des activités sportives ou manuelles. Là aussi c'est un temps pour se "reconstruire". Les CSAPA savent faire le relais vers ces structures si besoin.

J'ai conscience que l'on parle-là de choses à moyen ou long terme, si votre fils consentait à vouloir "faire quelque chose" (quoi que ce soit qui aille dans la bonne direction). Dans l'immédiat les pauses et les activités que vous pouvez partager avec lui sont des graines que vous plantez pour lui.

Pépite, merci de votre confiance et pour tout ce que vous faites. Vous vous sentez impuissante mais ne doutez pas que votre fils a beaucoup de chance de vous avoir.

Bien cordialement,

le modérateur.

Pepite - 16/05/2022 à 08h41

Bonjour,

J'ai été touchée par votre message Modérateur.
Je suis profondément admirative par l'humanisme de ses (vos) structures.

Je partage ce que vous proposez en terme d'activités et je le mets en pratique depuis des années.
Cependant, il finit par abandonner lorsqu'il doit de l'argent ou qu'il ment ou qu'il manipule. La dernière était dans une salle de sport.

J'avais même organisé un voyage à Roland Garros avec mon frère et mon neveu avec qui ils partagent l'amour du tennis.
Mon frère est gendarme et il m'a dit qu'il n'y avait pas de solutions venant de l'extérieur...

Plusieurs hommes ont tendu des mains. Mon fils finit par fuir même si au début il accepte le deal mais son besoin de consommer prend le dessus.
Il en tire finalement comme leçon que ses efforts ne payent pas puisqu'il ne s'enrichit pas. Il ne mesure pas du tout ses dépenses dans ses usages...

Platon dit qu'il faut 50 ans pour faire un homme.
Pourquoi pas mais les intentions de mon fils ne me poussent pas à envisager ce temps. Temps, une donnée qui est devenue précieuse à mes yeux.

Je vous avoue que j'ai le sentiment de vivre une crise de couple avec mon fils et que je suis la seule à oeuvrer pour éviter la rupture. Mais n'est elle pas nécessaire ?

Je ne sais pas qui il est vraiment. Sans doute que je reste sur le souvenir de l'enfant que j'aimais.

J'interviens parce qu'il est aux portes de la manche. Je les ai observés ceux qui tendent la main et je les écoute. Des zombies parmi nous.
Ma mère a "porté" mon père pour éviter cela et elle consacre sa vie à cet homme qui ne le mérite pas. Je ne veux pas d'un sort identique.

Comment puis je maintenir cette relation avec ses trahisons répétées ?
Comment puis je accepter cette maltraitance pour lui et pour moi avec les conséquences sur mon entourage ?

"Avec l'amour maternel, la vie nous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances". Telle est la déclaration sublime et déchirante que Romain Gary fait à sa mère dans son livre d'inspiration autobiographique La Promesse de l'aube.

La lecture me questionne . Je me demande sincèrement si ma personnalité ne favorise pas aussi son comportement.
Je ne cherche pas être rassurée, juste à comprendre.
Je sais que l'emprise que je ressens avec lui ou avec ma mère m'insupporte. Je me sens vampirisée en leur présence. L'un et l'autre qui vont mal s'accrochent à moi comme une tique.

Lorsque je relis ce que je viens d'écrire je me demande si je ne suis pas sur le point d'imploser.

Il vient d'arriver. Mine fatiguée. Je l'accueille avec mon air triste et certainement en colère. Il sait que je ne suis pas disposée à valider ses demandes du week-end.
Je l'ai laissé avec ses cafés pas payés au bistrot. Je ne suis pas venue le chercher à la gare alors qu'il venait de faire un AR à Bordeaux pour charger son tel. Je n'ai pas donné d'argent.
J'ai fait du mieux que je pouvais. Il veut toujours plus.

J'avais besoin d'écrire tout cela.

Pépite

Profil supprimé - 19/05/2022 à 17h47

Bonjour pépite,
Avant de vivre le départ violent de mon fils je vous aurais sûrement dit que la rupture était la solution pour vous protéger. Aujourd'hui et après avoir tout fait pour maintenir le lien avec lui, je sais à quel point c'est difficile à envisager, et encore plus à mettre en œuvre.
J'espère que vous allez pour le mieux (je n'ose pas écrire "bien"blunk.

Pepite - 20/05/2022 à 07h02

Bonjour Miredo,

Le chemin de la rupture que vous proposez semble être la seule option.
Je vous remercie pour votre soutien qui me fait du bien moralement.

Je pense que je "refuse" d'accepter que mon fils est PN (pervers narcissique). Pourtant l'évidence se dévoile à mes yeux jour après jour.
Depuis qu'il est au monde j'oeuvre pour qu'il soit différent de son père. J'ai donné (trop) d'énergie et beaucoup d'amour pour un résultat plus que catastrophique.

10 ans gachés. Un cancer. Que de moments perdus parce qu'il ne se développe pas et que je me bats contre un moulin à vent. Un peu l'histoire du tonneau percé.

Mon analyse m'orientait vers (au moins) le TDAH et les troubles liés aux dépendances, que finalement j'espérais, ou le PN.

Selon mon psy je suis HPI et mon hypersensibilité, mon empathie favorisent ce type de personnalité qui est celle de son père.
Je l'ai fui, sous les coups, et par la suite je lui ai donné notre enfant qui le réclamait.
Je travaillais énormément, j'étais seule.
C'était avec mon coeur de petite fille qui manquait de papa. Je n'ai pas voulu priver mon fils, le sachant entouré par les grands parents et CROYANT que mon éducation, mon amour suffiraient.

Je répète mon récit mais le Modérateur m'a déjà répondu sur ce point. Grâce à vous tous, mon mari, mon entourage, mon psy, j'avance.

Mon fils sait que le vent tourne pour lui depuis quelques mois. Il a compris que mon mari savait et que notre relation était sur le point de rompre définitivement.
Il prépare un mauvais coup, je le sens.
A ce jour mon plan d'actions repose sur le maintien des besoins jusqu'au 10 juin , départ pour son "futur" job. On essaie de passer de bons moments.
Pas sûre que je tienne jusque là.

Ce temps me demande une vigilance extrême comme contrôler les codes, le sac à main, les objets vendables (il n'en reste plus beaucoup).
Il est capable de tout. De mon côté j'ai des dates, des relâchements.

Comment cela se passe t'il pour vous ? Vos filles ?
Si vous voulez me raconter sur votre post.

Bien à vous,

Pépite








Pepite - 27/05/2022 à 07h28

Bonjour,

La fin du mois approche. Déjà. Mon fils a de la chance. Il en a toujours eu pendant ses galères. Je lui souhaite qu'elle reste avec lui.

Le soleil domine le ciel et favorise une vie sous une tente, au cœur des bois.
Cependant il s'interroge sur la rentrée. Une première : l'anticipation.

J'ai réglé le solde de la caution d'action logements sinon c'était cuit pour lui. Ce qui est juste impossible pour l'avenir. Je vais faire de même avec l'assurance. Toujours pour limiter la casse.
J'ai la chance d'avoir suffisamment d'argent pour maintenir le minimum sans me mettre en difficultés.
Il a 1200€ d'amendes et environ 4000€ de loyers impayés qu'il devra assumer.

Cet aspect comptable fait partie de mes compétences professionnelles et compte pour moi.

A part ça les tensions que je ne supporte plus et qui étaient inévitables ont été traitées. La plus importante étant avec mon mari qui ressent du dégoût pour lui.
Cette énergie m'a mise KO alors qu'il suffit juste d'être bienveillant, soutenant et cadrant. Les peurs sont légitimes et liées à l'histoire.
En espérant que mon fils respecte le cadre et ne vole plus.

J'ai trouvé de la ressource avec mes amis avec qui mon fils s'est exprimé sans être jugé. Mon fils partage mon existence. Il voit mes activités, mes relations et il a passé des bons moments.

J'applique les conseils du modérateur : Roland Garros, piscine, tête à tête. Néanmoins il est seul.
Il refuse le CSAPA et autres mais on n'en parle plus.

Il semble plus clair et surtout disponible mentalement.

Moi, je pleure de temps en temps comme pour évacuer ce stress lié aux efforts que je fournis. Je suis entravée et coupée entre ma famille et mon fils. J'essaie de penser à tout au niveau organisationnel et d'optimiser.

Heureusement mon jardin est là tout comme les livres, la musique et le chant.

Merci pour cet espace d'écriture.

Bien à vous,

Pépite

Profil supprimé - 01/06/2022 à 03h48

Je vous lis toujours Pepite, je passe tous les jours ou presque, même si je ne participe pas à chaque fois.

J'ai souri quand vous parliez de chance : mon fils aussi en a toujours eu beaucoup, il le sait d'ailleurs, il est né sous une bonne étoile !

Pour la rentrée n'y a t'il pas possibilité pour le vôtre de trouver un nouveau foyer ? Moins cher, juste une piaule. Parce qu'effectivement, en hiver, la tente ça va être compliqué...

Nous connaissons aussi des tensions dans le couple. L'impression qu'on n'avance pas au même rythme, sûrement parce que monsieur a toujours été très rancunier et continue d'en vouloir à "mon" fils. ("Il vient ton fils ce week-end ?" C'est le nôtre hein...). Sûrement des difficultés déjà existantes mais exacerbées par ce que nous vivons. Un peu l'impression d'avancer seule, d'être la seule des deux à faire vivre notre conversation Messenger familiale, la seule à inviter à manger, la seule à proposer d'offrir un ciné aux 3 pour qu'ils passent un moment ensemble, la seule à dire "si vous êtes sérieux et si vous avez un projet qui tient la route, on peut vous prêter un peu d'argent" (j'ai dit "on", j'aurais pas dû, il m'en a carrément voulu), la seule à courir partout quand il a été hospitalisé, la seule, la seule, la seule. Voilà, c'est votre fil de discussion et je raconte ma vie ! Sûrement parce que toutes nos histoires se ressemblent.

Je garde à l'esprit que ce que je fais, je ne le regretterai jamais, que nos enfants, on ne les aime jamais trop.

Votre fils Pépite, sa plus grande chance, c'est de vous avoir comme maman. C'est énorme tout ce que vous faites pour lui et c'est peut-être ce qui le maintient un peu à la surface. Je pense à vous.

Pepite - 01/06/2022 à 11h59

Bonjour Miredo,

Comme c'est doux de vous lire. Les larmes sont là. Je vous remercie pour votre sollicitude.

Nos échanges nous relient et nous procurent un espace libérateur. Il n'y a pas de fil perso, sentez vous libre de vous exprimer ici. L'important étant de le faire comme on le sent sur le moment.

Comme vous mes pensées vous accompagnent et je viens régulièrement lire le forum.

On partage "cette expérimentation" et je vous rejoins sur l'organisation, le stress et cette solitude qui n'a pas de sens. Quoiqu'il en soit Miredo je suis avec vous. Je vous soutiens.

La place de l'homme ou du MAL(E) semble peser dans ce qu'il se passe.
On en parle avec mon fils et mon psy.
Je ne lâche rien avec mon mari qui a un niveau d'exigences qu'il s'inflige d'abord à lui-même.
J'apprends aussi à exprimer tout cela.

Cependant je ne cesserai JAMAIS de chercher l'apaisement quitte à affronter le conflit.
Nous sommes des humains avec nos vulnérabilités et nos forces.

Croyez Miredo que vous comme moi sommes des ambassadrices de l'amour.

Merci d'être là.

Je vous embrasse,

Pépite

Profil supprimé - 02/06/2022 à 20h07

Vu comme c'est compliqué avec mon mari, qui est son père, j'imagine comme ça peut l'être lorsqu'il est le beau-père... Vous devez être tiraillée entre les deux. J'ai déjà pensé à plusieurs reprises que c'était déjà suffisamment compliqué avec notre fils, pour que j'affronte en + son père...

Pepite - 03/06/2022 à 08h47

Bonjour Miredo,

Quelque part je me dis que mon mari me (nous) protège. Il constitue un cadre de protection auquel mon fils perçoit une limite.

Nous en discutons tous en essayant d'être bienveillants et de comprendre les réactions des uns et des autres. On évolue.

Mon père est en phase terminale Miredo. Mon fils et moi sommes allés le voir hier. J'ai pleuré comme si je pleurais devant quelqu'un qui porte le visage de la mort. Je n'ai pas de liens d'attachement avec lui. En faite je ne le connais pas.

J'ai perçu un changement chez mon fils suite à la vision de l'état délabré de son grand-père. Un petit pas de plus vers une prise de conscience ? Je verrai.

Le cancer généralisé de mon père a été découvert hier. Mes parents vivent en autarcie. Mon père a été dépendant au tabac et à l'alcool quasiment toute sa vie avec des pics de conso importante.
Néanmoins ils sont vulnérables. Pourtant je ne peux pas agir dans ce sens. Ils ont des pathologies psychiques non identifiées ou/et des traumas et j'ai grandi dans une ambiance conflictuelle. Rien que de les voir ou de les entendre, j'angoisse.
Je n'ai pas eu d'autres solutions que de mettre une distance avec eux.

Ma mère refuse depuis toujours toute prise en charge psychologique. Hier nous en avons discuté avec les médecins dont le traitant que elle ne consulte plus depuis 10 ans.
Un dossier de maltraitance était sous le coude suite à l'état physiques délabré de mon père lors de son arrivée aux urgences. Après concertation, il n'y aura pas de suite car c'est le résultat de l'histoire du couple.

Ma mère est ambivalente, dans le déni et elle n'est pas fiable. On ne sait pas ce qu'elle pense réellement. On en discute avec le traitant qui est inquiet pour elle.

L'idéal serait qu'elle consulte. Elle garde tout depuis qu'elle est petite, avec une histoire difficile.
Mais elle se croit puissante et invincible alors qu'elle délire régulièrement et qu'elle développe une forme de paranoïa.

Le mental a besoin d'être soigné lorsqu'il est blessé. Tout comme pour n'importe quel partie du corps. Combien de fois je lui ai dit : si tu te coupes un doigt, tu vas laisser la plaie saigner et s'infecter ?

Mais non elle fait une grande carrière de victime et le bouc émissaire la rassure. Qui prendra le rôle après le départ de son mari ?

En attendant la suite des événements, je fais avec mes possibles. J'ai sollicité mes frères.

Je pars rejoindre mon fils dans sa tente. Il semble aller bien actuellement. Dans 1 semaine, il part faire une saison.

Je suis heureuse Miredo que pour vos enfants cela s'arrange.
Toutefois ils ont besoin de voir la femme (et pas qu'une mère) merveilleuse qui prend soin d'elle.

Bien à vous,

Pépite

Pepite - 15/06/2022 à 20h59

Bonsoir,

Hier nous avons assisté aux obsèques de mon père.

Ce fût une belle cérémonie au crématorium. Simple, juste et émouvante.
Mes frères et moi avons souhaité mettre en exergue le positif et surtout nous avons essayé de rester fidèles à sa personnalité et à sa vie.

Nous avons choisi 4 chansons.

S Gainsbourg avec "je suis venu te dire que je m'en vais" nous accueillait.
J Hallyday et "sang pour sang" précédait le recueillement.
Noir désir et "le vent nous portera" nous accompagnait pour l'adieu.
Enfin L Ferré et sa magnifique chanson "avec le temps" clôturait ce moment.

Ensuite nous avons déjeuné des fruits de mer. Alors que nous étions enfants, lorsqu'il pêchait, il nous portait des langoustines, des produits de la mer. On a voulu revivre et partager quelques souvenirs joyeux avec ses frères et soeurs.

Enfin la chaleur torride nous a fait reporter la partie de pétanque qu'il a pratiqué quasiment toute sa vie. Une autre fois.

Nous nous sommes tous quittés avec le sourire.

Il reste ma mère qui nous inquiète tous. J'irai marcher avec elle 1 fois par semaine.

Pour mon fils, je l'ai accompagné aujourd'hui au bateau pour sa saison au Cap Ferret.
Il a laissé chez moi sa tente et ses vêtements d'hiver.
En revanche il est parti avec son bong.
Je lui ai dit qu'il devait assumer ses choix et que j'ai été là une dernière fois. Qu'il n'y en aurait pas d'autres. Je ne sais pas si je suis crédible.

Pourtant mon coeur est à bout de force.

J'ai besoin de prendre soin de moi.

Pépite

Moderateur - 16/06/2022 à 07h41

Bonjour Pépite,

Je suis très touché par votre message et je vous adresse mes plus profondes et sincères condoléances.

Ce que vous dites de la cérémonie, du choix des chansons et de la réunion de famille qui a suivi nous fait imaginer un très beau moment et un bel hommage à votre père.

Je m'associe à votre peine.

Bien cordialement,

le modérateur.

Pepite - 16/06/2022 à 08h32

Bonjour Modérateur,

Toujours les mots justes.

Merci

Pépite

Profil supprimé - 16/06/2022 à 20h00

Pepite sad
On ne se connait qu'au travers de ce site mais j'ai beaucoup de peine pour vous. Je vous souhaite beaucoup de courage.
Votre fils parti au travail, vous allez pouvoir souffler et prendre soin de vous.
Plein de pensées...

Pepite - 21/06/2022 à 07h46

Bonjour Miredo,

Merci pour votre soutien.

Belle journée,

Pépite

Profil supprimé - 21/06/2022 à 20h24

Coucou Pépite,
Quelques mots pour vous dire que je pense à vous. Les dernières semaines ont été éprouvantes pour vous et j'espère que vous tenez le coup.
Vous êtes une belle personne et j'espère qu'autour de vous, vous trouvez le soutien que vous méritez. Prenez soin de vous.
Je vous envoie plein de courage.

Pepite - 15/07/2022 à 11h42

Bonjour Miredo, Modérateur, ceux qui me liront,

"La forêt brûle mais on regarde ailleurs". Cette phrase a été prononcée par Jacques Chirac lors d'un sommet sur l'écologie.

Aujourd'hui elle a une portée encore plus réaliste car cela se passe dans mon paysage, à la Teste de Buch. En effet, l'incendie ravage mon milieu de vie et c'est impressionnant.
On respire "mal" sur une centaine de kilomètres à la ronde. Avec quelles conséquences sur notre santé ?

Il y a un peu plus d'un mois, mon fils dormait dans une tente et dans ces bois ou a démarré le feu. Alors il m'a appelé, paniqué sans être capable de m'expliquer ce qu'il ressentait pour prendre de nos nouvelles.
Il est toujours au Cap Ferret et son job d'été se passe mal. Je ne souhaite pas en savoir davantage.

Je prends donc soin de moi, je suis de plus en plus en conscience et mon chemin se trace vers une vie simple avec la joie d'être parmi l'essentiel : Ceux que j'aime et qui m'aiment, mon jardin, contempler la terre et le ciel, apprécier les petits plaisirs du quotidien et les diverses amitiés.

Je suis sur le point de finir ma thérapie selon mon psychiatre. Encore 2 ou 3 séances pour se dire au revoir.
Je me suis attachée à lui, à vous et je vous remercie pour avoir été là pour moi. Vous avez une place dans mon coeur.

Ce message pour exprimer toute ma gratitude à celles et ceux qui nous protègent et tentent de nous sécuriser malgré les accidents, les incidents, les blessures de l'existence.

Quoiqu'il se passe, rappelez vous qu'une intention positive, un sourire, un geste comme le calin, un mot réconfortant sont puissants face à l'inconscient, le confus.

Je vous souhaite à toutes et à tous une résilience comme cela se passera après l'incendie. Car la nature reprendra un développement mais pas comme avant. Tout demande son temps.

Bien à vous et avec toute ma compassion,

Pépite

Pepite - 06/08/2022 à 10h18

Bonjour,

Bientôt 1 an que j'ai créé ce post. Je suis sur le point de souffler la bougie de mon récit. Certainement l'unique car avec mon souffle partiront mes dernières pensées négatives à propos de mon fils, de notre histoire. Un nouveau commencement.

Jusqu'ici je faisais des reset mentaux lorsque je le retrouvais après un épisode décevant et une mise à distance parce que tout change.
Je sais aujourd'hui qu'en prenant soin de moi, qu'en maîtrisant mon égo, qu'en modifiant mon système de pensées, je modifie mes représentations et donc mes énergies par rapport à lui, aux autres.

Cette nuit, alors que je navigue en Norvège, le soleil rouge ou nuit polaire est venu me chercher dans la cabine. Je suis partie sur le pont emmitouflée pour observer ce spectacle époustouflant.

Mes pensées que j'apprends â observer tout comme l'écoute de mon corps sont venues de temps en temps me proposer des scénarios (à la gomme) qui troublaient cette contemplation. Cependant le "je me fous la paix" et la méditation m'ont permis de recevoir ce "présent" qui s'offrait à mes yeux.

Je repense à ce rêve de la nuit dernière ou un bel oiseau bleu, au ventre blanc, s'est invité comme une évidence. Je le perçois comme un message d'apaisement.

Avant mon départ pour ce fabuleux voyage, ma maman de coeur m'a offert avec émotion le livre "kilomètre 0".
Je l'ai dévoré avec des annotations stickers pour réviser tout ce dont j'apprends depuis 1 an.
Cet ouvrage parle de moi, de chacun de nous.

Seule je n'ai qu'un point de vue. Avec vous toutes et tous, j'agrandis mes angles de perceptions. Je grandis. Mon coeur grandit.
De masterclass visuelles et auditives en lectures variées, d'écoute de podcast philosophiques ou de conférences, de partage ici ou avec des inconnus ou avec mon psychiatre, ce bouquin est la quintessence de toutes ces connaissances.

Un chemin vers soi.

Bien à vous,

Pépite

Profil supprimé - 14/08/2022 à 20h30

J'ai donné de mes nouvelles et je viens prendre des vôtres. Comment allez-vous Pépite ? Avez-vous des nouvelles de votre fils, ou avez-vous coupé les ponts pour vous protéger ?

Pepite - 16/08/2022 à 08h54

Bonjour Miredo12,

Merci de prendre des nouvelles.

Je rentre ressourcée de vacances.
Cette escapade en Norvège, au milieu des fjords, avec mon mari et mon petit ont été extraordinaires. Au sud, des paysages verts entrecoupés de cascades aux reflets bleus étaient époustouflants.
Nous étions tous sereins, joyeux avec le sourire aux lèvres.

On a également fait de belles découvertes à Amsterdam où j'ai senti une ambiance détendue. J'ai adoré les habitations dans les canaux et l'architecture des maisons de certains quartiers.

Des immenses banderoles "drug free" s'affichaient dans cette fin de période de gay pride. Quelques fumeurs dans la rue comme chez nous. J'ai surtout vu des consommateurs quinqa qui partageaient le joint dans les parcs. Tout comme le barbecue.
Cependant c'est l'alcool qui domine partout. J'ai même vu dans le zoo, en plein après-midi, des personnes le visiter avec une bière, un verre de vin ou de champagne à la main. Stupéfiant.

Cet éloignement des proches (fils et mère) avait complètement libéré mon corps des sensations d'oppression que je ressentais dans la poitrine lorsque j'étais à leurs côtés. Même mon intestin gazouille depuis.

Je travaille sur ce "mal au cœur" qui s'est à nouveau un peu manifesté lorsqu'hier j'ai eu ma mère en pleur au téléphone. Cet état un indicateur émotionnel et de stress ressenti.
La méditation, l'acceptation de ce que je n'accepte pas et mon positionnement sont donc au programme du "je prends soin de moi".

Mon fils finit la saison dans un camping de Biscarrosse jusqu'au 30/09. Il est logé.

Il a quitté son job au Cap Ferret mi juillet dans lequel il se sentait mal et il raconte qu'il se sent bien dans l'environnement où il se trouve.
Pour cela, il a agi seul en prenant le bateau puis en faisant du stop.

Je l'ai eu hier au téléphone. Il travaille 7/7 depuis 1 mois. Il se rend compte combien c'est dur et il se demande comment je faisais lorsqu'il était petit et avec des responsabilités. Cette réflexion montre de l'empathie à mon égard, ce qui est un changement. Toutefois, je le sais aussi capable de manipuler.
Je ne sais rien sur sa conso ni sur ses finances.

Je l'écoute et l'encourage à garder confiance en lui. J'apprends à ni critiquer ni rejeter quiconque.

Voilà Miredo, on respire encore mal ici après ces incendies. Ça pue. Toutefois la pluie est revenue et il fait moins chaud.


Je vais lire votre fil.

Je vous embrasse,

Pépite

Profil supprimé - 17/08/2022 à 20h18

C'est encourageant qu'il travaille ! Ca prouve qu'il peut y arriver, et j'espère qu'il va poursuivre dans cette voie. Même s'il trébuche encore, il fait des efforts. Mon fils m'avait dit que le travail le cadrait.
Et vous on sent bien que la distance et vos vacances vous ont fait beaucoup de bien. Il faut savoir se préserver quand on subit des situations pareilles. Et quand on lit nos différents récits, la distance, souvent, nous apaise. Au moins on n'a pas sous les yeux les comportements à risques de nos proches.
Continuez à prendre soin de vous, Pepite, à penser à vous, à votre bien-être.

Pepite - 09/09/2022 à 04h41

Bonjour,

Je quitte ces forums sereine. Avec comme dernière lecture pour clôturer ce chapitre "l'intelligence du coeur" de Filliozat. Le Graal pour une humanité plus juste et apaisée.

Mon fils semble sur un chemin différent. Le cadre de cet été l'a réanimé. Il avance un pas à la fois.

Le bilan de notre histoire est ce qu'il est, imparfait et résilient tel qu'est l'humain.

Les comportements de mon fils nous ont permis de devenir des meilleures personnes.

Je suis heureuse de ce chemin vers moi.

Prenez soin de vous, c'est le plus important.

Rappelez vous que tout change et que nous détenons la télécommande de nos choix.

Belle continuation,

Pépite

Moderateur - 09/09/2022 à 09h02

Bonjour Pépite,

Merci beaucoup pour tout ce que vous avez fait ici.

"L'intelligence du cœur" est finalement un beau titre pour vous définir aussi.

Vous allez nous manquer mais la porte reste grande ouverte bien entendu.

Je suis content du parcours qu'il y a eu pour votre fils et pour vous. Au début ce n'était pas évident mais vous avez fait preuve d'une grande ouverture et d'un grand courage. Votre fils suit son chemin et vous le prenez en compte dans toute son humanité. Il va faire de belles choses je pense un jour. Parce qu'il aura connu des épreuves et qu'il aura su sortir aussi des ses "erreurs".

Enfin je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la petite "dispute" de l'autre jour. Il fallait que j'intervienne ou que je ne valide rien. Peut-être n'ai-je pas bien compris ce que vous avez voulu dire/faire (?) mais en tout cas poursuivez de votre côté vos éclairages. Ils aident ceux qui peuvent s'en saisir.

Merci infiniment.

Très très cordialement,

le modérateur.

Pepite - 09/09/2022 à 11h02

Cher Modérateur,

Je suis touchée par votre message pour lequel j'ai eu une boule dans la gorge et les larmes aux yeux.
Ici j'ai tissé des liens avec des personnes, avec vous, même à travers un profil.

Vous quitter m'attriste mais il est nécessaire pour avancer sur ce chemin qui me procure une grande joie d'être.
Lorsque j'ai dit au revoir à mon psychiatre, j'ai également été bouleversée.

Tout est un évènement chez moi.

Je me posais régulièrement la question de ma présence ici, même de ma légitimité face à mes réponses aux différents récits.

Pour tout vous dire, je culpabilisais de partir et de savoir que certains posts resteraient sans réponses alors je revenais pour accueillir ces personnes.

Ensuite ce que je vis avec ma maman depuis 2 mois montre à quel point j'ai changé. Je la sécurise, je la rassure, je lui donne l'affection que je n'ai pas eue, je suis là qualitativement, présente comme je le souhaite.
Mon mari me le dit également. J'en ai conscience et je m'offre pour cette fin de thérapie systémique un colloque à Bruxelles pour voir tous ces professionnels qui m'ont tant appris.

J'éprouve un énorme sentiment de liberté face aux difficultés inexorables de l'existence. Je sais aussi que chacun porte sa responsabilité avec ses conséquences.
Je prends soin de moi et je montre ma vulnérabilité pour ouvrir les possibles.

Cher Modérateur, vous faites partie des personnes qui comptent dans ce chapitre de vie.
Vous avez semé des graines qui ont germé au fil de mon développement personnel. C'est un travail d'équipe.

"Pour être soi-même j'ai besoin d'un autre". B Cyrulnik

Notre dispute n'a été que le détonateur de ce départ. Je l'ai trouvée injuste sur le moment, j'ai été surprise par votre petite rigueur puisque je vous admire, je savoure vos réponses mais j'ai pris cela comme un message du cosmos.

Je sais aussi qu'un pas relationnel a été franchi parmi ces deux personnes qui présentent des troubles surmontables même si elle sont polluées par tout un tas de croyances.

C'est ce que je cherche, les progrès chez l'autre tout en sachant que ça coûte. Un petit pas à la fois.

A nouveau mon mentor Boris Cyrulnik dit qu'il n'y a pas de progrès sans crise.

Je vous laisse donc avec le sourire et avec mes meilleures pensées pour tout ce que vous faites.

Recevez toute ma gratitude.

Bien à vous,

Pépite




Profil supprimé - 09/09/2022 à 19h41

Je comprends ce besoin de vous éloigner, Pépite. Sachez que quand je passais ici, je me disais "Pépite m'a sûrement lue, j'aurai une réponse" . A bientôt peut-être, prenez bien soin de vous.

Pepite - 14/08/2025 à 06h46

Bonjour Modérateur,
Je ne sais pas si vous êtes celui avec qui je discutais. Mais je tente malgré tout.
La situation évolue doucement. Après avoir expérimenté la rue, Andréas est chez nous, à sa demande, depuis décembre, avec le "désir" de se soigner.
Il est suivi par le CSAPA depuis mars. Il voit un psy occasionnellement, quand il y en a un et une conseillère économique. A ce jour il refuse de nous inclure dans son parcours. Il m'a dit qu'un TDAH lui avait été diagnostiqué. Il consomme toujours du cannabis avec une pipe. Il ne nous vole plus. Il ment moins. Il a des crises d'impulsivité, a testé des jobs sans vraiment en chercher. Il dépense son RSA en une semaine puis me demande un peu d'argent pendant le reste du temps.
Il n'a plus été au psy de ville du jour au lendemain.
Je trouve qu'un relationnel se tisse même si des tensions subsistent à cause de mon conflit de loyauté.
D'un côté je souhaite être juste là pour lui et de l'autre, mon mari me met la pression. Car malgré nos échanges, nos disputes, le partage de documentation, il reste ancré dans ses certitudes.
Pour lui, il profite et ne veut pas s'en sortir.
Mon mari ne veut pas de lui mais il sait aussi que je renoncerai pas à mes valeurs.
Je ne veux pas non plus sacrifier mon petit qui a besoin lui aussi de moi.
Mon mari me dit qu'il n'endurera pas comme moi, me fait des scénarios catastrophes. Il n'y croit pas.
Je le comprends mais je me sens criminelle à l'idée d'abandonner mon fils.
De mon côté, je continue de me former, de chercher à comprendre. Je m'exerce à le soutenir.
J'aimerais avoir votre retour sur la situation et quelques conseils.
Je me fais aider mais je fatigue de toute cette pression inutile.

Moderateur - 18/08/2025 à 08h44

Bonjour Pepite,

Bon retour parmi nous, oui je suis toujours là happy

Cela me fait plaisir d'avoir de vos nouvelles et de voir que les choses évoluent.

Votre fils a l'air de faire un certain nombre de choses pour lui, c'est plutôt positif. Son TDAH ne l'aide pas à rester stable et vous êtes sans aucun doute un point d'ancrage pour lui.

Votre mari a l'air "dur" avec lui, néanmoins il faut aussi écouter, dans une certaine mesure, ce qu'il dit.

Comme vous le dites vous-même vous êtes prise entre votre loyauté et la position de votre mari.
Il me semble qu'il existe un risque que votre générosité à son égard devienne une facilité pour lui qui ne le pousse pas assez à agir. Mais d'un autre côté il est préférable qu'il ait un toit plutôt qu'il soit livré à lui même. Avoir un toit c'est important pour pouvoir avancer.

J'ai tendance à penser qu'il faut bien entendu continuer à donner une chance à votre fils et combattre un peu le pessimisme de votre mari. C'est important de croire un peu en votre fils, y compris de la part de son beau-père, pour lui donner de la force et du courage. Essayez d'expliquer à votre mari qu'il se "débarrassera" d'autant plus vite de votre fils qu'il essaie de lui donner un peu de confiance pour s'en sortir.

Néanmoins, comme toujours deux choses sont aussi importantes.
1) Quelles limites vous mettez à la situation pour qu'elle n'empiète pas sur ce qui vous est cher et sur votre santé ? Explicitez-les et si elles sont dépassées agissez en conséquences, ne subissez pas la situation, même si vous aimeriez bien qu'il en soit autrement.
2) La qualité du dialogue et des moments passés avec votre fils.
Ce n'est pas un problème qu'il ne vous implique pas dans son soin, c'est même peut-être positif (s'il ne vous ment pas sur le sujet). J'espère cependant que vous pouvez discuter avec lui de sa vie, de projets, que vous pouvez passer de bons moments, qu'il vous donne bien l'impression de faire ce qu'il faut pour s'en sortir. Discutez aussi de ses dépenses du RSA en une semaine. C'est un sujet parce que derrière cela vous implique. Est-ce que vous avez une limite à mettre sur ce sujet ? Est-ce que vous pouvez lui faire des propositions pour l'aider à mieux gérer son budget ? Si tout est dépensé en une semaine parce que cela passe dans la drogue, ce n'est pas un signe positif. Mais cela mérite d'en discuter puisqu'en attendant vous le logez et qu'il n'a pas de loyer à payer.

En résumé parlez avec lui et fixez des règles ou des limites à la situation. Votre mari est un peu trop pessimiste mais il n'a pas complètement tort. Votre fils a besoin d'un toit et de stabilité pour s'en sortir et un jour voler de ses propres ailes.

Courage,

le modérateur.

Pepite - 19/08/2025 à 12h35

Bonjour Modérateur,

Cela m'a fait du bien de vous lire. Depuis mon départ, il m'arrivait de penser à vos mots, à cette expérience ici et à ce qu'elle avait changée en moi.
La rencontre est essentielle pour avancer et se découvrir.

Je suis consciente que tout est relationnel.

Aujourd'hui je sais aussi que tout est absurde dans cette globalisation qui n'est qu'une illusion.
Pourquoi rejeter les conduites de mon fils qui nuisent avant tout à lui-même ?

J'ai fini par accepter ce qu'il est, ce qu'il désire.
L'idée d'être cruelle, sadique face à lui ou quelqu'un d'autre m'est insupportable.

Si j'avais les moyens, je le logerais, je ferais en sorte qu'il soit sécurisé. Peu importe ce qu'il ferait de sa vie.

Il est reparti dans la rue. Il a pensé à vendre son téléphone.
Il refuse l'engagement, la responsabilité de ses soins.

Je traverse cet état de confusion et d'ambivalence en étant bouleversée.

C'est la seule option qui me reste.

Merci d'être là,

Pépite

Pepite - 29/08/2025 à 07h34

Bonjour,

Je prends cet espace d'écriture pour soulager ma peine.
Il pleut. Il y a du vent.
Où est-il ?
Toutes mes inquiétudes m'appartiennent.
Elles ont été un peu les siennes fin décembre lorsque le contexte lui a fait leur.
Il y a encore un souffle de vie. Une petite bulle de respiration qui le ramène dans le réel.
Parfois il m'arrive de souhaiter sa mort pour que tout s'arrête. Pour vivre autre chose.
Or ce serait seulement différent. Il est pour le moment dans ma mémoire.
Que raconte t'elle ?
Cette dernière décennie montre son désir sans limites pour une ou plusieurs substances.
Il a déployé de l'énergie. Il a quasiment tout supporté pour être dans un état qu'il affectionne.
Hier j'ai regardé sur Arte "la défonce des animaux". L'herbe à chat fait l'objet d'études. Plus les félins sont gros et plus ils s'adonnent à cette substance qui les euphorise. Il y a aussi les rennes qui mangent des champignons. Passionnant.
J'accepte sa consommation. Ce que je n'accepte pas c'est notre relationnel perverti et l'agressivité occasionnelle qui en découle lorsque je dis non.
A bien y réfléchir, quelle est la qualité de notre relationnel entre nous ?
Que cherchons nous et dans quel milieu ?
Je suis clivée entre l'amour avec le mari et le petit grand avec qui la relation est douce même si parfois les crispations sont là. Et le sauver à lui.
Depuis des mois je songe à travailler pour qu'il ait un toit. Lui apporter un minimum. Peu importe ce qu'il fait de son existence.
Or, je n'en suis plus capable. Je vais y laisser ma peau.
Voilà où j'en suis.


Pepite - 30/09/2025 à 08h53

Bonjour,

Il est reparti dans ses habitudes avec ses automatismes.
Il m'avait dit que le CSAPA lui avait diagnostiqué un TDAH.
Je crois plutôt qu'il est borderline.
Je ne saurai pas pour le moment.
Car il n'y va plus.
Je continue de recevoir les amendes de transport.
Il me harcèle un peu pour de l'argent. Je refuse depuis le 15/08, date à laquelle il est reparti dans la rue. Avec les mêmes difficultés.
Je viens d'écouter l'émission "grand bien vous fasse" sur les personnalités difficiles.
Je vois bien que j'ai été maladroite même si depuis j'ai développé des compétences relationnelles.
Je lui propose occasionnellement un espace pour se reposer, des changes, une douche, un repas.
C'est une douleur pour moi de le savoir dans de telles conditions.
Du côté de ma mère, c'est aussi complexe. Elle a Alzheimer modéré avec des délires paranoïaques.
Les voisins saturent.
Pour les deux, il n'y a pas de solutions. Encore moins de moyens. Si ce n'est une communication de ma part et un raisonnement.
Par moment je fatigue aussi. Même si globalement j'ai retrouvé de l'énergie.
Garder un cap dans cet environnement chaotique demande des efforts de navigation.
Maxime Rivière, philosophe, a récemment publié "nous sommes des êtres de réalités chaotiques".
Je suis en colère. Je me lance en politique.


Profil supprimé - 30/09/2025 à 12h26

Salut pépite
Comme cela doit êtres extrêmement difficile, mais sache que tu n'a pas été maladroite, tu fait de ton mieux au moment où tu la fait.
Nous restons des humains, ils ont autant de responsabilité que nous nous en avons. La drogue est responsable de se chaos
On essaye de s'en sortir comme l'on peut autant eux que nous.

C'est seulement une vie très dur à vire d'autant plus qu'ici il s'agit de votre fils et non de votre conjoint.

Il n'y a malheureusement pas de solutions miracle, et des fois je pense, justement, que ça relève du miracle.

C'est pour cela que j'ose espérais qu'ils s'en sortiront, c'est tout ce que je peut faire à mon niveaux, ayant déjà essayer tout ce que je pensais possible de faire.

Pensé pour eux, pensée pour nous.


Pepite - 13/10/2025 à 07h38

Merci Jok66 pour vos interventions bienveillantes et votre chaleur humaine.

Belle journée à vous.

Profil supprimé - 17/10/2025 à 17h15

Merci a vous aussi, beaucoup de vos message mon aidé.
J'aurais bien aimé qu'ils aide aussi votre fils et mon ex conjointe

Tant qu il y a de la vie il y a de l'espoir, mais vivre avec est extrêmement dur voir pas faisable si l'on veut garder la santé et pouvoir les aider le moment où il l'auront décidé

Alors je pense que vous avez fait vraiment de bons choix durant votre parcours.

Pepite - 29/04/2026 à 18h10

Bonsoir Modérateur,

Toujours là ?

Je viens dialoguer avec vous.
La situation d'Andréas ne s'arrange pas.
Il était pris en charge par des services sociaux à quelques km de chez moi.
Ils l'avaient hébergé pour le plan grand froid.
Un intervenant du Prado l'accompagnait pour un projet professionnel.
Il était depuis le 01 avril hébergé par la croix rouge pour 300€ par mois.
Tout compris.
Une enveloppe de 30 € lui était demandée pour obtenir 300€ de courses à l'épicerie sociale.
Un suivi en centre addictologie de proximité lui était proposé.

Il n'a rien tenu.
Il ment.
Encore.
Inlassablement.

Le service social, CCAS, lui demande de quitter le logement et arrête de le suivre.

Ils envisagent aussi un signalement.
C'est sur ce point que je vous sollicite.

De mon côté, je ne le vois plus.
Je ne lui réponds plus.
Ses derniers récits manipulatoires, graves, m'ont mis KO.

C'est au-dessus de mes forces de poursuivre une relation.

Pépite

Moderateur - 30/04/2026 à 07h57

Bonjour Pépite,

Oui, toujours là !

La situation n'évolue donc pas tellement depuis le temps ou en tout cas il a du mal à tenir un cadre longtemps.

Que voulez-vous dire par "signalement" ? De quoi parle-t-on ?

Vous ne lui parlez plus mais vous vous semblez bien au courant de sa situation, par quel biais ?

Le modérateur.

Pepite - 30/04/2026 à 08h33

Bonjour,

Merci pour votre retour.

Quand je parle de “signalement”, je reprends les propos d’une personne de mon entourage travaillant au CCAS, qui suit actuellement la situation d’Andréas dans le cadre du plan grand froid.

Elle m’a évoqué l’éventualité d’un signalement auprès des autorités, dans l’idée d’une possible obligation de soins.

C’est sur ce point que je m’interroge :dans une situation comme celle-ci, est-ce que ce type de démarche peut réellement aboutir ?Et dans quelles conditions ?

Pour répondre à votre question, je ne suis plus en contact direct avec Andréas.Les informations que j’ai me viennent uniquement de cette personne, qui m’informe régulièrement malgré mes réserves.

De mon côté, j’ai pris du recul car la relation était devenue trop éprouvante.

Merci pour votre éclairage.

Pépite

Moderateur - 30/04/2026 à 08h55

Merci pour votre réponse, Pépite.

L'expression "obligation de soin" renvoie à une décision de justice. Une obligation de soin peut être prononcée à différents moments d'une procédure judiciaire (par le procureur ou par des juges) et n'aura alors pas tout à fait les mêmes conséquences en fonction de ce moment où elle a été décidée.

Si c'est bien de cela dont il s'agit, le "signalement" aurait pour but d'attirer l'attention de la justice sur la personne de votre fils afin de déclencher une procédure pénale. J'ignore les chances de succès d'une telle démarche, je ne sais pas si cela se pratique beaucoup. Un procureur qui prendra connaissance de ce signalement peut très bien décider, au nom du principe d'opportunité des poursuites, de ne rien faire. Néanmoins il se renseignera avant de prendre une décision. Sa décision peut aussi être totalement différente.

Si cette démarche est faite, ne vous attendez pas non plus forcément à une réaction immédiate de la police ou de la justice. Cela dépend vraiment du contenu de ce qui est signalé et du contexte. Parfois il faut enquêter avant de pouvoir prendre une décision de justice et cela peut prendre du temps.

Comme son nom l'indique, le principe d'une obligation de soin est d'obliger une personne à aller se soigner auprès de professionnels des addictions. L'obligation porte sur le fait de le faire à défaut de pouvoir porter sur le résultat. L'ambiguïté de ce genre de démarche est qu'on oblige des personnes à se soigner alors que précisément, pour avoir des chances d'aboutir positivement, un soin doit reposer sur le consentement de la personne.

Prenez soin de vous happy

Le modérateur.

Pepite - 30/04/2026 à 12h38

Bonjour,

Merci pour votre réponse, elle m’aide à clarifier les choses.
Je comprends mieux que le signalement n’entraîne pas nécessairement de suite concrète, et que l’obligation de soins relève d’un cadre judiciaire spécifique.

Cela m’amène à une question plus large : dans des situations où le rapport au réel semble instable et où la personne n’adhère pas au soin, comment se situe la limite entre accompagnement et mise en danger ?

Je pense notamment à la notion de non-assistance à personne en danger, qui m’interroge.

Dans le cas d’Andréas, il n’y a pas de danger immédiat identifié, mais une forme de dégradation globale.

Par ailleurs, je m’interroge aussi sur sa capacité à raisonner : il peut parfois tenir un discours cohérent, mais ses actes restent marqués par l’impulsivité et l’immédiateté, avec des récits souvent contradictoires.

Cela me fait me demander dans quelle mesure le raisonnement peut réellement avoir une prise dans ce type de fonctionnement.

Merci pour votre éclairage.
Pépite

Moderateur - 30/04/2026 à 13h38

Bonjour Pépite,

Je ne suis pas sûr de bien cerner votre préoccupation. Même dans les structures professionnelles d'accompagnement, la limite à l'accompagnement intervient lorsque le comportement de la personne suivie met en danger un ou des professionnels. Il existe en général des limites et des procédures pour protéger les salariés dans l'exercice de leur profession et tout salarié a aussi un droit de retrait si la situation l'expose à un danger.

Un rapport au réel fluctuant crée une situation difficile mais ce n'est pas une situation de danger en soi. Ce n'est pas le rapport au réel mais plutôt le comportement qui posera probablement problème.

Une autre dimension aussi est que les services d'accompagnement ont une mission et des manières de faire. Même sans notion de "danger", si le comportement d'une personne met en échec toutes les tentatives d'accompagnement et/ou met systématiquement à mal le cadre, persister dans l'accompagnement n'a probablement plus de sens et peut même mettre à mal le fonctionnement de l'organisme, de ses équipes ou perturber les autres accompagnements.

La structure qui a accompagné votre fils peut aussi être démunie (parce que cela sort de ses missions) face aux problématiques de votre fils. Dans ce genre de situation, les services d'accompagnement font appel à d'autres professionnels pour essayer de traiter le problème qui dépasse leurs compétences. Mais encore une fois, si la personne refuse et ne répond pas aux aides proposées, il y a un moment où la seule solution va finir par être de jeter l'éponge.

Pensez-vous que votre fils puisse souffrir de troubles qui n'ont pas été diagnostiqués ? Si on écarte 5 minutes l'effet possible de la drogue sur lui, les problèmes de rapport au réel font penser à la possibilité d'un trouble mental, son impulsivité peut être le signe d'un trouble cognitif, comportemental ou neurologique. S'il n'a pas pu bénéficier jusqu'à aujourd'hui d'un diagnostic qui identifie réellement le fond problème, alors peut-être n'a-t-il pas pris la bonne filière de soins ?

Votre première question sur l'obligation de soin m'avait fait me demander si vous ne parliez pas en fait de demande d'hospitalisation sans consentement (demande qui peut émaner des proches, d'un maire, d'un préfet ou des forces de l'ordre en fonction de la situation et qui passe par des certificats médicaux faits par des psychiatre). Je ne crois pas, à partir de ce que j'en perçois, que la situation s'applique à votre fils, qui n'est pas totalement délirant, qui a un comportement à risque mais qui n'est pas un danger immédiat pour lui-même ou pour autrui. Cependant s'il prenait cette pente, sa situation pourrait relever d'une telle hospitalisation forcée.

En vous parlant de tout cela je ne vous aide pas à vous protéger car on ne fait parler que de lui. Vous avez besoin de réponses mais prenons conscience qu'à parler de lui et de son problème comportemental récurrent quelque chose de douloureux s'entretient chez vous.

Continuez à prendre soin de vous,

Cordialement,

le modérateur.

Pepite - 30/04/2026 à 14h24

Modérateur,


Merci pour votre réponse, très claire.

Je comprends mieux les limites du cadre et la distinction entre comportement, danger et rapport au réel.
Votre dernier message me parle particulièrement.
Je prends conscience que continuer à chercher des réponses autour de lui entretient aussi quelque chose de douloureux chez moi.

Je vais essayer de me recentrer sur cela.

Merci pour votre accompagnement.

Pépite

Moderateur - 30/04/2026 à 14h54

Je vous en prie Pépite, merci à vous. Je suis bien désolé aussi que votre fils n'ait pas encore trouvé une voie qui lui permette de se stabiliser.

Cordialement,

le modérateur.

Loute21 - 25/05/2026 à 22h47

Bonsoir, je me permets de vous écrire, je tenais à vous dire que moi tous les jours je fumais des joints du matin au soir ma mère en a eu marre. Du coup elle m’a payé le laser le truc qui font dans les oreilles et les narines et maintenant ça fait un an et demi que je n’ai plus rien fumé ni cigarette ni rien, je vapo juste de temps en temps donc si ça peut vous aider vous avez qu’à lui offrir une séance et en plus de ça si ça fonctionne pas la première fois pendant un an il a droit de recommencer c’est gratuit. Voilà bonne soirée

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