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Bonjour,
Je vous lis, suis emue… Je vis depuis plus de 20 ans cet enfer parsemé de moments merveilleux, avec un amoureux qui fume depuis presque 30 ans…
J’aime mon mari. à la folie… Je n’ai jamais cessé de l’aimer. Je l’aime toujours. C’est un homme doux, d’une grande sensibilité. Il me fait rire. Il me connaît si bien. J’ai toujours pensé que ce que l’on vivait était à part. On partage une forme de folie. Une magnifique folie. À deux, on est plein de projets, d’espoir, de courage aussi.
Et pourtant, c’est allé si loin…
Je suis quelqu’un de rayonnant, de lumineux… Je suis de nature confiante et pleine de solidités… Il m’aime pour ça.
J’ai tellement lutté pour ne pas m’éteindre. Pour ne pas le laisser m’etouffer…
J’ai mis du temps à voir. La manipulation, la violence psychologique, le jalousie…
Il y avait des moments si doux entre deux…
J’ai mis du temps à démêler ce qui était pertinent ou pas dans ses reproches.
J’ai mis encore plus de temps à comprendre que le canabis était l’explication centrale. Et encore… Je ne sais toujours pas en fait… Qu’est-ce qui fait de lui ce qu’il est ? À quel point le canabis le transforme-t-il ? Je l’ai toujours connu fumeur.
Je vis dans une intranquilité permanente. Je suis devenue très douée pour détecter les moments où ça va être difficile… Je suis en vigilance au quotidien.
Tant que nous avons été juste nous deux, ça se gérait.
Puis il y a eu les enfants. Et tout s’est accéléré. Les crises, le stress, et pour moi : l’impossibilité de fuir, la fatigue pour tout gérer et tenter de maintenir un semblant de normalité sous notre toit…
Aujourd’hui, j’ai décidé de sauver ma peau, et celle de nos petits… Quand on s’est séparé, mon garçon m’a dit « Maman, c’est grave si je me sens mieux sans papa ? Je me sens tellement plus tranquille, mais il me manque quand même »…
Je pleure en vous l'écrivant… Parce que mon homme est le papa le plus extraordinaire qui soit, tout le monde vous le dirait. Mais seulement quand il a fumé et est détendu… Et tout le monde ne le connaît pas lorsqu’il nous fait vivre l’homme en colère, qui a peur et qui explose à cause d’un tore trop fort ou d’un salon pas rangé…
Je me pose une question douloureuse. J’ai cherché partout dans vos messages la réponse… Je sais pourtant qu’il n’y en a pas. Pas de toute faite et facile en tous cas. Mais j’aimerais connaître votre réponse, à vous qui connaissaient la répétition de ces cycles où l’espoir se mêle au désespoir sans cesse…
S’il arrête de fumer, pourrons-nous un jour nous retrouver ? Est-ce que je dois l’attendre ? Est-ce que je pourrais un jour lui refaire confiance ?
Je garde mon cap. Je reconstruis notre vie à distance de lui. Mais ça me demande un courage phénoménal. Celui de renoncer à lui, de faire un deuil en sa présence.
Je me dis parfois que ce serait tellement plus simple s’il était mort… Je pourrais continuer à l’aimer sans le voir se dégrader, sans le voir devenir bête, menteur et violent. Sans devoir protéger de lui nos enfants…
L’écrire est horrible. Je le veux bien vivant… Mais faire le deuil d’un vivant est tellement dur…
Est-ce que la drogue doit faire taire cet espoir qui refuse de me quitter ?? Est-ce que je me fais du mal en y croyant encore ?
SoleilBrumeux lundi 18 novembre 2024 00:34:15