Par chat
Chattez avec
Drogues Info Service
Vos questions / nos réponses
Drogues Info Service répond à vos questions
Vos questions / nos réponsesChattez avec
Drogues Info Service
Drogues Info Service répond à vos questions
Vos questions / nos réponses
Bonjour,
Petit bilan de parcours.
Je poursuis la même stratégie de gestion de mon addiction au cannabis, et avec le recul, un point s’impose clairement : ne pas avoir de produit à proximité est, pour moi, la condition essentielle.
J’ai tenté une autre approche, avec l’aide de ma femme qui jouait le rôle de “fournisseur” à la demande. L’idée semblait raisonnable. En réalité, elle a surtout installé une tension permanente. Le produit était là, accessible, et avec lui une forme de lutte constante. Pas d’équilibre possible dans ces conditions.
J’en reviens donc à quelque chose de plus radical mais plus juste pour moi : supprimer la tentation plutôt que tenter de la gérer.
Je suis addict. Le nier ne sert à rien. En revanche, le reconnaître, en comprendre les mécanismes et en mesurer les conséquences permet d’entrer réellement dans une démarche de changement.
Avec le temps, j’en viens aussi à porter un autre regard sur cette fragilité. Une addiction n’est pas un défaut moral. Elle dit quelque chose de nous, de nos failles, de nos besoins, parfois de nos excès. Elle demande de l’aide, de l’accompagnement, mais aussi une forme de lucidité sur soi. J’ai découvert le concept d’anti-fragilité, cette idée que certaines épreuves peuvent, si on les travaille, nous renforcer. Dans mon cas, cette fragilité m’a appris la discipline, une vigilance accrue, et une certaine humilité face à moi-même.
Autre constat récent : ma relation à la consommation et au sevrage a évolué. Aujourd’hui, même si mes prises sont devenues rares, le retour à l’arrêt est plus marqué. Le sevrage est court, proportionnel au temps de consommation, mais il est réel : angoisse, mal-être, inconfort. Lors de ma dernière consommation (trois jours, environ 2 grammes en vaporisation), j’ai ressenti un malaise pendant près de cinq jours. Puis, comme à chaque fois, cela s’est dissipé.
Cela m’amène à une question plus fondamentale : qu’est-ce que cette consommation m’apporte encore, et à quel prix ? Je n’ai pas encore de réponse claire. Ou peut-être que je ne suis pas encore prêt à la regarder complètement en face.
Ce que je sais en revanche, c’est que cette stratégie fonctionne pour moi, mais qu’elle repose sur une contrainte forte. Sans cette contrainte, je perds le contrôle.
À celles et ceux qui débutent un sevrage : oui, c’est difficile. Il ne faut pas se raconter d’histoire. Mais cette difficulté ne dure pas. Elle passe. Et derrière, il y a un apaisement réel. Après la pluie vient le beau temps.
Pour ma part, la prochaine étape est déjà posée : pas de culture en 2026, et un arrêt prévu à partir du mois d’août, pour une durée que j’espère longue. Je ne sais pas encore si ce sera un arrêt définitif. Peut être , peut-être pas.
J’avance avec ça : lucidité, patience, et un peu plus de bienveillance envers moi-même.
Bon courage à toutes et à tous.
Depassage dimanche 29 mars 2026 07:45:53