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Amour et héroïne

Par Eni.D

Bonjour/bonsoir, tout dépend de l'heure à laquelle vous me lisez Il y a quelques mois j'ai rencontré un garçon qui est aujourd'hui mon copain. Vu que j'étais amenée à le voir prendre des flacons de méthadone tous les matins où nous étions ensemble, il ne m'a jamais caché qu'il avait eu des soucis avec la drogue étant plus jeune et, ayant eu une adolescence très calme, j'avoue avoir été surprise. Il m'avait néanmoins assuré ne plus consommer d'héroïne depuis le début de son traitement, alors je ne me suis pas plus attardée sur le sujet en me disant qu'il était assez grand pour gérer ça lui-même. Au tout début, il restait assez vague sur le sujet mais au fur et à mesure que l'on se rapprochait il a commencé à se lâcher niveau anecdotes, et moi qui préférais en rire (jaune) d'habitude je trouvais ça de moins en moins "marrant", limite flippant ; un jour, un de ses meilleurs amis est passé à l'appart et lui a ramené de l'héroïne - il m'a dit que c'était de la C ou de la D et n'y connaissant rien je n'ai pas pu faire la différence - qu'il a sniffé devant moi... Deux ou trois mois plus tard à la Pride, il est passé voir ce même ami pour aller sniffer au parc cette fois-ci. Je savais pertinemment que c'était pour ça que l'on se rendait là-bas, seulement de peur que je m'énerve il a préféré me mettre devant le fait accompli ce que je n'ai pas du tout apprécié. Ce n'est que quelques semaines après que j'ai réalisé par hasard (en faisant quelques recherches sur Wikipédia parce qu'on avait parlé de pavots à table lol) qu'il m'avait menti. Je l'ai appelé pour l'y confronter calmement ; il n'a pas cherché à nier. Il s'est excusé, m'a dit que les fois où il en avait pris depuis un an restaient "extrêmement rare" et que s'il ne pouvait pas me promettre qu'il ne toucherait plus jamais de drogue il ne toucherait plus à l'héroïne, pour de vrai cette fois-ci. Ce n'est pas la première fois qu'il est sous traitement, il l'a déjà été à 18 ans (il en a 26 actuellement). Pour sa défense, il y a tout de même du progrès : il ne fume plus (de clopes) que très rarement, il ne prend plus (et ne vend plus) de shit ni de weed car ça a fini par le rendre parano... Il ne consomme plus d'hallucinogènes non plus. Je ne saurais pas lister toutes les drogues qu'il a prises depuis qu'il a 14/15 ans. Il est loin de m'avoir tout dit. Il a même encore une bouteille d’ammoniaque sur son balcon... Je suis toujours inquiète à l'idée qu'il replonge car je sais de sa propre bouche que son addiction à l'héroïne est allée jusqu'à la dépendance physique et qu'il aime la sensation de rush... Il y a un autre problème : s'il ne m'avait certes jamais caché ses problèmes vis-à-vis de la drogue, il s'était bien gardé de me parler de la fille avec qui il sortait dans ce pays où il est resté trois ans ! Aussi de temps en temps, lorsque je m'absente, il continue de voir cette personne chez qui il va prendre des bains et dont il ne me dit quasiment rien... J'ai fini par lui faire avouer à demi mot que c'était effectivement une fille avec qui il avait couché quelques fois mais il m'a juré qu'il ne s'était plus rien passé avec elle depuis longtemps et qu'elle avait un copain... Une partie de moi refuse de le croire. J'en ai parlé à quelques amis dont je suis proches. Certains avaient déjà eu des soucis d'addiction (mais pas à des drogues dures), certains sont dans le milieu médical. Ils m'ont tous dit de me méfier voire de le quitter, même un ami à lui à qui je m'étais confiée quand j'étais en proie aux doutes... J'aurais peut-être dû prendre de la distance mais je suis restée. On passe énormément de temps ensemble, les sentiments sont présents ça ne fait aucun doute mais quelques doutes persistent... Indépendamment de la partie cœur, pensez-vous qu'on puisse construire une relation saine avec quelqu'un qui a eu des problème d'addiction aussi sérieux qui restent assez récents ? À quoi reconnaît-on une personne "sortie d'affaire" ?... Se peut-il que je sois comme sa "nouvelle drogue" (je sais que ma présence l'apaise indéniablement et qu'il ne supporte pas d'être loin de moi trop longtemps) ? Je remercie ceux qui auront eu le courage de me lire jusqu'au bout et qui peut-être, me répondront pour partager leurs propres témoignages ou leurs avis.

Mise en ligne le 09/09/2019

Bonjour,

Nous comprenons bien que vous vous posiez toutes ces questions. Vous avez eu raison de venir nous en faire part.

La dépendance est un phénomène complexe, bien souvent synonyme de mal-être. Pour la personne dépendante, la consommation d’une substance apparait être une solution à ses difficultés. Autrement dit, tant que le mal-être reste présent, le risque de consommer à nouveau est lui aussi présent. C’est pour cette raison qu’il est conseillé aux personnes dépendantes souhaitant diminuer ou arrêter leurs consommations,  de rencontrer des professionnels en addictologie, notamment des psychologues, afin d'être accompagné et soutenu. Cela peut en effet permettre d’identifier les raisons ayant poussé à la consommation et de pouvoir trouver d’autres stratégies, d’autres solutions à mettre en place.

Dans l’addiction, on parle de rémission et non de guérison, c’est-à-dire que la substance a un jour été une réponse à une difficulté rencontrée et qu’elle peut le redevenir, comme elle peut ne plus jamais le redevenir. Il peut être intéressant pour vous de faire part à votre ami de vos doutes et de vos questionnements, peut-être qu’il en fera de même. Le fait qu'il soit sous traitement de substitution démontre une envie de se défaire de sa dépendance, d'autant que vous évoquez le fait qu'il est déjà arrêté d'autres produits également; mais cela peut prendre du temps car les produits ont pris beaucoup de place précédemment et à plusieurs reprises dans la vie de votre ami.

Il existe des structures spécialisées en addictologie, dans lesquelles vous (lui et vous-même) pouvez rencontrer des professionnels. Ce sont les CSAPA, Centres de Soins, d’Accompagnement de Prévention en Addictologie) et les CJC, Consultations Jeunes Consommateurs, pour les jeunes entre 12 et 25 ans. Nous vous joignons un lien en fin de réponse vers la rubrique « adresses utiles » de notre site internet. Vous trouverez des lieux près de chez vous, avec des professionnels spécialisés en addictologie, tels que des médecins, des infirmières ou encore des psychologues, qui proposent des consultations gratuites et confidentielles. Celles-ci sont aménagées aussi bien pour les personnes consommatrices que pour leur entourage. N'hésitez pas à les joindre pour un premier point, l'équipe présente pourra sûrement vous apporter un éclairage quant au positionnement que vous pourriez avoir.

Nous espérons avoir répondu à vos questions et nous vous mettons un lien vers les forums de discussion et les témoignages de notre site internet.

N’hésitez pas à nous recontacter si vous souhaitez échanger davantage sur votre situation. Nous sommes joignables tous les jours de 8h à 2h du matin par téléphone au 0 800 23 13 13 (appel anonyme et gratuit) et par Chat de 14h à minuit.

Bien à vous.

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