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3 enfants, 3 accrocs au cannabis

Par mam'ss

Bonjour, comme beaucoup ici j'ai toujours beaucoup investi dans l'éducation de mes trois enfants. On leur payés les vacances, les stages sportifs, les études, sans les gâter pour autant. Pour quel résultat aujourd'hui? Ma fille de 18 ans, bac avec 15,6 de moyenne générale est accroc au cannabis (palier 5 des tests cannabis). Elle a abandonné ses études à la fac, ne fait rien de ses journées, son copain est addict aussi... également aux anti-dépresseurs suite à de gros problèmes d'angoisses l'année dernière. Elle essaie de diminuer, est suivie par psy et addictologue (de la fac) mais reste au palier 5 pour le moment. Elle a abandonné la conduite accompagnée, cherche un emploi sans succès pour terminer l'année et veut se réinscrire quelque part... mais dur de trouver avec un bac L et aucune idée sur ce qu'elle voudrait faire plus tard. Ses frères sont aussi accrocs au cannabis: palier 5 tous les deux. La situation est plus récente.... Nous sommes au courant depuis juin, où ils n'étaient qu'au palier1.... les choses se sont fortement accélérées. En juin, on a misé sur le dialogue, la tolérance, on leur a laissé leur argent de poche..... Voilà le résultat.... On tente une approche différente aujourd'hui: on refuse de les emmener en vacances cette année tant qu'on ne voit pas d'amélioration: voyage aux USA annulé, et on attend quelques jours encore pour annuler la semaine au ski. Je m'investis beaucoup pour eux dans le quotidien: trajets en voiture certains soirs pour leur éviter l'heure de bus, bons repas.... Je vais tenter aussi de limiter tout ça. Je tente le "Vous savez ce que vous gagnez avec le cannabis, vous ne savez pas encore ce que vous allez perdre." Je sais que le risque est de les voir s'éloigner. mais mes fils sont jeunes encore: 16 et 15 ans. Le cadet est en première et ça se passe pas trop mal, le plus jeune est en seconde générale et c'est l'échec complet cette année. Nous voulons qu'ils prennent conscience qu'il faut arrêter le cannabis (ma fille en a conscience elle). ils sont dans le déni complet: "ce n'est pas possible qu'on soit palier 5", "tous nos potes fument", vopus avez l'impression qu'on est des drogués, ce n'est pas le cas", "on arrête quand on veut" etc... Une fois qu'ils seronty ok pour arrêter, on les accompagnera au mieux: plaisirs, sorties, voyages... mais pour le moment, c'est niet. Tous vos avis et témoignages sont les bienvenus.
Signé une maman dépitée

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3 réponses


Moderateur - 07/01/2020 à 11h07

Bonjour Madame,

Soyez la bienvenue dans ce forum. Merci pour votre récit et vos explications.

Le moins que l'on puisse dire c'est que vous avez une position claire et cohérente. C'est une posture parfaitement éducative tant qu'elle s'accompagne aussi des explications et du dialogue nécessaires. Votre positionnement, même s'ils y sont opposés et sont dans le déni, a le large mérite d'être structurant pour eux.

Il semblerait que vous pourriez essayer de cultiver chez eux le "penser par soi-même" (identifier ses propres besoins et faire la distinction entre soi et le groupe d'appartenance) et le "prendre soin de soi". Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire pour eux ? Vos deux jeunes fils sont à un âge où "faire comme les copains" est important et nécessaire et où le court terme prend le pas sur le long terme. C'est une difficulté, ils ne raisonnent pas comme les adultes mais ils ont bien le souci de l'image qu'ils peuvent donner d'eux-mêmes et ne souhaitent pas fondamentalement nuire à leur santé ou à leur avenir. Cela peut être une base pour les faire réfléchir et réagir.

Le cannabis prend du temps, affecte la concentration et la mémoire et, surtout, démotive souvent. Sur ces bases ce sont les résultats et le parcours scolaires qui sont affectés.

Plus que la consommation de cannabis en soi ou le score de dépendance, ce sont les conséquences de cette consommation sur leur engagement, leurs activités et leur scolarité qui doivent guider vos actions. Par exemple si le cadet maintient une bonne scolarité peut-être faut-il lui accorder un traitement différencié pour motiver l'autre à mieux contrôler sa consommation et montrer que c'est possible. Cependant un autre facteur est que votre plus jeune (mais aussi le cadet) est particulièrement (trop) jeune pour s'adonner au cannabis. Cela pourrait justifier d'essayer de limiter ses sorties avec les copains avec lesquels il consomme.

Faites attention aussi à la suppression totale de toutes les activités familiales : vos fils consomment certainement moins lors des sorties familiales puisque vous êtes là. La suppression de certaines activités risque de libérer du temps pour qu'ils consomment avec leurs copains. Avoir d'autres activités que le train-train scolaire est aussi un élément qui peut être structurant et aider à mettre le cannabis de côté. Maintenir des activités et des centres d'intérêt variés est un facteur de protection contre le développement d'une consommation de cannabis pérenne et envahissante. Mais parfois c'est aussi là, au cours des activités extra-familiales et extra-scolaires, que se fait la rencontre avec le cannabis, notamment si l'activité se fait avec les copains qui fument. Aussi faut-il faire preuve de discernement dans les activités à supprimer et celles à maintenir. N'hésitez pas à vous intéresser aux activités de vos garçons (où, avec qui ?) et aux temps intermédiaires (temps pour y aller et revenir) pour essayer de voir dans quelle mesure ils peuvent être des espaces favorisant ou non la consommation.

Enfin, ne soyez pas trop extrémiste non plus. Votre position est claire et structurante, nous l'avons dit. Mais elle a aussi l'inconvénient de poser l'arrêt comme la condition sine qua non au retour des activités et à la fin des sanctions. Vos fils vous disent en face qu'ils ne se sentent pas comme des "drogués", il sont dans le déni et risquent surtout de ne voir que "l'exagération" dans votre position. Vous risquez d'entrer dans un "dialogue de sourds". A trop mettre le focus sur l'arrêt du cannabis vous risquez d'en faire un enjeu pour leur autonomisation (de plus en plus nécessaire au fur et à mesure qu'ils se rapprocheront de l'âge adulte). Cela ne fera que pérenniser leur consommation en vous disqualifiant à leurs yeux (genre "vous n'y comprenez rien" ). Or vos fils et votre fille ne se résument pas non plus à leur seule consommation de cannabis. Ne faites pas passer toutes vos relations avec eux sous cet unique prisme car cela serait vous enfermer dans quelque chose que vous ne souhaitez pas non plus. Nous vous suggérons de vous garder la possibilité d'introduire de la souplesse dans votre position en fonction et en faveur de la qualité du dialogue que vous pourrez avoir avec eux et au regard de l'évolution de leur parcours scolaire.

Si vous souhaitez discuter avec des professionnels des positionnements éducatifs que vous pouvez adopter avec vos fils et votre fille, sachez que vous pouvez être reçue gratuitement pour quelques entretiens dans le cadre d'une "Consultation Jeunes Consommateurs" (CJC). Voici l'article de présentation des CJC de notre site, à la fin duquel vous trouverez un champ de recherche pour trouver la consultation la plus proche : https://www.drogues-info-service....-aide-aux-jeunes-et-a-leur-entourage

Cordialement,

le modérateur.

contraddiction - 13/01/2020 à 09h24

bonjour, je réagis au commentaire de man's. J'ai été moi-même consommateur de cannabis à l'âge de 17 ans et je peux vous assurer quelque chose c'est que la démarche autoritaire n'est absolument pas la solution. Comme ce sont vos enfants vous réagissez de manière émotionnel et c'est tout à fait normal car vous voulez leurs sécurité. Mais pour comprendre il faut essayé de penser avec le cerveau d'un jeune de leur âge et ce que veut un jeune à cet âge c'est de faire ces propres expérience et avoir son propre avis sur les choses. en montrant de l'autorité vous faites passez le message" tu es un imbécile qui n'est pas capable de comprendre la répercussion de tes actes" ce qui en sois est peut-être vrai mais pour vos enfants c'est perçu comme une injustice. Le résultat va-t-être que vos enfants ne vont plus se tourner vers vous pour avoir des conseils sur la vie car ils vont vous trouvez vieux jeu. Du coup il vont se tourner vers leurs amies et ce dire qu'il n'y a qu'eux qui les comprennent. Donc ils vont très certainement continuer à consommer en pensant que vous avez tord et que vous n'essayez pas de les comprendre.
Pour moi, je pense qu'on ne peut pas empêcher un ados de faire ces propres expérience quoi que vous fassiez ça ne fera qu'empirer les choses. Le meilleurs moyens de contrer se phénomène c'est d'être présent au maximum de les écouter même si parfois vous pensez qu'ils ont tord les punir ne ferait qu'accroitre leur envie de s'évader donc de fumer. les punir de vacances est pour moi une erreur faites des choses en famille, plus le rapport entre vous sera bon plus ils vous écouterons. Vous devez comprendre que quoi que vous fassiez c'est leur vie désormais et la seul chose que vous pouvez faire qui les aideras c'est de communiquer. Ne soyez pas dans l'attente qu'il fassent ce que vous leur dites mais plutôt les sensibiliser sur les dangers des consommations. leurs monter des témoignages, vivre ça avec eux et pas contre eux. Lorsqu'ils font quelque chose qui vous déçois montrez leur votre déception plutôt que de la colère. Voir de la déception est plus touchant pour un jeune il se dit mince j'ai peut-être été trop loin. Si je dit tous ça c'est que mes parents m'ont punis de tous et ça a été la catastrophe. J'ai finis par prendre des drogue plus durs et j'ai galèré pendant pas mal d'année. Aujourd'hui je me suis sortis de tous ça et mes parents m'ont beaucoup aidé dès lors qu'ils n'étaient plus dans le rapport de force. J'ai deux enfants une maison dont je suis propriétaire avec ma conjointe donc tout est ratrapable. Mais croyez moi ne rentrez pas dans le rapport de force ça ne les empêchera pas de fumer c'est seulement vous qui allez vous rassurer. riez sur la confiance. Ce n'est que mon avis. En espérant de tout coeur que les choses s'améliore pour vos enfants;
cordialement ken

mam'ss - 13/01/2020 à 13h34

Déjà mille mercis pour ces deux messages. Se sentir seule et sans conseil est le plus difficile. Merci Ken pour votre témoignage, c'est rassurant.

Quelques jours se sont passés depuis mon message, j'écris ici nos avancées:
Pour mes fils: ils ont repassé un test cannabis et n'étaient plus qu'au palier 1 pour le plus jeune et 2 pour le cadet. Nous avons repris de bonnes relations, gardons finalement notre semaine de vacances en février. Ils limitent au max, nous avons relâché un peu la pression. J'ai suivi tous les conseils trouvés ici et sur le site, et je trouve que ça va dans le bon sens. Mon plus jeune ne fait rien au lycée, mais nous somme dans le dialogue en particulier pour une réorientation (prof principal et conseiller d'orientation au top, ça fait du bien!). Je leur ai dit qu'on les re-testerait de temps en temps mais qu'on avait repris confiance en eux... on les laisse sortir etc.... on ne les piste pas. On reste vigilants.

Pour ma fille, c'est un peu plus dur pour diverses raisons. Mais je vais suivre vos recommandations en particulier être dans le dialogue et ne pas couper tout....

Merci encore!

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