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Bonjour,
En lisant ton message, j'ai eu l'impression de lire une partie de ma propre histoire. Je suis moi-même passé par les mêmes abîmes avec la cocaïne et la poly-addiction, et je voulais te répondre pour te dire une chose essentielle : tu n'es pas seule, et ce que tu ressens est totalement valide.
Ce que tu décris sur la perte de plaisir, c'est le cœur même de notre maladie. On consomme seul, à pas d'heure dans le salon, déjà épuisé, juste parce que le cerveau réclame sa dose par habitude. La première trace est une menteuse, et tout ce qui suit n'est qu'un calvaire, de l'angoisse et de la culpabilité. Ce n'est plus de la fête ou un exutoire, c'est devenu de la survie chimique.
Ton mari a l'air de vouloir t'aider, et c'est une chance qu'il ne t'ait pas tourné le dos. Mais son idée de "t'autoriser" un quota de 0,5g par semaine montre bien qu'il ne comprend pas (et c'est normal pour quelqu'un qui n'a jamais consommé) que l'addiction ne fonctionne pas comme ça. Notre cerveau ne sait pas gérer la modération. Ce n'est pas un manque de volonté de ta part ou un simple caprice de maman au foyer, c'est une vraie pathologie qui pirate tes circuits de la motivation. Il va devoir assimiler ça.
Je tiens vraiment à te féliciter pour tout ce que tu as déjà mis en place. N'avoir ni carte bleue ni espèces, couper les ponts avec l'entourage à risque, prendre du temps pour toi à la piscine avec l'aide d'une nounou, éviter l'alcool... C'est immense. Tu as déjà posé des fondations extrêmement solides. Ne sous-estime surtout pas la force qu'il t'a fallu pour installer ces barrières.
L'isolement avec un bébé en bas âge est un déclencheur très puissant. Ton cerveau cherche une soupape face à la fatigue et à la solitude. Espacer les prises (passer à 15 jours, puis 3 semaines...) est une stratégie que beaucoup ont essayée. Le piège, c'est que cela crée souvent une obsession : on finit par ne penser qu'à la date de la prochaine "récompense". Au lieu de te fixer un calendrier qui risque de te frustrer, essaie de prendre le problème un jour après l'autre. Quand le craving monstrueux arrive, dis-toi juste "pas aujourd'hui, on verra demain".
Tu demandais s'il y a des personnes à qui parler ici. La réponse est oui. Je sais ce que c'est de se lever la nuit avec cette envie irrépressible, et je connais ce sentiment que le quotidien n'est qu'une lutte. Si tu as besoin de vider ton sac, d'écrire quand tu es exténuée, ou de trouver du soutien au moment où tu vas craquer, n'hésite pas à me répondre. Je ne te jugerai jamais.
Ne lâche rien. Le fait que tu aies réussi à arrêter pendant un an prouve que tu en es capable. Le chemin est long, mais tu es déjà en train de le construire. Force à toi et à ton petit garçon.
HeiSenBerG dimanche 20 septembre 2026 07:23:22