Par chat

Chattez avec
Drogues Info Service

Par téléphone

Drogues Info Service répond
à vos appels 7 jours sur 7

Contactez-nous

Adresses utiles

Forums pour les consommateurs Télécharger en pdf Imprimer Envoyer à un ami

Décente en enfer (cocaïne)

Par Willyblade

Bonjour,
Voilà 2 ans que je consomme de la cocaïne quotidiennement.
Au début c'était 1 gramme par semaine, puis l'action du produit fait que la consommation doit augmenter pour que les effets soit toujours présents.
J'en suis aujourd'hui à consommer plus d'un gramme par jour et je me fais violence pour ne pas en prendre plus.
J'ai une sensation constante de mal être, que je consomme ou pas.
Je suis en couple, j'ai un enfant, un travail, une vie qui m'offre tout pour être heureux, et pour être sobre.
Pourtant, je ne parviens pas à m'arrêter. Chaque tentative se solde par une augmentation de ma consommation et une frénésie incontrôlable qui me plonge dans un tourment extrême et qui m'oblige à mentir à tout mon entourage.

Cette situation est arrivé à son paroxysme, voilà pourquoi je poste ce message, car j'ai besoin d'un coup de pouce pour sortir de cet enfer.

Merci d'avance de vos conseils.

Fil précédent Fil suivant

20 réponses


Pepite - 31/08/2022 à 11h24

Bonjour Willyblade,

Bienvenue sur ce forum.

Voulez vous répondre à mes questions ?

Quels sont ces effets ?

Que vous procurent ils sur l'instant ?

Frénésie ?
Tourments extrême ?

Qu'est-ce qui vous manque au fond de vous ?
Ou si vous aviez un rêve à réaliser, quel serait il ?

Pépite

Willyblade - 01/09/2022 à 13h16

Les effets ont changé depuis 2 ans. Au début ça me faisait me sentir puissant et très efficace au travail. Mais petit à petit ces effets là ont été remplacé par une sensation de prison mentale qui me pousse à consommer toujours plus en recherchant à tout prix les effets des premières fois.

Parfois je retrouve cet état de productivité accrue, mais la plupart du temps je suis juste à côté de la plaque et je ne peux rien faire d'autre que de consommer et de penser à reconsommer.

J'arrive à un stade où je ne veux plus en prendre, mais tout mon esprit me pousse à continuer avec une force et une violence que je ne suis pas en mesure de contrôler.

Gohu29 - 02/09/2022 à 01h55

Bonjour Willy blade, je suis également consommateur de cocaine j ai commencé environ à 18ans avec les copain c était une consommation festive en soirée jusqu’à environ 22 ans, âpre ce n’était plus que quelque fois par an 3/4 pour « des occasions » mais depuis plus de 6mois je replonge complètement j ai aujourd’hui 29ans une femme un enfant mais je dérape complètement je ne me contrôle plus il m est arrivé récemment de faire des semaines à plus ou moins 10g. Résultat ma femme est parti j ai honte quand je regarde mon fils et une situation financière pire que catastrophique mais que faire ??? Ma plus grande peur est de me faire enfermé à cause de ça

Gohu29 - 02/09/2022 à 01h58

Et pourtant il y a 10ans de ça je ne supportais pas que mes amis touche à cette merde et j ai finis par consommer plus que tout le monde

fox34 - 02/09/2022 à 11h24

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis également consommateur de cocaine depuis de nombreuses 20 ans avec des hauts et des bas en termes de conso mais depuis quelques années plus dans le déni et tentant de me soustraire à cette addcition.
J'écris car cela m'aide de mon côté mais également pour vous doner des pistes et de l'espoir, en effet c'est un long chemin et cela prend du temps en tout cas pour moi.
Je m'explique : j'ai consommé vers 18 ans et j'ai tout de suite "apprécié" ce produit, j'étais jeune et perdu, en échec côté famille, pro et social et cela m'a permis de m'échapper de cette réalité. C'étais festif à ce moment la et je me suis tout de suite retrouvé en difficulté pro, financière et familiale. PHASE 1
J'ai réussi à l'époque à arrêter seul, je me suis discipliné et je faisais beaucoup de sport. l'arrêt à durée un an et demi mais je n'avais pas traité les causes du problème et j'ai repris pendant quasi 10 ans jusqu'à tout perdre, copine, appartement, boulot, amis, argent. j'étais arrivé à cohsommer 10 gr par semaine !J'ai fais un premier soin dans une communauté thérapeutique ou les séjours sont de 1 ans renouvelable (il faut dire que je n'avais plus trop le choix car sinon c'étais la rue) j'y suis resté 5 mois et suis parti car j'étais encore dans le déni et me demandais ce que je faisais la (et ils en avait marre de me retenir régulièrement) j'ai tenu un an de coloc en coloc et de job en job puis de nouveau la galère et le 115 m'a hébergé 1 semaine avant que je refasse une demande à la même communauté thérapeutique. J'y suis resté 16 mois cette fois avec un parcours en demi teinte : 10 mois ou je suis resté abstinent et 6 mois ou je travaillais depuis la communauté et ou j'ai recommencé à consommer (sans que personne ne le sache). Forcément j'ai eu les mêmes problèmes ensuite...
J'avais retrouvé appart, femme et boulot, mieux ma femme m'a annoncé quelle était enceinte et ce fût la chose la plus heureuse pour moi car avec mon parcours chaotique et à mon âge (42 ans) je n'avais quasiment plus l'espoir d'être papa. Malheureusement ce n'était pas terminé avec la cocaine...
Ma femme à fais une psychose puerpérale après la naissance de notre fils et avec ma fragilité j'ai eu du mal à faire face car ma femme rejetait tout le monde y compris moi. Ma conso était d'un demi gramme de par semaine donc rien à voir avec les 10 gr semaine que je consommais à l'époque. Avec ce "choc psychologique" (j'ai du prendre un appart seul loin de mon fils de 3 mois) et esseulé je suis complètement parti en cacahuètes pendant un mois, la dernière semaine avant mon soin j'ai dormi 20 h en une semaine et quasi pas mangé (1 repas par jour) puis je suis allé en post cure pendant une mois. Ressorti avec les meilleurs intentions sauf que depuis 6 mois rebelotte ...
Alors non ce ne sont plus des consommations massives mais quand même je consomme 1 fois par semaine.
Tout cela pour dire que le chemin est long et différents pour chacun.
Je n'en ai pas encore terminé mais :
- Je relativise et sans être dans l'excès la béatitude d'un espoir naïf je sais que j'ai fais du chemin et surtout j'ai une femme géniale qui me soutiens (elle sait tout depuis le début) et un enfant magnifique
- J'ai compris que je dois traiter les causes et surtout que ma "guérisons" ne se fait pas dans un centre ou en post cure mais bien dans la vraie vie
- J'ai décidé de faire un thérapie sur le long terme car j'ai enfin compris que j'ai vécu pas mal de trauma et qu'il faut que je travail dessus.
J'ai démarré une abstinence depuis 9 jours (je sais ce n'est rien mais c'est un bon début) j'ai RDV fin du mois avec addictologue et psychologue et je sais que cela va m'aider car contrairement à d'habitude je vais m'y tenir.
La route est longue, pas facile et il y a des hauts et des bas ; ceci dit quand on baisse de façon importante sa conso c'est déjà une victoire. Bon courage

Pepite - 02/09/2022 à 18h04

Bonsoir à vous 3,

Je suis émue par l'ensemble de vos récits.

Votre pas ici est une petite victoire et il y en aura d'autres.

Gardez confiance en vous, vous êtes sur VOTRE chemin.

Pardonnez vous, acceptez ce que vous n'acceptez pas.

Je vous fais un câlin pour accueillir toute votre détresse.

Je vous invite ce week-end à consoler, à câliner. Vous, quelqu'un qui compte pour vous, même un étranger qui est confus.

Prenez vous dans les bras, serrez ceux que vous aimez. Ressentez cette énergie qui vous fait du bien.

Je vous serre bien fort contre moi. Je vous entoure de toute ma bienveillance parce qu'on est humain et vous me rendez cette chaleur.

Ensemble on pleure.

Pépite

Willyblade - 07/09/2022 à 22h24

Merci pour vos messages, je ne sais pas si ça me fait du bien de vous lire, mais en tout cas c'est la première fois que je fais exister le problème en dehors de ma tête.

Je ne sais pas quelle étape entreprendre pour arriver à sortir cette substance de mon quotidien.

Pepite - 08/09/2022 à 12h36

Bonjour Willyblade,

Acceptez votre vulnérabilité. Lorsqu'on l'intègre, on est apaisé face aux blessures inexorables de l'existence.
Votre mission, si vous l'acceptez, est de faire une introspection sur ce qui vous a blessé et sur le refoulement des émotions avec l'impossibilité de les exprimer.

C'est donc systémique.

Pour cela trouvez un thérapeuthe. Un CSAPA est idéal pour vous accompagner dans cette compréhension. Appelez ici la ligne d'écoute pour une orientation.

Quoiqu'il en soit, gardez confiance en vous, en vos ressources car vous êtes sur un chemin de soins puisque vous êtes là, ici et maintenant.

Prenez soin de vous, de la belle personne que vous êtes. Seul un récit vous permettrait d'extraire de vous des évènements de votre existence qui font partie de la condition humaine.

Nous sommes TOUS des êtres sensibles. Tout ce qui vous arrive est le résultat de plusieurs facteurs combinés.

N'en doutez jamais.

Un jour vous vous sentirez libre d'exprimer à votre entourage ce que vous ressentez. Ce sera un cadeau pour vous et pour eux qui ont eux aussi ont leurs propres obstacles. Vous verrez. Le partage est la clé.

Je vous laisse, j'ai été ravie d'échanger avec vous. Belle continuation.

Pépite

Sunrise-Cha - 08/09/2022 à 15h00

Bonjour Willyblade,

Je ne sais pas si tu verras ce message mais j'espère que ce sera le cas.

Ton "témoignage" m'a touché et fait miroir à ma situation actuelle et la détresse dans laquelle je suis également aujourd'hui même.

Dans cette consommation devenue beaucoup plus conséquente, différente et de plus en plus incontrôlable, ce cercle affreusement vicieux dont on arrive plus à sortir. Cette frénésie dont tu parles.
Qui ne fait qu'empirer.

Ça paraît anodin mais sache qu'être ici est un énorme pas, sincèrement. Exprimer, dire un gros "help". Perso ça avait commencé par un appel en grosse détresse et à moitié en pleurs.

Déjà je comprends vraiment que tu dépeints...

...vivant concrètement la dépendance active et ayant reconnue et vraiment compris il y a un an que j'étais vraiment addict. Et cela, plus d'un an après avoir commencé, avec des périodes d'abstinence respectables et encore supportables. Une évolution dans la consommation. Dans les effets. Qui s'est avérée de plus en plus avérée dans la compulsion, le manque. Le besoin incontrôlable de trouver et consommer.

On m'a déjà parlé de structure comme dit plus haut, les Csapa. Entretien infirmier pour évaluer ta situation, raconter ton histoire.
Ensuite rdv avec un médecin addicto. Se confier, avoir des conseils. Rien que le fait de commencer une réelle démarche change la donne.

Et là au vu de ce que tu décris tu es dans une dépendance sévère qui demande d'être accompagné par des pros.

Sache que c'est un long processus. Mais que la durée dépend beaucoup des gens. Mais que tu peux y arriver. A sortir de cette prison mentale à barreaux épais. De cette privation de liberté. Crois-y. Aie beaucoup d'espoir.
Même si ça te paraît impossible d'imaginer ta vie sans tant c'est imprégné dans ton quotidien.

On m'a fait comprendre que je devais commencer à en parler concrètement à un ou des proches progressivement. Et je t'assure qu'on imagine pas à quel point tant de bienveillance et de non jugement peuvent en découler. Du soutien, de l'accompagnement, de la conviction d'autrui e' ton rétablissement. Car oui, c'est une maladie.

Répondre au fil Retour