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CANNABIS

Le cannabis est une plante : il se présente sous forme « d’herbe » (mélange de feuilles, de tiges et de fleurs séchées), de résine (obtenue en pressant les fleurs et en les coupant avec des produits plus ou moins toxiques comme de la paraffine, de la cire, de l’huile de vidange…), ou d’huile (résine macérée dans de l’alcool).

Le principe actif responsable des effets du cannabis est le THC (Tétrahydrocannabinol). Sa concentration varie de manière importante, de 10% en moyenne pour l’herbe et la résine à 30% pour l’huile. Plus la concentration est élevée, plus les effets du cannabis peuvent être importants.
Appellations : marijuana, ganja, beuh, zeb, weed, zamal, haschisch, h, shit, teuchi, chichon, chocolate… 

Interdit

STATUT LEGAL

Le cannabis est une drogue classée parmi les stupéfiants.
L’usage est interdit : l’article L3421-1 du Code de la Santé Publique prévoit des amendes (jusqu’à 3 750€) et des peines de prison (jusqu’ à 1 an).
L’incitation à l’usage et au trafic et la présentation du produit sous un jour favorable sont interdites : l’article L3421-4 du Code de la Santé Publique prévoit des amendes (jusqu’à 75 000€) et des peines de prison (jusqu’à 5 ans).
Les actes de trafic sont interdits : les articles 222-34 à 222-43 du Code Pénal prévoient des amendes (jusqu’à 7 500 000 €) s’accompagnant de peines de prison (jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle).

DEPISTAGE

Le cannabis est dépistable :

  • de 3 à 5 jours dans les urines en cas d’usage occasionnel de 30 à 70 jours dans les urines en cas d’usage régulier,
  • de 2 à 8 heures dans le sang pour le THC* mais jusqu’à 72h pour le THC-COOH, un autre métabolite du cannabis
  • de 2 à 4 heures dans la salive.

 

*Dans de rares cas, le THC peut être dépisté dans le sang jusqu’à 20 jours après l’arrêt de la consommation.

MODES DE CONSOMMATION

Le cannabis peut être fumé sous forme de cigarettes roulées avec du tabac (joint), avec une pipe (shilom), ou avec une pipe à eau (bang, narghilé). Il peut également être ingéré sous forme de préparation culinaire (gâteau et infusion principalement…).

EFFETS RECHERCHES

L’intensité des effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité et la concentration du cannabis en THC.

Les effets le plus souvent évoqués sont :

  • un sentiment de détente et de bien-être,
  • une euphorie qui donne envie de rire pour un rien,
  • une intensification des perceptions sensorielles, ainsi qu’une modification de l’appréciation du temps et de l’espace : le temps semble passer plus lentement alors que les sons, les images et les sensations tactiles gagnent en intensité et en finesse,
  • une impression de « planer »,
  • une facilitation de la parole et de la relation aux autres (désinhibition).

Durée des effets : Lorsque le cannabis est fumé, ses effets apparaissent rapidement, s’intensifient au bout de 15 à 20 minutes et durent entre 2 et 4 heures Lorsqu’il est ingéré, ses effets apparaissent au cours de la digestion (selon les cas entre 1/2h et 2h après la consommation) et ont une durée un peu plus longue (4 à 6 heures).

EFFETS SECONDAIRES

Ces troubles sont très fréquents mais ils sont ressentis de manière différente d’un usager à l’autre et ne durent que le temps des effets du cannabis :

  • baisse de la capacité de concentration,
  • voix enrouée, toux, bouche sèche,
  • rougeur des yeux, dilatation de la pupille,
  • somnolence,
  • augmentation de la tension artérielle, du rythme cardiaque (palpitations),
  • augmentation de l’appétit, fringales,
  • troubles digestifs (nausées, plus rarement vomissements et diarrhées),
  • maux de tête,
  • altération de la mémoire immédiate qui permet de garder en mémoire quelque chose que l’on vient de voir, d’entendre, de percevoir.

RISQUES ET COMPLICATIONS

Quelle que soit la fréquence de consommation, même lors d’une première prise, l’usager s’expose à  :

  • Baisse de la vigilance et ralentissement des réflexes (potentiellement dangereux lors de la conduite de véhicule, la manipulation d’outils).
  • Limitation des capacités et de l’intérêt à apprendre ou à réaliser des tâches qui demandent de la concentration qu’elles soient scolaires ou professionnelles.
  • Apparition de troubles passagers comme l’anxiété, les crises de panique ou de paranoïa, un état dépressif qui peuvent nécessiter une hospitalisation, un traitement médicamenteux et/ou un soutien psychologique. Ces troubles s’apaisent et disparaissent en quelques semaines.
  • Déclenchement de troubles mentaux durables chez des personnes fragiles voire aggravation des troubles des personnes souffrant  de troubles mentaux.
  • Les effets du cannabis sont caractérisés par une amplification des perceptions et de l’humeur qui peut provoquer, notamment lors des premières consommations, un sentiment de malaise et d’angoisse intense (ce que nombre d’usagers appellent "bad trip" lien vers article).

Usage régulier et à long terme :

  • bronchite chronique, pneumothorax,
  • cancers (du poumon, de la gorge, de l’oesophage, de la langue),
  • plus rarement, ischémie (diminution de l’apport sanguin à un organe) des membres inférieurs.

Les risques de bronchites et de cancers sont encore plus importants lorsque le cannabis est associé au tabac.

Surdosage : Aucun décès n’a été rapporté après un usage de cannabis.

DEPENDANCE

La consommation régulière et prolongée dans le temps entraîne l’usager à augmenter les doses consommées pour obtenir les mêmes effets (tolérance). A l’arrêt de la consommation, les usagers réguliers peuvent présenter les symptômes suivants :

  • sentiment de mal-être, d’irritabilité, de stress,
  • troubles du sommeil (difficultés à s’endormir, réveils nocturnes),
  • sueurs froides, transpiration excessive,
  • migraines,
  • difficulté de concentration.

Ces symptômes et leur intensité sont variables d’une personne à l’autre, mais plus la personne avait un usage régulier, plus ces troubles peuvent être difficiles à vivre et représenter un véritable obstacle vers l’arrêt. Dans ce cas, une aide extérieure peut être nécessaire pour y parvenir. Consulter la rubrique Adresses utiles

GROSSESSE

Il est fortement déconseillé de consommer du cannabis durant la grossesse.

L’usage de cannabis est répandu mais les données concernant les risques de sa consommation durant la grossesse sont difficiles à analyser. En effet, le plus souvent consommé sous forme de « joint » il est mélangé au tabac. Il est dès lors difficile de distinguer les risques associés à chacun des deux produits.

On peut toutefois indiquer les éléments suivant :

Le cannabis n’entraîne aucune malformation chez le bébé il peut en revanche être à l’origine de complications de la grossesse. Ces complications touchant le placenta, peuvent entraîner des naissances prématurées et dans les cas les plus graves mettre en danger la vie du fœtus comme celle de la mère. A la naissance, les bébés exposés au cannabis durant leur vie intra utérine peuvent présenter des sursauts et des tremblements. Cet état est passager.

Si vous êtes enceinte et en difficulté avec le cannabis, n’hésitez pas à prendre contact avec une équipe spécialisée. Lire notre article Je suis enceinte et je ne parviens pas à arrêter de consommer.

CONSEILS DE REDUCTION DES RISQUES

  • Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation, quand on se sent fatigué, stressé, mal ou qu’on éprouve de l’appréhension. Il est également préférable de consommer avec des gens de confiance, dans un contexte rassurant.Attention aux doses : surtout les premières fois, attendre de connaître les effets sur soi avant de chercher à consommer plus ou plus souvent.
  •  
  • Ne pas mélanger plusieurs produits ensemble.
  • Limiter la fréquence de la consommation
  • Lorsque le cannabis est ingéré, l’apparition des effets est différée. L’usager ne ressent rien pendant ½ heure à 2heures, et la tentation peut être grande de consommer à nouveau pendant ce laps de temps. Les effets étant plus puissants qu’avec le cannabis fumé et impossibles à moduler, l’usager s’expose à une surdose. Il est indispensable de ne pas consommer pendant le temps d’attente.
  • La modification des perceptions, y compris de la perception des risques, de l’appréciation des distances et le ralentissement des réflexes provoqués par l’usage de cannabis peuvent entraîner des comportements inadaptés et donc dangereux au volant. On doit s’abstenir de conduire un véhicule après avoir fumé.
  • Face à une réaction de panique causée par la consommation de cannabis (« bad trip »), il faut rassurer l’usager en lui expliquant que les effets vont disparaître et que tout va redevenir normal.